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Climat – Environnement

Près de la moitié des espèces d'insectes en déclin rapide en Europe

mercredi 13 février 2019 à 6:17 Par Jean-Michel Le Ray, France Bleu Vaucluse

Des chercheurs australiens publient une étude alarmante et mettent en garde contre un "effondrement catastrophique" des milieux naturels. À l’Harmas, créé par Jean-Henri Fabre, le père de l’entomologie moderne, à Sérignan-du-Comtat, le jardin botanique est un refuge unique pour tous les insectes.

La disparition des insectes pollinisateurs dont l'abeille serait une catastrophe pour la reproduction des plantes
La disparition des insectes pollinisateurs dont l'abeille serait une catastrophe pour la reproduction des plantes © Radio France - Jean Michel Le Ray

Sérignan-du-Comtat, France

La conclusion des chercheurs australiens est claire : à moins que nous ne changions nos façons de produire nos aliments, les insectes auront pris le chemin de l'extinction en quelques décennies. Car aujourd'hui, environ un tiers des espèces sont menacées d'extinction "et chaque année, environ 1% supplémentaire s'ajoute à la liste", ont calculé Francisco Sanchez-Bayo et Kris Wyckhuys, des universités de Sydney et du Queensland. Ce qui équivaut, notent-ils, "au plus massif épisode d'extinction" depuis la disparition des dinosaures. 

Selon l'étude des chercheurs australiens l'Europe aurait perdu 80 % de ses insectes en moins de 30 ans contribuant a faire disparaitre plus de 400 millions d'oiseaux. À l'origine de la perte des insectes, les auteurs désignent le bouleversement de leur habitat et le recours aux pesticides de synthèse, au cœur de l'intensification de l'agriculture dans le monde ces 60 dernières années. 

Quand on parle de perte de biodiversité, le sort des grands animaux capte souvent l'attention. Or les insectes sont "d'une importance vitale pour les écosystèmes planétaires, expliquent les chercheurs. Un tel événement ne peut pas être ignoré et devrait pousser à agir pour éviter un effondrement des écosystèmes naturels qui serait catastrophique". Exemple d'impact de leur disparition sur toute la chaîne alimentaire :  le déclin "vertigineux" des oiseaux des campagnes révélé en France l'an dernier. Oiseaux, mais aussi hérissons, lézards, amphibiens, poissons... tous dépendent de cette nourriture. 

L'Harmas, un îlot de biodiversité

En 1979 quand Jean-Henri Fabre découvre la propriété qu'il va acquérir à Serignan-du-Comtat, le jardin et la maison sont à  l'abandon. Il la nomme "harmas" ("terre en friche" en provençal) et trouve là le terrain idéal de ses observations des insectes qui vont finir de nourrir ses Souvenirs entomologiques, un ouvrage en 10 volumes, sans équivalent pour l'époque. 

L'Harmas et son jardin ont retrouvé le charme du temps de Jean Henri Fabre aprés la restauration de la propriété - Radio France
L'Harmas et son jardin ont retrouvé le charme du temps de Jean Henri Fabre aprés la restauration de la propriété © Radio France - Jean Michel Le Ray

Le jardin est quasiment le même aujourd'hui que celui laissé par le plus célèbre des naturalistes lors de sa disparition en  1915. L'Harmas, géré par le Muséum national d'histoire naturelle, a bénéficié d'une rénovation importante pour devenir maison de mémoire et son jardin abrite aujourd'hui, au milieu des 500 espèces de plantes et arbres, beaucoup des mêmes insectes que l'entomologiste a pu observer et décrire. Il est le parfait contre-exemple d'une situation dégradée dans beaucoup de nos espaces naturels. 

La partie du jardin botanique vue depuis l'entrée du public - Radio France
La partie du jardin botanique vue depuis l'entrée du public © Radio France - Jean Michel Le Ray

Aucun produit phytosanitaire, aucun désherbant n'est utilisé pour son entretien tout au long de l'année.  "Ici le travail se fait 100% manuellement et en même temps on essaye d'offrir le gîte et le couvert à un maximum d'insectes avec des milieux un peu différents : des milieux plutôt boisés, couverts, d'autres qui vont être un peu plus ouverts, des milieux humides avec le bassin pour accueillir un maximum d'espèces dans le jardin..."j, précise Pascal Chabalier le jardinier. 

L'Harmas se visite toute l'année, tant son jardin que la maison, avec ses collections ou le cabinet de curiosité de Jean-Henri Fabre, conservé à l'identique. Jusqu'en avril, c'est ouvert tous les jours, sauf le week-end.

Le jardin botanique de l'Harmas comprend quelques 500 essences de plantes , un paradis pour de nombreux insectes