Climat – Environnement

Prévention des Risques Littoraux : là où ça "coince" en Vendée

Par Emmanuel Sérazin, France Bleu Loire Océan lundi 25 janvier 2016 à 9:25

A St-Gilles, les commerçants ont obtenu des aménagements du PPRL
A St-Gilles, les commerçants ont obtenu des aménagements du PPRL © Radio France - Emmanuel Sérazin

L'Etat met en place des Plans de Prévention des Risques Littoraux sur toute la côte vendéenne. Il s'agit de répertorier les zones les plus exposées aux risques de submersion marine ou d'inondations soudaines. Mais L'Etat et les villes concernées ne sont pas toujours d'accord.

C'est l'enseignement tiré de la tempête Xynthia : il faut maîtriser l'urbanisation du littoral, pour éviter de nouveaux drames. L'Etat met donc en place des Plans de Prévention des Risques Littoraux. Sur tout le littoral français, et donc vendéen, il s'agit de mesurer le niveau de danger pour les populations. Les services de l'Etat ont donc dessiné des cartes en se basant à la fois sur les événements déjà observés, et sur tous les scénarios possibles dans l'avenir. Selon le degré de danger, les communes concernées sont "découpées" en trois types de zones: blanche, bleue ou rouge. Evidemment, le rouge représente les secteurs les plus exposés.

Des avancées à Saint-Gilles-Croix-de-Vie

La ville de Saint-Gilles-Croix-de-Vie figure dans le PPRL du pays de Monts. Dans sa première mouture, le plan prévoyait des conditions très strictes pour les commerces du remblai : si une tempête venait à détruire une boutique, son propriétaire n'aurait alors pas eu le droit de la reconstruire ! Après une levée de boucliers et quelques négociations avec le Préfet de Vendée, la mesure a finalement été abandonnée, et les commerçants pourront bien réparer les éventuels dégâts des prochaines tempêtes. En revanche, deux quartiers sont en zone rouge, la Pelle à Porteau et Marie de Beaucaire. La zone rouge impose deux grandes conditions à la cinquantaine de propriétaires concernés : l'interdiction de reconstruire leur maison en cas de destruction, et l'obligation d'aménager une pièce-refuge à l'étage, ou au moins de poser un velux dans le toit pour s'échapper en cas de crue soudaine.

Le remblai des Sables d'Olonne menacé

Aux Sables, la municipalité est très remontée contre les cartes dessinées par les services de l'Etat. Et pour cause : l'intégralité du remblai est classé en zone rouge ! Et cette zone rouge s'étend sur 50m en profondeur, donc aux rues situées derrière les immeubles. Le classement en zone rouge empêche toute nouvelle construction. Cela veut dire qu'il serait impossible demain d'agrandir un restaurant ou un hôtel du front de mer, ni aucun immeuble déjà existant. Cela implique aussi une flambée du prix des assurances pour les commerçants, et l'obligation de réaliser un diagnostic de vulnérabilité, avec à la clé, le risque de devoir réaliser des travaux très onéreux, pour se protéger d'une éventuelle montée des eaux. Par la voix de son adjoint à l'Urbanisme, la Ville prévient qu'elle attaquera ce PPRL au Tribunal Administratif, si le Préfet ne revoit pas sa copie.

L'enquête publique sur ces trois Plans de Prévention des Risques Littoraux se poursuit jusqu'à la fin du mois de janvier. Pour découvrir les cartes dessinées par l'Etat, et donner votre avis, il suffit de vous rendre dans votre mairie. Tous les documents techniques sont aussi accessibles sur le site de la Préfecture de Vendée, ou tout simplement en cliquant ici.

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