Climat – Environnement

Puy-de-Dôme : la nouvelle tarification du SBA adoptée

Par Jade Peychieras, France Bleu Pays d'Auvergne dimanche 11 décembre 2016 à 7:00

29 élus ont voté contre le nouveau mode de calcul, 48 ont voté pour.
29 élus ont voté contre le nouveau mode de calcul, 48 ont voté pour. © Radio France - Jade Peychieras

La mesure a été votée hier par le comité du Syndicat du Bois de l'Aumône. Désormais, le prix du ramassage d'ordures contiendra une part variable, part qui sera indexée sur la quantité de déchets jetés.

Payer plus quand on jette plus de déchet, c'est le principe du pollueur-payeur. Et il sera désormais appliqué aux 170 000 usagers du SBA, le Syndicat Bois de l'Aumône, dans le Puy-de-Dôme. 131 communes sont concernées, comme Riom, Billom, Orléat ou encore Vitrac .

La mesure a été votée hier par le comité du SBA. Le principe : introduire une part variable dans le prix du ramassage des ordures, part qui sera indexée sur la quantité de déchets jetés. Moins l'on jette, moins l'on paye, alors qu'auparavant, le prix était basé sur la taxe foncière.

Ce samedi matin à Volvic, lors du vote du comité, quelques dizaines d'habitants, opposants, sont venus interpeller leurs élus. Ils ne veulent pas de la tarification incitative. C'est le cas de Danielle : elle a fait le calcul et pour elle, cette nouvelle tarification n'est pas du tout à son avantage : "Pour l'instant je paye une centaine d'euros par an car j'ai une petite maison. Avec cette tarification je paierai au moins 300 euros par an. Ce n'est pas normal", s'insurge-t-elle. Comme elle, environ 7 000 personnes ont signé une pétition contre cette nouvelle tarification.

D'autres ménages, qui payaient plus cher jusqu'à présent, verront en revanche leur tarif baisser. Moins de solidarité dans le domaine de l'environnement, un principe que le Président du SBA, Jean-Claude Molinier, assume : "Il y en a qui vont payer plus cher car ils ne payaient pas le prix réel. Ce n'est pas un domaine où l'on a à traiter la question sociale, assure-t-il. Si l'Etat traite du social, ce doit être dans d'autres domaines. Cette taxe incitative, ça marche, elle permet de responsabiliser l'usager et les gens jettent moins de déchets. La préservation de la planète, ce n'est pas une idée en l'air."

Mais les opposants n'en démordent pas : l'écologie, d'accord, mais pas au prix de la solidarité. Et même si la taxe est désormais votée, ils envisagent d'autres actions.

Dépôts sauvages

Autre crainte des opposants : voir les dépôts sauvages se multiplier, à cause de tarifs prohibitifs, ce qui serait contre-productif. Mais le SBA l'assure : ce phénomène n'a pas été observé dans les quelque 200 communes qui, comme Besançon ou Brive, ont déjà mis ce dispositif en place. Sous réserve que les mairies jouent bien leurs rôles de surveillance des incivilités.