Climat – Environnement

Radioactivité : À Pélussin, les habitants aussi doivent se munir de comprimés d’iode

Par Mahauld Granier, France Bleu Saint-Étienne Loire lundi 18 janvier 2016 à 7:15

La vue de la mairie de Pélussin, en fond, la centrale nucléaire de Saint Alban
La vue de la mairie de Pélussin, en fond, la centrale nucléaire de Saint Alban © Radio France - Mahauld GRANIER

Le 11 janvier dernier a été lancée par l’Autorité de Sureté Nucléaire la nouvelle campagne de distribution de comprimés d’iode. À Pélussin, comme dans quatorze autres communes ligériennes, les habitants sont concernés par ce nouveau dispositif.

Pélussin, comme plus de 500 communes en France, est concernée par la nouvelle campagne de prévention en cas d'alerte nucléaire. Les habitants, déjà habitués à ce type de procédés, devront cette année aller en pharmacie avec leur nouveau bon. Les comprimés distribués lors de la dernière campagne, en 2009, arrivent à leur date de péremption.

De la mairie de Pélussin, qui surplombe la vallée, l’on aperçoit au milieu d’un paysage très rural, la centrale nucléaire de Saint-Alban (Isère). Cette centrale nucléaire, mise en service en 1985, produit chaque jour 17,7 milliards de kWh. Moteur économique incontournable de la région Rhône-Alpes, elle est aussi une source de risques.

La mairie de Pélussin, dans le Pilat  - Radio France
La mairie de Pélussin, dans le Pilat © Radio France - Mahauld GRANIER

De risques nucléaires notamment. C’est ce contre quoi l’Autorité de Sureté Nucléaire et EDF, en charge des centrales nucléaires françaises, tentent de lutter durant cette campagne de prévention. Sensibiliser les citoyens en leur rappelant les premiers gestes à effectuer en cas d’alerte et en les poussant vers la pharmacie. Pour l’adjoint au maire en charge du dossier, Jean-Pierre Cousin, ces opérations apparaissent aussi utiles que nécessaires. Être un acteur déterminant dans cette chaine sera d’ailleurs un rôle de choix pour ce dernier.

Les gens voient la centrale comme une bombe…alors que c’est pas ça

À Pélussin, les habitants sont concernés par la distribution de comprimés d'iode

Dispositif suffisant ?

Si certains habitants font part de leur inquiétude, d’autres semblent beaucoup plus sereins et oublieraient même d’aller retirer leur comprimé. Anticiper sans inquiéter, c’est le défi que s’est lancé l’ASN avec cette campagne voulue pédagogique. Pour Roland Desbordes, président de la CRIIRAD – Commission de recherche et d’information indépendantes sur la radioactivité – cette campagne « va dans le bon sens » mais reste insuffisante pour deux raisons principales. D’une part, la zone prise en compte de manière exceptionnelle par ce dispositif semble trop étroite. Elle est de 10 kilomètres de diamètre autour de la centrale, alors que la CRIIRAD préconise un champ de 80 kilomètres de diamètre pour être efficace. Par ailleurs, le président dénonce le fait que l’alerte signifiant aux habitants d’avaler leur comprimé intervient trop tard…c’est-à-dire que la radioactivité est déjà trop forte pour ne pas causer de dégâts.

L'adjoint au maire de Pélussin, Jean-Pierre Cousin

En avril, une simulation d’alerte aura lieu dans la commune de Pélussin, avec gendarmes et pompiers. Seule différence notable avec une alerte réelle : les habitants ne devront pas avaler leur comprimé.

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