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Climat – Environnement

Ramener la nature en ville en impliquant les habitants pour plus de lien social et de respiration

mercredi 30 mai 2018 à 6:21 Par Aurélie Lagain, France Bleu Vaucluse

Le quatrième forum Ville nature à Avignon a mis mardi en évidence les actions menées en Provence et partout en France pour verdir le béton, et impliquer les habitants, dès le plus jeune âge. Outre le retour des plantes en villes, c'est le retour des discussions entre habitants.

A Avignon, Zacharia et ses copains ont planté de la menthe
A Avignon, Zacharia et ses copains ont planté de la menthe © Radio France - Aurélie Lagain

Avignon, France

"Une ville de pierre si belle soit elle, finit par être un univers dans lequel on respire mal", commente Nicole Bernard, présidente d'honneur de France nature environnement Vaucluse.  "Au sens physique, puisqu'il y a d'énormes problèmes de santé publique. Mais aussi pour le moral.  On a _absolument besoin de nature_, de vert, de fleurs, pour reprendre sa respiration."

Nicole Bernard assiste au quatrième Forum Avignon ville nature, ce mardi, très attentive aux actions menées partout en France : Arles, Nantes, Rennes, chaque élu ou directeur des espaces verts montre ses réalisations les plus réussies. 

A Avignon, on se félicite de la démarche de végétalisation participative. Les habitants (locataires ou propriétaires) passent une convention avec la mairie pour végétaliser devant leur façade. La ville étudie les sols, creuse, et aide à la plantation. "Tout le reste revient aux habitants", précise Patrice Hénon, directeur du projet nature en ville. Comprenez : Entretenir et récolter. La démarche peut débuter en ligne.

Même démarche à Arles, où l'on parle de "permis".  Pierre Vétillard, adjoint au maire, évoque une question de responsabilité : "Si demain il y a un accident parce qu'un minot à vélo se tape la tête contre une jardinière, la première chose qu'on va se demander c'est : Qui a installé cette jardinière ? C'est une façon pour la collectivité de porter la responsabilité sur l'espace public".

Il y a aussi l'obligation de vérifier qu'il reste assez de place sur le trottoir pour les fauteuils roulants, ou qu'une canalisation de gaz ne soit pas juste en dessous.

Planter _"en pleine terre"plutôt qu'en jardinière, conseille Laurent Petit, éco-jardinier à la ville d'Avignon, car en bac, les plantes gèlent plus facilement, et souffrent davantage de la sécheresse. Et parmi les plantes qu'il privilégie : les vivaces, les romarins, les rosiers, les thyms, la glycine... pas trop la lavande, qui "dure moins longtemps"._

Rue râteau à Avignon, près de la célèbre rue des Teinturiers avec sa Sorgue, ses théâtres, ses restaurants, ses rues et ses platanes, les jardinières sont remplies d'arbustes, de plantes potagères et d'aromates. Ce n'était pas encore le cas il y a quelques mois. Trop de voitures, trop de déchets partout et des crottes de chiens. C'est fini depuis la démarche de végétalisation participative. 

"Ca recrée du lien social, ça permet aux personnes de sortir de l'isolement" - Julie Boux, habitante du quartier des Teinturiers

Ca n'a pas mis longtemps, estime Julie Boux, à l'origine de la convention. Elle a planté des fèves, des tomates, du thym... Avec un deuxième effet. Les incivilités ont disparu... et les gens se parlent : "Très rapidement, j'ai invité les personnes âgées à se servir, et elles ont pris l'habitude. On a commencé à parler ensemble et là elles demandent un banc pour pouvoir discuter avec les personnes qui viennent entretenir ou se servir."

Et c'est exactement ce qui est en train de se passer au pied des immeubles du quartier St Chamand, se réjouit l'éco-jardinier : "Les gens se retrouvent autour du végétal".

Devant l'école Persil-Pouzaraque à Avignon, ça fait longtemps que les enfants s'occupent des jardinières.  Un petit moment pour se poser après la sonnerie pour Halima, ses amies et leurs enfants. Surtout que ce sont les petits qui se sont occupés des jardinières. Ils n'ont pas de jardin, pas de balcon, alors ils se rattrapent là. En maternelle, Walid a peint les bacs et son frère Zacharia a planté des menthes. "Des fois j'en prends, pour mettre avec du thé!"

Financement participatif

Le budget participatif de la ville d'Avignon permet aussi de verdir la ville. Pour preuve, le projet de Yapuca de créer cinq potagers participatifs dans des parcs. Des tomates, des radis, des courgettes poussent déjà dans le jardin Eisenhower. "L'idée, c'est de faire tout ensemble, de tout partager", s'enthousiasme Caroline, parmi celles à  l'origine du projet.

A Montfavet, c'est un projet de ferme urbaine qui tarde à se monter sur une friche SNCF, projet ambitieux qui mêle potager hors sol, peut-être des ruches et un système d'aquaponie.

Mais on peut faire aussi plus simple. En semant directement dans l'espace public. Comme à Nantes, par exemple, 4.000 sachets de graines ont été distribués aux habitants pour s'en donner à coeur joie. 

Il y a aussi la possibilité de fabriquer des "seed bombs", bombes à graines, pour les semer où l'on veut. La recette ?

  • 2 cuillers à soupe d'argile en poudre
  • 1 cuiller à soupe de terreau ou de compost
  • 1 pincée de graines

On humidifie tous les ingrédients, on adapte selon la texture, et on en fait une boulette... Et on jette !