Agriculture – Pêche DOSSIER : Les Bonnes Ondes

Rencontre avec Basile, le cheval qui laboure les vignes

Par Louis-Valentin Lopez, France Bleu Auxerre et France Bleu lundi 20 mars 2017 à 4:00

Un collier, une ligne de trait, un palonnier et une charrue, Basile est paré pour labourer !
Un collier, une ligne de trait, un palonnier et une charrue, Basile est paré pour labourer ! © Radio France - Louis-Valentin Lopez

Dans le domaine de Brocard à Préhy, les viticulteurs ont recours à des chevaux de trait pour aérer les sols de quelques parcelles. Entretien sur la parcelle Sainte Clerc du domaine des 7 lieux avec un laboureur, Cyril Prestat, et son fidèle compagnon d'un mètres soixante-cinq : Basile.

Un mètre soixante-cinq au garrot, le laboureur détonne au milieu des tracteurs. Il s'appelle Basile, il a six ans, il est un peu timide avec sa frange devant les yeux, et il pèse quasiment une tonne. Presque six heures de labeur par jour, à une cadence de 3 à 5 km/h. Dans le domaine de Brocard à Préhy, 2 à 3% des parcelles sont labourées par des chevaux de trait comme Basile.

Le meilleur profil de Basile, qui laboure depuis trois ans sur le Chablisien. - Radio France
Le meilleur profil de Basile, qui laboure depuis trois ans sur le Chablisien. © Radio France - Louis-Valentin Lopez

Le propriétaire de Basile, qui parcourt les vignes arnaché derrière lui, c'est Cyril Prestat. Il a 41 ans, et il est passionné par le cheval d'aussi loin qu'il se souvienne. Chaque matin, il se lève entre 4h et 5h pour aller bichonner ses "loulous" comme il les appelle, trois chevaux de trait qui se relaient pour labourer. Il faut les brosser, puis les équiper :

"Un collier, ensuite une ligne de trait, un palonnier, un amortisseur pour préserver les épaules du cheval, puis une charrue équipée avec des griffes" Cyril Prestat, laboureur

Mieux aérer les sols

Le cheval de trait, avec sa traction lente, permet de mieux retourner la terre, et donc de retrouver une vie microbienne dans le sol. Il permet aussi d'accéder à des endroits où les tracteurs peinent à rouler, comme des côtes parfois un peu escarpées. Et puis labourer avec un cheval lui permet aussi d'éviter de finir à l'abattoir...

Les précisions de Cyril Prestat sur les nombreux avantages qu'il y a à labourer avec un cheval de trait

Plus cher pour le producteur

"Il n'y a aucune rentabilité, c'est plutôt un surcoût de façon assez importante !", souligne tout de même Julien Brocard, l'un des propriétaires du domaine. Mais il préfère relever les points positifs : "c'est intéressant puisqu'on fait corps avec le sol, avec la vigne, et le cheval est un très bon trait d'union entre le règne minéral, végétal et l'Homme."

A Préhy, entre l'église et le chai, il y a pire paysage pour labourer... - Radio France
A Préhy, entre l'église et le chai, il y a pire paysage pour labourer... © Radio France - Louis-Valentin Lopez

"C'est le plus beau des métiers que je fais [...] Vous avez vu le paysage? C'est magnifique !" Cyril Prestat

"Euuuh je laboure là, tu veux ma photo?" - Radio France
"Euuuh je laboure là, tu veux ma photo?" © Radio France - Louis-Valentin Lopez

Reportage avec Basile et son propriétaire

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