Climat – Environnement

RETOUR SUR INFO : la fin de la décharge à ciel ouvert à Voivres-lès-le-Mans

Par Bertrand Hochet, France Bleu Maine vendredi 11 septembre 2015 à 18:10

Plus de déchets à l'air libre (à gauche: sept.2014, à droite sept
Plus de déchets à l'air libre (à gauche: sept.2014, à droite sept © Radio France - Bertrand Hochet

Plus de 20.000 tonnes de déchets provenant de tubes cathodiques étaient stockés depuis au moins deux ans. Aujourd’hui, l’évacuation des débris de verre est quasi-terminée. Les conséquences pour l’environnement devraient être très limitées.

L’alerte est lancée en juillet 2013. Au cours d’une inspection dans l’entreprise MBM (Mercure Boys Manufacture), spécialisée dans le recyclage de tubes cathodiques, les services de l’Etat découvrent une quantité importante de débris de verre conservés en vrac. Ils demandent à la société de se mettre en conformité avec la réglementation, ce qu’elle ne fait pas. En septembre 2013, lors d’une visite inopinée, le préfet découvre qu’outre les monceaux de verres stockés illégalement, certains débris sont broyés au tractopelle ! Des arrêtés préfectoraux sont pris pour tenter de mettre fin à cette décharge à ciel ouvert, pouvant présenter des risques de pollution.

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Au printemps 2014, la société MBM, placée en liquidation judiciaire, met la clé sous la porte. Elle quitte Voivres-lès-le-Mans en laissant sur place 22.000 tonnes de déchets issus principalement de vieux téléviseurs. Le verre concassé forme d’immenses tas de couleur grise, ce qui suscite l’interrogation et parfois l’inquiétude des riverains et des défenseurs de l’environnement, bien au-delà du département de la Sarthe.

ARCHIVE France Bleu Maine : septembre 2014 : Voivres: il faudra au moins deux ans pour évacuer les 22.000 tonnes de déchets

Inquiets eux aussi des risques de pollution de l’eau et de l’air, les services de l’Etat font faire des prélèvements et réalisent un inventaire. Résultat : environ un sixième des déchets stockés sont potentiellement dangereux (3.400 tonnes), à cause du plomb et des poudres luminescentes. La DREAL (Direction Régionale de l’Environnement, de l’Aménagement et du Logement) demande une protection contre la pollution de l’eau et des sols. Ces déchets sont placés sous des bâches et dans les hangars.

Gilles Ledoux de la DREAL: ''les 3.000 tonnes restantes sont à l'abri"

Dans le même temps, le liquidateur judiciaire se met en quête des propriétaires de ces déchets qui restent responsables de leur évacuation. Après négociation, deux éco-organismes (chargés d’organiser la filière) acceptent de procéder à leur transfert. Le plus difficile a été de trouver la dizaine de propriétaires des déchets potentiellement polluants. L’évacuation des déchets a débuté en janvier dernier. Des dizaines de camions ont été mis à contribution pendant deux mois.

Aujourd’hui, une bonne partie de l’ancienne usine de recyclage MBM est déblayée. Les 18.600 tonnes de déchets ne présentant aucun risque ont quitté les lieux de même que certaines matières dangereuses (poudres luminescentes, cartes électroniques, par exemple). Des bidons d’huile, des produits chimiques et des boues de curage sont en cours d’évacuation. Restent actuellement sur le site les 3.400 tonnes de verres concassées présentant le plus de risque. Cette matière est désormais stockée à l’abri, dans l’attente de leur évaluation définitive.

Pollution ?

Reste à régler définitivement la question de la pollution. Des premiers prélèvements ont été effectués au début de l’affaire. Ils n’ont rien révélé d’inquiétant. Mais les tas de verres ont empêché un diagnostic complet. D’autres analyses vont être faites prochainement. Si des traces importantes de pollution des sols et des eaux sont constatées, il faudra procéder à la dépollution (grâce à des fonds de l’Etat). La procédure serait alors très longue. Mais la DREAL se veut rassurante : il n’y a, dit-elle, aucune crainte à avoir.

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Dans les prochaines semaines, le liquidateur judiciaire de MBM va devoir également s’assurer de la remise en état du site. L’entreprise doit retrouver son aspect originel, en vue d’une possible reprise par une autre industrie. Ce sera alors la fin de cette décharge à ciel ouvert à Voivres-lès-le-Mans.