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Climat – Environnement

Retraitement du combustible nucléaire australien dans la Manche : Greenpeace met en doute la légalité du contrat

vendredi 14 septembre 2018 à 8:48 Par Benoît Martin, France Bleu Cotentin

Alors que le BBC Austria a accosté tôt ce vendredi matin dans le port de Cherbourg, le responsable des opérations nucléaires de l'ONG Greenpeace, le Manchois Yannick Rousselet était l'invité de France Bleu Cotentin.

"Le combustible pourrait être retraité dans la journée et repartir par le même bateau". Yannick Rousselet
"Le combustible pourrait être retraité dans la journée et repartir par le même bateau". Yannick Rousselet © Radio France - Benoît Martin

Le BBC Austria a touché terre à Cherbourg ce vendredi matin au terme d'un mois et demi de mer. En provenance d'Australie, il doit décharger dans la matinée quatre conteneurs de combustibles nucléaires usagers, soit deux  tonnes de matières à retraiter à l'usine de la Hague. Mais l'organisation Greenpeace et son chargé des questions nucléaires, Yannick Rousselet, se posent des questions sur la légalité du contrat.

Vous étiez ce jeudi devant le tribunal de Cherbourg face à Orano (ex Areva) avec l'intention d'obtenir les termes du contrat liant Orano et l'Ansto, une agence australienne qui fait de la recherche nucléaire. Pour quelle raison?

Yannick Rousselet : Depuis longtemps, nous demandons à Orano de nous livrer les contrats liant les deux sociétés. Nous soupçonnons qu'ils ne sont pas conformes à la loi qui dit qu'il est interdit de stocker des déchets nucléaires venant de l'étranger sur le sol français. Or, nous avons obtenu une décision de la cour de cassation qui dit que les matières arrivant d'Australie sont bien des déchets et pas des matières recyclables. Dans ces conditions, elles ne doivent pas rester sur le sol français. 

Il y a un contrat de stockage déguisé derrière cette idée du retraitement

Qu'est ce qui vous fait penser que ces déchets vont être entreposés en France?

YR : C'est déjà annoncé par Orano que ces déchets ne repartiront qu'en 2034. L'avocate d'Orano l'a répété hier après-midi devant le tribunal. On est sur un laps de temps extrêmement long. Or il s'agit de combustible froid et il n'y a pas besoin des temps technologiques habituels : on pourrait les retraiter dès maintenant et les déchets pourraient repartir par le même bateau. Rien ne justifie ces temps de stockage extrêmement longs, en clair, pour nous, il y a un contrat de stockage déguisé derrière cette idée du retraitement.

Pourtant l'ASN et l'IRSN ont donné leur accord. N'est ce pas la preuve que la loi est respectée?

YR : Ces instances ne regardent que l'aspect sûreté, la conformité des conteneurs, mais elles ne s'occupent pas de l'aspect législatif. C'est pour cela que nous sommes allés en justice. On pensait qu'Orano nous transmettrait les contrats mais l'audience a été renvoyée au 25 septembre à la demande de la société. C'est une raison de plus de soupçonner qu'Orano a quelque chose à cacher. Nous nous disons que nous allons avoir des déchets entreposés des années dans le Cotentin alors qu'ils n'ont rien à faire là. Nous allons donc continuer notre combat juridique.