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Climat – Environnement

Réunis à Saint-Romain, les muraillers font revivre le patrimoine en pierre sèche

samedi 13 octobre 2018 à 20:54 Par Jacky Page, France Bleu Bourgogne

Le village de Saint-Romain accueille du 12 au 14 octobre les premières rencontres nationales des professionnels de la pierre sèche. Des artisans qui travaillent à la construction ou à la restauration traditionnelle des murets ou cabottes que l'on peut voir fréquemment dans nos campagnes.

A Saint-Romain, les artisans ont restauré un ancien mur de soutènement en pierre sèche.
A Saint-Romain, les artisans ont restauré un ancien mur de soutènement en pierre sèche. © Radio France - Jacky Page

Côte-d'Or, France

Le village viticole de Saint-Romain, entre Beaune et Nolay, abrite depuis vendredi, et ce dimanche encore, les premières rencontres nationales des professionnels de la pierre sèche. A cette occasion, un chantier collectif a été réalisé pour relever un vieux mur en pierre sèche, dans lequel deux brèches s’étaient ouvertes, le long d'une rue du village. 

Des murs drainants indispensables

Dans un joyeux concert de coups de massettes, ils sont une douzaine, alignés le long de ce mur qui reprend forme. On y trouve des professionnels, et des novices désireux de s’initier à cette méthode de construction. Émilien a 15 ans et étudie au lycée des Marcs d'Or à Dijon. Le bâtiment, c'est son futur métier, alors il s'applique : « il faut caler toutes les pierres, qu’il n’y en ait aucune bancale. Il faut qu’elles tiennent toutes ensemble. Elles sont calées par des petites pierres » Un professionnel vient lui prodiguer quelques conseils. A Selongey, Bruno Schneider exerce le métier de murailler, autrement dit un artisan spécialisé dans les constructions en pierre sèche.

Un mode de construction qui connaît un regain d’intérêt., parce qu’il fait partie intégrante de nos paysages viticoles. Ces rencontres ont d'ailleurs le soutien de l'association des Climats du Vignoble de Bourgogne . Mais aussi parce qu’un muret en pierre sèche est irremplaçable pour retenir la terre tout en laissant filtrer l’eau, rappelle l’artisan : « le mur en pierre sèche est extrêmement utile dans les cultures, parce que c’est un mur drainant, qui va laisser passer l’eau et ne va pas la retenir comme un mur traditionnel en liant. » 

Un puzzle tridimensionnel 

Pour édifier un mur sans mortier, des règles bien précises doivent être respectées, souligne Martin Muriot, un artisan saône-et-loirien, président de la Fédération française des professionnels de la pierre sèche: « l’idée, c’est que pour pallier l’absence de mortier, on va faire en sorte que les pierres s’imbriquent les unes dans les autres, dans un jeu de croisement, pour reporter les charges. C’est un puzzle en fait, en trois dimensions ». La profession doit aussi faire tomber certains préjugés, selon lesquels un mur de pierre sèche serait fragile, puisqu’il est assemblé sans mortier : « dans des endroits où il y a du relief, les routes sont souvent soutenues par des murs de pierre sèche, et ça tient, il n’y a pas de souci ».

Pour restaurer les vieux murs, il faut récupérer un maximum de pierres, parmi les éboulis ou en provenance d'une démolition. Bruno Schneider a assisté à une démolition sur le site de l’ancien hôpital général de Dijon où doit s’élever la future cité de la gastronomie et un quartier résidentiel. La mort dans l'âme, il a vu de belles pierres disparaître dans la concasseuse. « Lorsque les pierres sont vraiment de belle facture et de bonne qualité, il serait plus logique de les réutiliser, plutôt que d’aller ré extraire de la pierre pour reconstruire ».