Climat – Environnement

Saint-Maur : une opération pour dénoncer les "OGM cachés" dans certaines graines en vente à Jardiland

Par Armêl Balogog, France Bleu Berry dimanche 22 janvier 2017 à 7:30

Un panier rempli de graines Vilmorin pendant l'opération anti "OGM cachés" au magasin Jardiland de Saint-Maur
Un panier rempli de graines Vilmorin pendant l'opération anti "OGM cachés" au magasin Jardiland de Saint-Maur © Radio France - Armêl Balogog

Des militants du collectif Vigilance OGM 36 et de la confédération paysanne ont remplis des paniers de graines dans le magasin Jardiland de la zone commerciale Cap Sud, afin de dénoncer la vente d’« OGM cachés ».

Ils sont entrés, discrètement, par groupes de deux ou trois, dans le magasin Jardiland de Saint-Maur, samedi 21 janvier vers 11h. Avec un air faussement distrait, ils se sont rendus au rayon des graines et semences à destination des particuliers et ont commencé à remplir huit paniers de sachets qui leur semblaient problématiques.

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« Les gens viennent acheter des OGM et ils ne le savent pas »

Les semences de la marque Vilmorin remplissent rapidement les paniers, même si les marques Clause, Tézier et Vita étaient aussi visées, nous explique Philippe Guénin, un paysan bio.

On est en train de cibler tous les paquets de graines qui appartiennent au groupe Limagrain, qui travaille beaucoup sur les OGM cachés.

Pour les militants, le problème est que, malgré l’interdiction de la culture d’organismes génétiquement modifiés (OGM) en France depuis 2008, les semences des filiales de Limagrain sont encore en vente alors qu’elles sont créées grâce à la technique de la mutagénèse - un processus artificiel (en l’occurrence) provoquant une mutation - utilisé pour les OGM reconnus.

Selon Agnès Renauldon, de Vigilance OGM 36, ces produits sont considérés comme des OGM par la directive européenne en vigueur, même si elle les a exclus du champ de règlementation. Dans un tract, les militants dénoncent :

Dès 1990, les semenciers ont réussi à extraire du champ d’application de la règlementation OGM des variétés rendues tolérantes aux herbicides par mutagenèse, en évoquant le caractère prétendument ancien et sans risque des techniques utilisées.

Pour Agnès Renauldon, ces techniques ont en fait bien évolué depuis et ne devraient plus être ainsi mises à l’écart.

Tout le monde pense qu’il n’y a plus d’OGM cultivés. Or, non seulement il y en a mais en plus les gens viennent les acheter et ils ne le savent pas.

Les militants posent avec leurs paniers étiquetés "OGM cachés" dans le magasin Jardiland - Radio France
Les militants posent avec leurs paniers étiquetés "OGM cachés" dans le magasin Jardiland © Radio France - Armêl Balogog

Les produits resteront en vente, faute de loi justifiant les revendications contre les « OGM cachés »

Pendant leur opération à Jardiland, Pierre Lable, le directeur adjoint, aussi chargé du rayon graines et semences, est venu à la rencontre des militants, s’inquiétant de les voir coller des étiquettes « OGM cachés » et « Limagrain = Monsanto français » sur ses paniers et produits.

Après une discussion d’une vingtaine de minutes, pendant laquelle les militants lui ont assuré que « l’objectif n’était absolument pas de dénoncer Jardiland », ils ont conclu qu’ils allaient se revoir pour réfléchir à une éventuelle coopération, pour informer les clients. Une petite victoire pour les militants, qui se disent conscients qu’un tel combat prend du temps et qui se satisfont de décisions locales. Tous se réfèrent au combat contre le glyphosate, contenu notamment dans le Roundup, qui a duré des années.

Contrairement à ce produit, pour l’instant, dans le magasin Jardiland, les semences resteront en vente. Pierre Lable se dit sensible au problème des OGM, mais en l’occurrence, il ne dispose d’aucun texte de loi certifiant la véracité des revendications des militants, et ne veut prendre la décision de ne plus vendre ces produits sans raison légale. L’adjoint ajoute que dans ses rayons, à d’autres saisons, on peut aussi trouver des graines bio ou d’autres marques que celles du groupe Limagrain.

« Je fais juste mon travail honnêtement », confie-t-il.