Climat – Environnement

A Saint-Prix-lès-Arnay, Didier Blandin est prêt à déneiger les routes au volant de son tracteur

Par Marion Bastit, France Bleu Bourgogne lundi 18 janvier 2016 à 19:55

Didier Blandin est prêt à déneiger les routes avec son tracteur.
Didier Blandin est prêt à déneiger les routes avec son tracteur. © Radio France - Marion Bastit

Pour déneiger les routes de Côte-d'Or, le Conseil départemental s'appuie sur un réseau de 80 agriculteurs et entreprises privées. Didier Blandin, éleveur bovin près d'Arnay-le-duc, est prêt à partir à tout moment pour dégager 30 kilomètres de route avec son tracteur.

Ça fait quelques jours que la campagne se réveille sous la neige en Côte-d'Or. C'est joli, tant que ça n'empêche pas de prendre la route. Pour dégager la chaussée, les agents du Conseil départemental doivent parfois sortir les déneigeuses. Mais il y a aussi des agriculteurs qui leur prêtent main forte avec leur tracteur. C'est le cas de Didier Blandin, qui élève des vaches à Saint-Prix-lès-Arnay, près d'Arnay-le-duc.

Depuis trois ans, du 15 novembre au 15 mars, il est d'astreinte 24 heures sur 24, sept jours sur sept. « C'est le service de garde de la DDE (Direction départementale de l'équipement) d'Arnay-le-duc qui fait sa tournée, et s'il y a une épaisseur de neige suffisante, je fais mon circuit de routes départementales. » Avec une simple lame à neige qu'il attelle devant son tracteur, il dégage les routes de Magnin, Viévy, Champignolles et Maligny, soit une trentaine de kilomètres. « On est tout seul, on est tranquille, apprécie-t-il. C'est la nuit, il neige, on voit des renards, des sangliers, des chevreuils... Ça se passe bien. »

Mille euros de revenus en plus

Il y en a pour quatre ou cinq heures selon l'épaisseur de neige, du temps qui manque parfois quand il y a du travail à l'étable. « Généralement, c'est en pleine période de vêlage, donc ce n'est pas facile, confie-t-il. Quand on nous appelle, on part, et il faut trouver une autre personne pour surveiller la vache en train de vêler s'il y en a une. » Mais cette année, la neige s'est fait attendre, et toutes les vaches ont déjà vêlé. « Il peut neiger tous les jours du mois de février, ça m'arrange ! »

D'autant qu'il touche un peu d'argent en échange. « On a un salaire d'astreinte par mois, plus un taux horaire selon le temps qu'on met pour faire la tournée. » Mais pour l'instant, ça ne rapporte pas beaucoup. _« On a des hivers où on n'a pas de neige en ce moment, malheureusement, regrette-t-il. L'an dernier je suis sorti deux fois, l'année d'avant deux fois aussi, et cette année zéro pour l'instant. » Il est déjà content de toucher 1 000 euros par hiver. « Économiquement c'est très dur, donc moi ça me fait un petit plus. Ce n'est pas négligeable vu les salaires qu'on tire de nos exploitations en ce moment. »_