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Environnement

Sécheresse dans le bassin Adour-Garonne : "une situation qu'on rencontre d'habitude fin août"

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Par , France Bleu Gironde

La quasi-totalité du bassin Adour-Garonne est soumise à des restrictions d'eau en raison de la sécheresse. La Gironde est pour l'instant épargnée, mais le dérèglement climatique impose de faire évoluer les pratiques.

La plupart des départements du bassin Adour-Garonne sont concernés par des restrictions d'eau, notamment le Tarn-et-Garonne.
La plupart des départements du bassin Adour-Garonne sont concernés par des restrictions d'eau, notamment le Tarn-et-Garonne. © Maxppp - Tim Somerset

Bordeaux, France

Le déficit en eau dans le bassin Adour-Garonne, qui couvre 26 départements du Sud-Ouest de la Charente aux Pyrénées et jusqu'à l'Aveyron, est de 200 à 250 mètres cube par an. Si on ne fait rien, il sera d'1,2 milliards de mètres cube par an à l'horizon 2050. C'est l'équivalent de la moitié de la consommation actuelle dans ce territoire. "La situation est grave" résume le président de la Nouvelle-Aquitaine Alain Rousset. Face à cette sécheresse, les représentants de l'État, de la région et de l'Agence de l'eau Adour-Garonne se sont réunis mardi.

La Gironde épargnée

Cette année, la sécheresse frappe la quasi-totalité du bassin. "Au 11 juillet, une vingtaine d'arrêtés de restriction ont été pris. Seuls quelques départements, dont la Gironde, sont épargnés" indique Étienne Guyot, le préfet coordonateur de bassin Adour-Garonne. Depuis septembre, il y a un déficit de précipitations en Gironde : 10 à 25% de moins que d'habitude selon la préfecture. Mais cela ne justifie pas pour le moment de restreindre l'usage de l'eau : "C'est un bassin avec d'importantes réserves d'eau en nappes, la Gironde est un département assez bien irrigué. Il est aussi le réceptacle de la descente des eaux du bassin, mais ça ne signifie pas qu'il ne faut pas faire attention aux économies d'eau" explique Guillaume Choisy, le directeur général de l'agence de l'eau Adour-Garonne.

La situation est beaucoup plus critique en Dordogne, notamment :  certaines zones sont en situation de crise, le plus haut niveau d'alerte.   Les pompages sont interdits ou limités dans une trentaine de petites rivières. La Charente, la Charente-maritime et le Lot-et-Garonne sont quant à eux placés en alerte renforcée. Cette sécheresse est précoce : "Le débit des cours d'eau, notamment en Charente, est très faible. On rencontre d'habitude ce type de situation mi ou fin août" analyse Guillaume Choisy. Selon lui, ce genre d'épisode risque de se répéter à l'avenir, à cause du dérèglement climatique.

Des mesures concrètes pour économiser l'eau

Face à ce constat, la préservation des ressources en eau devient une priorité pour les années à venir. "Tous les usagers, consommateurs, collectivités, agriculteurs, industriels vont devoir s'adapter et faire évoluer leurs pratiques" insiste Etienne Guyot, le préfet de la Région Occitanie et coordonnateur du Comité de bassin Adour-Garonne, qui évoque une "opération commando". Mardi, le comité de Bassin Adour-Garonne s'est notamment engagé à "restaurer les zones humides, végétaliser les villes, planter des haies, lutter contre l'artificialisation et l'érosion des sols, optimiser les ressources existantes."

Au niveau de l'agriculture, l'évolution est en marche : "En cinq ans on a économisé cent millions de mètres cube par an grâce à des pratiques innovantes, précise Guillaume Choisy. On remet de la matière organique dans les sols, on a des systèmes d'irrigation qui apportent moins d'eau à la fois même si on apporte plusieurs fois ; ça permet de faire des économies d'eau." Les petits gestes du quotidien ont aussi leur rôle à jouer : "éviter de laisser goutter les robinets et prendre des douches plutôt que des bains".

Autre enjeu : rénover les réseaux d'eau potable : "Sur le bassin on a 135 000 kilomètres de réseaux d'eau potable. Ce réseau a vieilli, on a aujourd'hui des fuites : 25% de l'eau est perdue dans la nature. Il faut augmenter ce taux de performance à pratiquement 100%" conclut Guillaume Choisy.