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Environnement

Sécheresse : y'aura-t-il un second barrage sur l'Allier ?

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Par , France Bleu Pays d'Auvergne

Dans la nuit de dimanche à lundi, un dysfonctionnement des systèmes de gestion du barrage de Naussac a réduit le débit de l'Allier. La FNSEA 63, les Jeunes Agriculteurs 63 et l'ADIRA demandent la construction d'un second barrage.

Le barrage de Naussac (Photo d'illustration)
Le barrage de Naussac (Photo d'illustration) © Maxppp - Francis CAMPAGNONI

Naussac, France

C'est la goutte d'eau qui a fait déborder la (maigre) rivière. Ce week-end, dans la nuit de dimanche à lundi, une panne technique sur le barrage de Naussac a conduit à la réduction du débit de l'Allier. Les vannes se sont fermées et, ainsi, ont provoqué l'arrêt momentané des lâchers d'eau du barrage. La situation, d'une ampleur rare, a été rétablie ce lundi à 13 heures. Mais, cela a réactivé les demandes, en cette période de sécheresse longue et douloureuse pour les agriculteurs. 

Parmi la plus virulente, celle de construire un nouveau barrage sur la rivière Allier. _"_On sécurise absolument toutes les utilisations. Naussac est un barrage qui tient 191 millions de mètres cubes. Si on fait l'équivalant, on est absolument certain d'avoir de l'eau potable, d'irriguer nos cultures et de pouvoir avoir toutes les utilisations maintenues quelque soit la période" estime Bertrand Nicolas, vice-président de l'ADIRA, l'Association pour le Développement de l'Irrigation en Auvergne. Son association va d'ailleurs diligenter une étude afin d'estimer le cout de la sécheresse qui sévit actuellement. "On verra que, si on pouvait sécuriser, on pourrait payer des barrages avec le coût engendré par cette sécheresse".

La multiplication des barrages "peut être contre-productif"

Mais tous les experts ne semblent pas être du même avis. Pour Florence Habets, hydroclimatologue et directrice de recherche au CNRS, la création de barrages et de retenues d'eau peuvent "être une solution ponctuelle locale très appréciable pour l'agriculture", mais "cela favorise la consommation d'un fort volume d'eau. Du coup, on a une diminution de la ressource et une augmentation de la consommation. À un moment, cela pose problème." 

"Les barrages ont un inconvénient, c'est que l'eau est en surface et peut être perdue par évaporation." - Florence Habets

Selon la chercheuse, interrogée par nos confrères de franceinfo, il existe d'autres solutions, comme "favoriser la recherche dans les nappes phréatiques souterraines" ou encore "favoriser le stockage de l'eau dans les sols. On a perdu de la capacité de stockage de l'eau parce qu'on a compacté les sols, parce qu'ils ont perdu de la matière organique. Si on arrive à regagner de la qualité de ces sols, on peut aussi améliorer leur réserve en eau et avoir moins besoin d'irriguer."

Une situation "moins pire que prévue" selon la préfecture 

Pour la préfète du Puy-de-Dôme, il ne faut pas lier vitesse et précipitation. Cette situation est inédite, mais elle est moins grave que prévue. "La situation ce mercredi après-midi était rassurante. La baisse des débits devrait être plus limitée que prévue" estime Anne-Gaëlle Baudoin-Clerc, qui maintient les restrictions d'eau suspendues pendant 24 heures pour les irrigations agricoles jusqu'à vendredi. Selon la préfète, des réunions sont prévues en septembre avec la profession pour réfléchir à des solutions pérennes. Mais pour l'instant, la question de construire un barrage n'est pas tranchée. "Il y a une approche globale à avoir. Il y a des pratiques qui doivent évoluer avec le changement climatique. Il faut qu'on travaille ensemble avec les agriculteurs" souligne la préfète.