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Environnement

Siclex, un simulateur de climat extrême dans le Poitou

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Par , France Bleu Poitou, France Bleu

À Lusignan, dans la Vienne, un simulateur de climat extrême doit permettre de mieux préparer nos prairies, et donc notre agriculture, au changement climatique.

Siclex fonctionne avec des serres sur rails
Siclex fonctionne avec des serres sur rails © Radio France - Lisa Melia

Lusignan, France

Comment la végétation survivra-t-elle aux températures des dix, vingt, cinquante prochaines années ? Pour répondre à cette question, l’INRA (institut nationale de recherche agronomique) a inauguré cette semaine le projet Siclex, à Lusignan, dans la Vienne. Son but : soumettre diverses variétés de plantes à des températures élevées et à un manque d’eau pour déterminer lesquelles s’adaptent le mieux. Par extension : comment préparer notre agriculture au changement climatique.

Stresser les prairies

« Ce qui change, dans le climat, ce sont trois choses, résume Jean-Louis Durand, directeur de recherche en bioclimatologie, directeur de l'unité de recherche pluridisciplinaire "prairies et plantes fouragères" de l'INRA à Lusignan. Il s’agit de la température, du bilan hydrique, c’est-à-dire l’eau qui tombe et l’eau qui est utilisée par les plantes, et la concentration en gaz carbonique. Ces trois éléments sont déterminants pour la production végétale. »

Siclex fonctionne grâce à une serre qui se déplace sur des rails, sur une parcelle de 100 mètres de long. Grâce à un ensemble de logiciels qui permettront d’anticiper au mieux la météo, la serre se déplacera pour créer un faux climat extrême pour les plantes : elles seront privées d’eau, subiront un réchauffement artificiel et seront soumises à un air plus chargé en CO2. Ce qui correspond aux scénarios de l’évolution du climat, ces prochaines décennies.

Adapter les plantes au changement climatique

Les projections les plus négatives de Météo France indiquent ainsi que les températures pourraient grimper de plus de cinq degrés d’ici 2100, avec des été plus longs, des canicules plus fréquentes et des hivers plus court et moins arrosés. Le changement climatique augmente la pousse des végétaux en hiver et en automne, mais a tendance à la réduire drastiquement pendant les étés. Or, les prairies représentent 70% des surfaces cultivables dans le monde. En France, un million d’hectares de prairies est semé chaque année.

Nous cherchons les combinaisons d’espèces de plantes qui vont le mieux réagir aux conditions climatiques. Nous cherchons, en plus, les espèces qui sont autonomes vis-à-vis de la fourniture d’engrais, pour maximiser les plantes qui n’ont pas besoin d’engrais azoté. - Jean-Louis Durand

Siclex permettra non seulement de déterminer quelles espèces de végétaux survivent le mieux dans ces conditions extrêmes, mais le projet servira aussi de laboratoire pour tenter de croiser des espèces, afin de créer des plantes plus résistantes. Les chercheurs veulent aussi déterminer quelles variétés sont les meilleures « voisines », c’est-à-dire qu’en poussant ensemble, elles font une bonne prairie.

Une solution pour les agriculteurs

« Concrètement, le projet Siclex répond à un problème très important : celui d’avoir du fourrage l’été », ajoute Guy Moreau. Conseiller régional, il est également agriculteur en céréales bio à Melle. Les agriculteurs seront les premiers bénéficiaires des conclusions de Siclex, car ils sont, été après été, confrontés à ce souci de fourrage, de manière toujours plus aiguë.

Pour Guy Moreau, toutefois, le programme de l’INRA n’est qu’un maillon de la solution. 

Il faudra changer de cultures. Certaines cultures gourmandes en eau ne sont plus adaptées au changement climatique. La production d’herbe baissera, c’est déjà le cas aujourd’hui et c’est la faute du climat. Nous devons réorienter l’agriculture et les outils comme Siclex sont des clefs.

Une clef qui a coûté 655 000 euros. 100 000 sont financés par la région Nouvelle-Aquitaine, 390 000 viennent de l’Union européenne, via le Feder, le fonds de soutien de l’Europe. L’INRA et la Fondation Xavier Bernard ont également apporté des fonds.

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