Climat – Environnement

Simulation : Scénario catastrophe à la centrale nucléaire de Civaux

Par Rivière Isabelle, France Bleu Poitou lundi 21 septembre 2015 à 18:00

Tests sécurité grandeur nature à la centrale nucléaire de Civaux
Tests sécurité grandeur nature à la centrale nucléaire de Civaux © Radio France - Vincent Hulin

Exercice nucléaire de sécurité civile ce mardi 22 septembre 2015 à la centrale de Civaux, dans la Vienne. L'Etat et EDF testent la chaîne d'intervention en cas de crise majeure. Un entraînement grandeur autour d'un scénario catastrophe imaginé entre autres par l'ASN, Autorité de sûreté nucléaire.

Pas de panique si vous apercevez des gyrophares aux abords de la centrale nucléaire de Civaux ce mardi 22 septembre 2015, la préfecture en lien avec l'ASN, Autorité de sûreté nucléaire, et EDF organise un exercice de sécurité grandeur nature. En gros, on simule un incident nucléaire et on teste toute la chaîne d'intervention, depuis les agents de la centrale de Civaux jusqu'aux pompiers en passant par les gendarmes, et même les habitants des communes situées dans le périmètre d'urgence.

Scénario catastrophe inconnu 

Attaque terroriste, séisme ou fuite radioactive sur une cuve ? A l'heure qu'il est, le scénario-catastrophe n'est pas encore connu, mais dès que l'autorité de sûreté nucléaire à Paris donnera l'alerte, chacun devra appliquer le protocole d'intervention.

Situation de crise à la centrale 

A la centrale tout d'abord où les agents vont devoir réagir en urgence à une série de défaillances techniques. Il s'agit de tester le plan d'urgence interne. On crée un premier incident, pas dans la vraie salle des commandes mais sur le simulateur de la centrale. Charge aux équipes en place, de trouver la solution pour éviter les rejets radioactifs dans l'air. 

Quelques heures plus tard, le scénario est censé se corser : la centrale n'a plus le choix. Elle ne peut plus contenir les rejets radioactifs et doit évacuer dans la nature. 

Pendant ce temps là, à la préfecture...

Très vite la préfecture va devoir s'organiser. Premier réflexe : installer un Centre Opérationnel Départemental pour concentrer toutes les informations, prendre les décisions et organiser les renforts, mais aussi informer la population et gérer les médias. 

Autour de la préfète Christiane Barret, tous les officiers des secours (Pompiers, gendarmes), l'ASN Autorité de sûreté nucléaire de Bordeaux, la protection civile (Croix rouge, Action Sauvetage, et l'association départementale de sécurité civilé), directeurs des services de l'Etat (ARS, agence régionale de Santé, DREAL, DDT...) et les collectivités (Communes concernées autour de Civaux, Conseil départemental  pour la gestion des routes).

En fonction des rejets de la centrale (Nature de la substance radioactive, quantité et orientation des vents (la préfecture sera d'ailleurs en contact avec les services de Météo France pour cet exercice), la préfète décide de déclencher ou pas le PPI, Plan particulier d'intervention. Il s'agit des mesures à prendre pour protéger la population. 

3 périmètres d'intervention

3 périmètres d'intervention pour les secours : 

  • 2 kilomètres autour de la centrale 
  • 5 kilomètres autour de la centrale
  • 10 kilomètres : Il faut savoir que ce dernier périmètre inclut 19 commune et 22 à 23 000 habitants, tous déjà équipés de pastilles d'iode valables jusqu'à la fin 2015. (Renouvellement programmé en janvier 2016)

Distribution de pastilles d'iode ? mesures de confinement ? procédure d'évacuation de la population ? Les ordres partiront de la préfecture, mais sur le terrain, c'est du Poste de commandement opérationnel que partiront les secours. Ce PCO sera installé non loin de la centrale, mais hors d'atteinte des vents radioactifs. 

On simule même la pression médiatique

Au cours de cet exercice, on teste tout : la pression médiatique par exemple : plusieurs agents de la préfecture ont d'ores et déjà été formés à répondre aux journalistes en situation de crise. Et ce mardi, ils recevront des appels de "supposés journalistes" pour voir comment ils se débrouillent. 

L'idée c'est aussi de tester l'efficacité de la communication avec les élus locaux : quelles consignes, dans quels délais.  On évaluera également la capacité à trouver des bus pour évacuer la population si nécessaire, mais aussi la vitesse à laquelle les gendarmes et agents des routes départementales pourront installer des barrages routiers ou boucler des périmètres de sécurité. Tout ça, pour de faux, _bien sûr, mais dans les conditions du réel. _Pas de gêne pour la population ! 

Plus de 200 professionnels mobilisés

Ce type d'exercice a lieu tous les 5 ans.  La dernière fois, ce qui a été testé, c'est la gestion post-crise. Cette fois, les Autorités s’intéresseront plus à la gestion en temps réel de la crise. L'exercice mobilise une centaine de personnes à Paris, une centaine d'autres dans la Vienne. 

En tant que radio de service public, France Bleu Poitou prendra part à l'exercice avec des messages d'alerte. Pas de panique donc, il s'agit d'un exercice.