Climat – Environnement

Suppression "immédiate" des crédits exports pour les centrales à charbon sans dispositif anti-CO2

Par Marina Cabiten, France Bleu jeudi 10 septembre 2015 à 11:31

Une centrale à charbon
Une centrale à charbon © Max PPP

Le Premier ministre Manuel Valls a confirmé jeudi la suppression "immédiate" des crédits à l'exportation pour les centrales à charbon dénuées de dispositifs de capture et de stockage du CO2, qui bénéficiaient essentiellement à Alstom, en lançant à l'Elysée la mobilisation pour la COP21.

C'était l'une des principales promesses du candidat Hollande, et depuis des moins les ONG pressaient le gouvernement de la tenir. Jeudi, le gouvernement par la voix de son Premier ministre a confirmé la suppression "immédiate" des crédits exports pour "tous les nouveaux projets de centrale à charbon qui ne sont pas dotés d'un dispositif de capture et stockage de CO2." Manuel Valls s'exprimait à l'occasion du lancement à l'Élysée de la mobilisation pour COP21, la grande conférence mondiale pour le climat que Paris accueillera en décembre.

Alstom directement visée

Un peu plus tôt dans la matinée, la ministre de l'Environnement Ségolène Royal avait déjà indiqué que les aides de l'Etat à Alstom pour l'export de centrales à charbon allaient bien être supprimées comme l'avait annoncé le président François Hollande en novembre. Elle seront cependant restituées au groupe pour ses investissements dans les énergies renouvelables, a précisé la ministre. 

Cette décision se veut un exemple, à trois mois de l'ouverture de la conférence de Paris sur le climat (COP 21). Les associations de défense de l'environnement craignaient de voir François Hollande reculer sur ses engagements, notamment en raison des menaces que cela pourrait poser à plusieurs centaines de salariés d'Alstom. Les crédits pour financer la construction de centrales à charbon à l'étranger, qui bénéficient en fait à Alstom, sont apportées sous forme de garanties d'emprunt de la Coface (Compagnie française d'assurance pour le commerce extérieur). 

François Hollande et son gouvernement ont lancé jeudi à l'Elysée la mobilisation française pour la conférence sur le climat qui se tiendra à compter du 30 novembre à Paris. Quelque 195 Etats tenteront, dans cette arène sous égide de l'Onu, de s'accorder pour limiter le réchauffement planétaire, lié aux émissions de gaz à effet de serre.