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Tchernobyl : 30 ans après, la France toujours marquée

L'Ukraine marque ce mardi le 30e anniversaire de la catastrophe de Tchernobyl, pire accident nucléaire de l'histoire, qui a contaminé une bonne partie de l'Europe et dont le bilan sanitaire reste toujours controversé. Et en France, quelles conséquences encore aujourd'hui ?

Rassemblement Pont de l’Europe entre Kehl et Strasbourg
Rassemblement Pont de l’Europe entre Kehl et Strasbourg © Maxppp - Marc Rollmann

Le 26 avril 1986, une explosion se produit à la centrale de nucléaire de Tchernobyl (Ukraine), et cause la plus grande catastrophe du nucléaire civil. Le combustible nucléaire brûle pendant plus de dix jours et rejette des radioéléments qui se déplacent, y compris en France. Plusieurs conséquences découleront de ce drame environnemental et sanitaire, dont certaines sont encore d'actualité.

La pollution radioactive toujours présente

Certaines régions françaises ont été fortement frappées par la pollution radioactive amenée par le nuage de Tchernobyl, dans l'est et le sud-est. C'est le cas de l'Alsace. La pluie y a fait retomber sur les sols les éléments radioactifs du nuage. Trente ans après, il reste des séquelles.

Sur les six dernières communes testées, plus de 80% du césium 137 est toujours présent dans les 20 premiers centimètres du sol. Le césium 137, c'est la signature de Tchernobyl, le poison qui émet des ondes dangereuses. Il n'est pas présent sur les 8.280 km² de terres alsaciennes à même hauteur, il existe des foyers, précise Jean-Marie Brom, chercheur au CNRS : "C'est ce qu'on appelle des tâches de léopard. Le problème, c'est qu'avec les pluies et les orages, la terre bouge, les alluvions vont dans les rivières qui les déposent ailleurs, donc ces tâches se déplacent et évoluent avec le temps." Mais il n'y a pas de risque pour la population selon lui.

Myrtilles sauvages, sanglier et champignons 

En Bourgogne aussi, la nature est marquée. "Pour les champignons, on a constaté que certaines espèces comme le bolet bai, les petits gris, ou les chanterelles tube ont plus de capacité à concentrer le Césium 137 présent dans le sol" détaille Bruno Chareyron, de la CRIIRAD. Attention aussi à certaines baies, comme les myrtilles sauvages, et à limiter la consommation de viande de sanglier. "Un gros consommateur (de ces aliments ndlr) va recevoir une exposition jusqu'à dix fois supérieure à ce qui peut-être considéré comme négligeable. Or, une seule radiation peut suffire à déclencher, quelques années ou quelques décennies plus tard, des pathologies cancéreuses ".

Racler la montagne

L'ACRO (Association pour le Contrôle de la Radioactivité dans l'Ouest) vient de publier les résultats d'un an et demi de prélèvements. Pas moins de 365 échantillons ont été étudiés, dont une quarantaine provient de la région Rhône-Alpes. Aujourd'hui encore, le Vercors, la Drôme et l'Isère sont les plus touchés souligne Bruno Chareyron. Certaines zones d'altitude également, dans les Écrins ou plus au sud, dans le Mercantour, concentrent aujourd'hui des quantités incroyables de Césium 137. Il se retrouve dans des alpages où des touristes se promènent, où des bergers travaillent, près des belvédères de haute-montagne ou de tables de pique-nique.

Aujourd'hui, la CRIIRAD demande à l'État de racler le sol sur vingt centimètres afin de nettoyer ces zones.

Les enfants de Tchernobyl ont grandi

Pendant près de vingt ans, l'association "Soyouz Tchernobyl" (Bienvenue Tchernobyl), a accueilli des dizaines d'enfants russes et biélorusses vivant dans la zone contaminée, dans le Limousin. L'association va disparaître dans quelques semaines faute d'argent et de bénévoles. Les enfants eux, ont bien grandi et reste très attachés à la région.

Des Russes et Biélorusses en voyage en Limousin (2006)
Des Russes et Biélorusses en voyage en Limousin (2006) - Association Soyouz Tchernobyl

La peur du nucléaire pour certains riverains

Autour des centrales nucléaires françaises, à l'intérieur d'une zone de sûreté de 10 kilomètres, les habitants sont sensibilisés aux risques et doivent stocker des comprimés d'iode. Dans les Ardennes, autour de la centrale de Chooz, une campagne de renouvellement des pastilles d'iode est en cours auprès de la population. Si certains habitants connaissent les consignes et les appliqueront en cas d'accident nucléaire (se mettre à l'abri dans un bâtiment avec portes et fenêtres fermées, écouter la radio, prendre des cachets d'iode), d'autres les ignorent ou estiment que ces mesures sont dérisoires.

En cas d'accident nucléaire, la France n'est pas prête selon certains experts comme David Boilley de l'association pour le contrôle de la radioactivité dans l'ouest (Acro).

À LIRE AUSSI : Fermer la centrale nucléaire du Blayais serait une catastrophe économique pour la Gironde

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