Retour
Provence-Alpes-Côte d'Azur Corse Auvergne-Rhône-Alpes Grand Est Bourgogne-Franche-Comté Occitanie Nouvelle-Aquitaine Centre-Val de Loire Île-de-France Hauts-de-France Normandie Pays de la Loire Bretagne
  • Toute la France
  • Auvergne-Rhône-Alpes
  • Bourgogne Franche-Comté
  • Bretagne
  • Centre-Val de Loire
  • Corse
  • Grand Est
  • Hauts-de-France
  • Île-de-France
  • Normandie
  • Nouvelle-Aquitaine
  • Occitanie
  • Pays de la Loire
  • Provence-Alpes-Côte d'Azur
Changer de région
Centre-Val de Loire
Changer de région
Corse
Changer de région
Hauts-de-France
Changer de région
Normandie
Retour

Tchernobyl, 30 ans après : quelles conséquences en Alsace ?

-
Par , France Bleu Alsace, France Bleu Elsass
Alsace, France

Le nuage radioactif, apparu dans le ciel européen le 26 avril 1986, a bien contaminé notre région : 30 ans après la catastrophe nucléaire de Tchernobyl, l'Alsace en porte encore les stigmates dans ses sols. La présence de césium 137 est avérée, mais la population n'est pas en danger. Explications.

200 manifestants au pont de l'Europe pour les 30 ans de Tchernobyl ce dimanche
200 manifestants au pont de l'Europe pour les 30 ans de Tchernobyl ce dimanche © Radio France - Olivier Vogel

Le 26 avril 1986, survient l'accident nucléaire de Tchernobyl. Après l’explosion du réacteur numéro 4 de la centrale ukrainienne, un énorme nuage radioactif se forme au-dessus de l’Europe : il survolera plusieurs pays jusqu'à la côte Est des États-Unis. Sur son trajet, le nuage n'épargne pas la France : l'Alsace, la Corse et les Alpes sont touchées.

La façade Est de la France largement touchée par le nuage de Tchernobyl
La façade Est de la France largement touchée par le nuage de Tchernobyl © Radio France - Criirad

Contrairement à l'Ukraine, l'Hexagone n'a pas eu à déplorer de morts immédiates. Globalement, en Europe, le nombre exact de victimes reste indéterminé : l'association Greenpeace estime qu'il y a eu entre 100.000 et 400.000 décès. Pour sa part, en 2005, l'AIEA, l'Agence internationale de l'énergie atomique (sous l'égide de l'ONU), recense 4.000 morts en tout.

30 ans après, des séquelles en Alsace

Pourquoi certaines régions françaises ont-elles été fortement frappées ? Parce que la météo y était mauvaise. La pluie a fait retomber sur les sols les éléments radioactifs du nuage. Depuis 1986, de nombreux prélèvements et analyses ont été pratiqués en Alsace pour mesurer le taux de radioactivité. La conclusion, c'est que trente ans après, il reste des séquelles.

Quand on creuse un peu la terre alsacienne, Tchernobyl refait surface, explique Christian Courbon, technicien en chef qui a réalisé les derniers carottage en 2014 pour la CRIIRAD, la Commission de recherche et d'information indépendantes sur la radioactivité"On a fait beaucoup de carottages en Alsace à partir de 1990, à l'époque ils étaient financés par le Conseil régional et menés sur 66 sites. En 1998, on en a pratiqué de nouveaux sur 28 sites et en 2014, seules une demi-douzaine de mairies ont accepté d'en financer de plus récents, aidées par l'association Les Enfants de Tchernobyl."

Sur les six dernières communes testées, même constat :

Plus de 80% du césium 137 est toujours présent dans les 20 premiers centimètres du sol.

Le césium 137, c'est la signature de Tchernobyl, le poison qui émet des ondes dangereuses et qui voit sa puissance radioactive diminuer de moitié au bout de 30 ans. Il n'est pas présent sur les 8.280 km² de terres alsaciennes à même hauteur, il existe des foyers, précise Jean-Marie Brom, chercheur au CNRS : "C'est ce qu'on appelle des tâches de léopard. Le problème, c'est qu'avec les pluies et les orages, la terre bouge, les alluvions vont dans les rivières qui les déposent ailleurs, donc ces tâches se déplacent et évoluent avec le temps."

Ne pas confondre risque possible et danger mortel

Aujourd'hui, les exploitations agricoles sont saines, les forêts restent suspectes, prévient Christian Courbon : "On retrouve des accumulations de césium dans les baies, les champignons et le gibier, notamment le sanglier." Selon lui, le citadin serait moins exposé : "La cible privilégiée, c'est le campagnard qui fait de l'auto-consommation, alors que dans les villes, on mange des produits venus d'autres régions, du lait de Bretagne et des fruits du Sud-Ouest, qui présentent moins de risque."

Mais alors, manger local serait nocif ? Tout de même pas, tempère Jean-Marie Brom. Pour lui, il ne faut pas confondre risque et danger mortel : "Il y a présence de radioactivité, oui, mais pas à dose fatale. Moi, l'un de mes loisirs, c'est de faire du miel, mes abeilles vont butiner un peu partout, ça peut arriver que je trouve dans mon miel des atomes de césium ou de strontium, mais ce n'est pas grave, mon miel n'est pas phosphorescent pour autant."

D'après la CRIIRAD, treize villes alsaciennes ont été sérieusement contaminées en 1986.

Quelles conséquences en Alsace ? Explications de C. Courbon et J.-M. Brom

Des manifestations pour commémorer les 30 ans de la catastrophe ont eu lieu sur sept ponts alsaciens à la frontière franco-allemande ce dimanche, notamment au pont de l'Europe.

À lire en + : Tchernobyl trente ans après, une pollution radioactive toujours présente

À lire en + : Tchernobyl : "Il y a 30 ans, on nous a pris pour des idiots"

Choix de la station

À venir dansDanssecondess