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Climat – Environnement

Tchernobyl, 30 ans après : quelles conséquences en Rhône-Alpes ?

mardi 26 avril 2016 à 1:28 Par Virginie Salanson, France Bleu Drôme Ardèche, France Bleu Isère, France Bleu Pays de Savoie et France Bleu Saint-Étienne Loire

Trente ans après la plus grande catastrophe nucléaire de l'histoire, le Césium-137 relâché par le nuage radioactif dû à l'explosion de la centrale de Tchernobyl imprègne toujours notre environnement. En Rhône-Alpes, sols, plantes et animaux restent, à certains endroits, particulièrement radioactifs.

Il n'existe aucun bilan officiel du nombre de victimes françaises.
Il n'existe aucun bilan officiel du nombre de victimes françaises. -

Trente ans, jour pour jour, après l'explosion de la centrale ukrainienne de Tchernobyl, il n'est plus question de nier l'impact de cette catastrophe partout en France. Le 26 avril 1986, après une suite d'erreurs techniques, le réacteur numéro 4 de cette centrale explose, créant un gigantesque nuage radioactif. Aujourd'hui, trente ans après, les traces du nuage radioactif sont encore présentes partout en France, et notamment en Rhône-Alpes. C'est l'une des régions les plus touchées à l'époque, avec la Corse et l'Alsace.

Le Vercors, la Savoie, les Écrins

L'ACRO (Association pour le Contrôle de la Radioactivité dans l'Ouest) vient de publier les résultats d'un an et demi de prélèvements. Pas moins de 365 échantillons ont été étudiés, dont une quarantaine provient de la région Rhône-Alpes. Ils ont été prélevés par un réseau d'une centaine de "volontaires" en France et dans 13 pays européens. La conclusion tient dans une carte (à consulter en pied d'article)trente ans après, il reste des séquelles importantes en France et dans notre région.

Certains départements ont été plus fortement frappés que d'autres. Pourquoi? A cause de la météo, pluvieuse au mois de mai 1986. Pluie et neige ont fait retomber sur les sols les éléments radioactifs du nuage. Aujourd'hui encore, le Vercors, la Drôme et l'Isère, sont les plus touchés souligne Bruno Chareyron, le président de la CRIIRAD (la Commission de Recherche et d’Information Indépendantes sur la Radioactivité).

Vingt premiers centimètres au sol

Certaines zones d'altitude également, dans les Écrins ou plus au sud, dans le Mercantour, concentrent aujourd'hui des quantités incroyables de Césium-137. Cet élément radioactif, le seul persistant aujourd'hui, a une puissance dévastatrice qui diminue de moitié après 30 ans. Il se retrouve en moyenne "dans les vingt premiers centimètres du sol" détaille Bruno Chareyron : dans des alpages où des touristes se promènent, où des bergers travaillent, près des belvédères de haute-montagne ou de tables de pic-nic.

"Un seul rayonnement peut être à l'origine d'une pathologie", Bruno Chareyron

Taux 100 fois supérieur au seuil de tolérance

Aucune cartographie officielle n'existe, mais celles établies par l'ACRO ou la CRIIRAD recensent des taux de Césium-137 de 10.000 à 30.000 Becquerel / kg sec, là où 300 Bq / kg sec est la norme européenne maximale pour la venaison et la viande d'animaux d'élevage. Au col du Galibier ou celui du Mont-cenis, en Savoie, les taux mesurés par l'ACRO en juin 2015 vont de 6.600 à 26.500 BQ/ kg sec !

VIDÉO - Mesures de radioactivité en milieu alpin, par la CRIIRAD en 2014

Râcler la montagne

Aujourd'hui, la CRIIRAD demande à l'État français plusieurs choses : reconnaître qu'il n'a pas correctement protégé la population en 1986, ce afin de mieux la protéger si une telle catastrophe arrivait à nouveau en France ou en Europe; établir une cartographie précise des conséquences actuelles de Tchernobyl aujourd'hui, en France; en haute-montagne, dans les zones encore très radioactives fréquentées par des touristes ou les populations locales (alpages, sentiers de randonnées, table d'orientation etc...) racler le sol sur vingt centimètres afin de nettoyer ces zones. Pour l'instant, l'état n'a  pas donné suite à ces demandes.

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