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Climat – Environnement

Territoire de Belfort : le département vulnérable à la sécheresse doit revoir sa gestion de l'eau

lundi 25 septembre 2017 à 6:00 Par Gil Rebecca, France Bleu Belfort-Montbéliard

Entre la prise de compétence de la gestion de l'eau par les communautés de communes (à la place du département) et l'arrêté sécheresse toujours en cours depuis le 26 juin dernier dans le Territoire de Belfort, les élus s'inquiètent de la gestion de l'eau dans le département.

L'assèchement de la Savoureuse (ici à Lepuix) revient régulièrement chaque année
L'assèchement de la Savoureuse (ici à Lepuix) revient régulièrement chaque année © Maxppp -

Territoire de Belfort, France

Depuis plusieurs mois, certains élus s'inquiètent de la gestion de l'eau dans le Territoire de Belfort. Dans le département, les nappes phréatiques sont petites, trop petites, et géographiquement parlant, le Territoire de Belfort est placé en tête de bassin, il n'y a donc pas de rivières en amont. Seule l'eau de pluie peut donc remplir les nappes. La gestion de l'eau est pour l'instant entièrement du domaine du département, qui a en charge la compétence GEMAPI (Gestion des Milieux Aquatiques et Prévention des Inondations), mais cette compétence reviendra désormais aux communautés de communes, dans le cadre de la loi NOTRE.

"Nous n'avons ni les moyens financiers, ni le personnel nécessaire pour gérer cette compétence"

— Hervé Grisey, conseiller délégué à l'environnement et au GEMAPI dans la communauté de communes des Vosges du Sud

Dans le Nord Franche-Comté, 6 communautés de communes concernées : le Grand Belfort, le Sud Territoire et les Vosges du Sud, le pays d'Héricourt et Rahin et Chérimont en Haute Saône, et pays de Montbéliard Agglomération, dans lesquels se trouvent 8 bassins de rétention, qui permettent d’éviter les inondations. Parmi ces 8 bassins, 6 se trouvent géographiquement dans la communauté de communes des Vosges du Sud, qui va devoir recruter du personnel qualifier pour les prendre en charge : "Cela relève de l’impossible, explique Hervé Grisey, conseiller délégué à l'environnement et au GEMAPI dans cette communauté de communes. En situation de crise, nous avons besoin d’une quarantaine de personnes environ, pour donner l’alerte, intervenir sur les bassins. Nous n’en avons pas les moyens !", assure l'hydrogéologue.

Une taxe GEMAPI imposée aux propriétaires

La seule solution est de s’allier entre communautés de communes pour travailler en coordination, avec le département. La création d’un syndicat mixte ouvert en ce sens a été évoquée mais Damien Meslot, président du Grand Belfort, s’y oppose : "chacun doit assumer ses responsabilités" selon lui.

En attendant, dans le Grand Belfort, une taxe dite Gemapi a été instaurée. En réalité, elle existe déjà mais doit être votée dans chaque communauté d’agglomérations ou de communes, ce qui a été le cas cet été. Cette taxe sera directement prélevée chez les propriétaires sur leur impôt foncier. Son montant variera selon plusieurs critères, tels que le quotient familial ou encore les revenus imposables.

La sécheresse dans le Territoire de Belfort est à son comble

Les climatologues annoncent un climat équivalent à celui d'Avignon dans les 50 ans dans le Territoire de Belfort. Cette année, c’est la première fois qu’un arrêté sécheresse, pris par le préfet, dure aussi longtemps : il est toujours en cours depuis le 26 juin dans le département. Il est donc interdit de remplir sa piscine, d'arroser sa pelouse ou encore de laver sa voiture. Les terres sont sèches, et on n'arrive pas à remplir les nappes phréatiques. "Nous ne sommes pas capable de stocker l’eau, et quand il en coule beaucoup, elle s’écoule et ne remplit pas les nappes, d’après Guy Miclo, président du syndicat des eaux de Giromagny. Dans les années passées, il y a déjà eu des réflexions sur ce thème de retenue d’eau, et des solutions ont été trouvées. Nous devons donc tous nous mettre autour d’une table pour en trouver de nouvelles, sinon nous serons confrontés rapidement à des problèmes très importants de sécheresse qui toucheront directement les usagers", précise-t-il.

Comment améliorer la gestion de l’eau ?

Parmi les pistes envisagées pour améliorer la gestion de l’eau, le raccordement au bassin de Champagney, mais il faudrait pour cela vider la moitié du bassin afin de nettoyer les canalisations et cela coûterait cher. Autre solution possible : le forage, à Delle par exemple, seulement l’eau est en faible quantité mais surtout de mauvaise qualité. Il faut donc limiter à tout prix les fuites d'eau, travailler sur les réseaux pour améliorer le rendement, et retenir le plus possible l’eau sur le territoire. Dernière précaution : consommer moins d’eau, et cela nous concerne tous dans nos petits gestes du quotidien. Pour Guy Miclo, "il faut réfléchir maintenant à des solutions pour éviter le pire". Une réunion est justement organisée en préfecture le 13 octobre prochain, tous les acteurs de la gestion de l'eau dans le département y discuteront des solutions envisageables.