Climat – Environnement DOSSIER : Le gaz de schiste en France

Total récupère son permis d'exploration de gaz de schiste de Montélimar

Par Stéphane Milhomme et Germain Treille, France Bleu Drôme-Ardèche jeudi 28 janvier 2016 à 17:01 Mis à jour le jeudi 28 janvier 2016 à 17:15

Des opposants lors d'une manifestation contre le gaz de schiste à Montélimar.
Des opposants lors d'une manifestation contre le gaz de schiste à Montélimar. © Radio France - Nathalie Rodrigues

Le tribunal administratif de Cergy-Pontoise (Val-d'Oise) a validé ce jeudi le recours du groupe pétrolier. Total récupère donc son permis d'exploration dit de Montélimar. C'est une mauvaise nouvelle pour les opposants au gaz de schiste en Drôme et Ardèche.

Ce n'est pas une surprise. Le tribunal a suivi l'opinion du rapporteur public. Il y a trois semaines, il avait justifié le recours de Total en se basant sur un rapport technique de l'entreprise. Total affirme depuis des années pouvoir rechercher du gaz de schiste sans faire appel à la fracturation hydraulique, ce qui est interdit en France. Mais le groupe reste flou sur les moyens qu'il pourrait mettre en oeuvre pour faire des forages.

Une brèche dans la loi

Pour les opposants, la décision de la justice administrative représente une brèche dans la loi sur la fracturation hydraulique. C'est pourquoi ils en appellent désormais au gouvernement pour s'opposer fermement et définitivement à toute tentative d'exploration et d'exploitation de gaz de schiste en France. L'eurodéputée drômoise Michèle Rivasi souhaite que l’État fasse appel de la décision rendue à Cergy-Pontoise.

Sentiment que partage aussi son collègue José Bové, lui aussi eurodéputé EELV :

José Bové : "j'attends que Ségolène Royal fasse appel du jugement"

Réaction également du député socialiste et ancien président du conseil général de l'Ardèche, Pascal Terrasse :

Son successeur à la tête du conseil départemental de l'Ardèche, le socialiste Hervé Saulignac appelle à la mobilisation :

"Nous avons obtenu en 2011 un premier arrêt de ces projets dangereux pour notre environnement, notre qualité de vie et dont surtout nul ne connait l’impact dans le temps et pour les générations futures. Cette victoire due à la mobilisation des populations et des élus était fragile, nous le savions. La mobilisation doit être forte aujourd’hui, pour redire notre détermination à empêcher ces multinationales de mettre leurs projets à exécution."

Cela dit, Total ne peut en aucun cas commencer d'éventuelles recherches puisque le permis de Montélimar, accordé en 2010, n'est plus valable depuis mars de l'an dernier. Pour forer, le groupe pétrolier doit désormais demander un renouvellement de ce permis. La semaine dernière, son PDG disait qu'il n'irait pas au conflit avec les élus et les habitants des cinq départements concernés dont la Drôme et l'Ardèche. Prudents, les collectifs anti-gaz de schiste restent mobilisés, ils préparent une grande manifesation qui se déroulera dans le Gard le 28 février.

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