Climat – Environnement

Traitements et astuces en Bourgogne pour lutter contre la pyrale du buis

Par Jacky Page, France Bleu Bourgogne jeudi 10 août 2017 à 6:00

Dans le jardin de la maison Jacques Copeau à Pernand-Vergelesses, les buis détruits par la pyrale ont été remplacés par une variété de houx.
Dans le jardin de la maison Jacques Copeau à Pernand-Vergelesses, les buis détruits par la pyrale ont été remplacés par une variété de houx. © Radio France - Jacky Page

Les jardiniers viennent de procéder à un nouveau traitement biologique contre la pyrale du buis qui menace les jardins à la française. Certains arrachent les buis, d’autres luttent coûte que coûte. Des astuces s’échangent sur les réseaux sociaux.

C'est une espèce de papillon nocturne invasive venue d'Asie. Très prolifique, la pyrale du buis se répand rapidement en France, et comme son nom l'indique, sa chenille ne mange que du buis, au point de tuer la plante. En Bourgogne, les propriétaires de jardins à la française sont inquiets. Les bordures de buis du jardin botanique de l’Arquebuse à Dijon viennent d’être traitées pour la troisième fois de l’année avec une pulvérisation de bacillus thuringiensis, une bactérie qui tue les chenilles.

Il existe aussi des pièges à phéromones, qui attirent et capturent les papillons mâles. Un jardinier doute de l’efficacité de cette méthode : « les papillons captent les phéromones jusqu’à trente kilomètres de distance. On attire donc sur une zone peu infestée de nombreux mâles ». Des mâles qui avant d’arriver au piège vont rencontrer des femelles, les féconder et propager le fléau.

Du houx pour remplacer le buis

Dans le jardin classé de la maison Jacques Copeau à Pernand-Vergelesses, on a opté pour une solution radicale. La pyrale avait ravagé les 1200 buis du jardin à la française conçu il y a 90 ans pour le célèbre homme de théâtre. Sur les conseils du jardin des sciences de Dijon, les buis ont été arrachés et remplacés par une variété de houx qui ressemble beaucoup au buis et se taille de la même façon. C’est une équipe d’un chantier d’insertion Remparts qui a procédé à l’opération durant l’été 2016. Il faudra une dizaine d’années avant que les jeunes plants de houx restituent au jardin son bel aspect d’autrefois.

Une astuce toute simple testée avec succès dans le parc d'un château à Cuiseaux

L’arrachage, Gilles de Courtivron ne veut pas en entendre parler. Il possède des milliers de buis dans le parc de sa demeure, l'hôtel Nayme à Cuiseaux, et fait tout pour lutter contre les attaques de pyrale. Il a investi dans un pulvérisateur thermique pour atteindre les moindres recoins des buissons, et renouvelle régulièrement les traitements. Dernièrement, sur les réseaux sociaux, il a déniché une astuce vantée par le propriétaire d'un terrain de camping : placer la nuit, sous des lampes, des bassines remplies d'un mélange d'eau et de liquide vaisselle. Les papillons y sont attirés et s'y noient en masse. Gilles de Courtivron a voulu essayer cette méthode : « le premier soir, alors qu’il n’y avait que quatre papillons dans le piège à phéromones, il y en avait environ 200 dans la bassine ».

Encouragé par ce succès, le châtelain persévère. Après avoir utilisé de simples lampes de chevet pour apporter l’éclairage nécessaire à ses pièges au liquide vaisselle, il vient d’acheter des lampes solaires qui se rechargent durant la journée. Et l’expérimentation se poursuit : « une bassine rouge avait l’air plus efficace qu’une bleue ». Mais, prudent, il ajoute que son expérimentation est empirique. En tout cas, elle semble efficace et pour le moins économique. Elle séduit les jardiniers internautes, et certains affirment même qu’une marque bien connue de liquide vaisselle attirerait davantage la pyrale du buis…