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Transports

Transition écologique : la voiture, indispensable au quotidien dans les villages de l'Hérault

lundi 3 décembre 2018 à 4:41 Par Marie Rouarch, France Bleu Hérault et France Bleu

À l'heure de la transition écologique et de la réduction des émissions de carbone, un fort accent est mis sur le développement des transports en commun. Mais en milieu rural, c'est un mode de transport inadapté, estiment le maire et les habitants de Péret, dans l'Hérault.

À Péret, l'arrêt de bus de la commune est desservi trois fois par jour dans le sens Fontès - Montpellier
À Péret, l'arrêt de bus de la commune est desservi trois fois par jour dans le sens Fontès - Montpellier © Radio France - Marie Rouarch

Peret, France

La lutte contre le réchauffement climatique : le sujet est largement débattu depuis des mois, tout spécialement en cette semaine du 4 décembre, avec la Cop 24, en Pologne. Pour limiter les émissions de carbone, la réduction du recours à la voiture est souvent présentée comme une solution. Avec en parallèle, le développement des transports en commun ou de la "mobilité douce". Mais au cœur de l'Hérault, à Péret, on ne se sent pas franchement concerné par ces recommandations.

La commune est desservi par la ligne 306 du Conseil départemental, trois cars par jour dans le sens Fontès-Montpellier, trois rotations également dans l'autre sens. "Les horaires ne sont pas adaptés, estime Annie, une Péretoise, je ne vais pas prendre le bus pour Clermont-l'Hérault et devoir attendre quatre heures pour rentrer chez moi !" Alex, lui, juge "convenable" la desserte vers Clermont-l'Hérault. en revanche, "vers Pézenas, c'est minable !"

Indispensable voiture

Alors, à la question "utilisez-vous les transports en commun ?", les habitants de Péret répondent très souvent "non, je prends ma voiture". Les justifications reviennent toujours au même : "Je travaille hors de la commune, sur des trajets qui ne sont pas desservis par les bus" ou "c'est quand même plus pratique d'être en voiture et de pouvoir partir quand on veut, où on veut". 

La voiture reste donc un outil indispensable, incontournable pour les habitants du monde rural. "Comment voulez-vous faire autrement ?" s'interroge Pierre "et pour ceux qui ne conduisent pas, il y a toujours la solution de faire appel à un voisin ou à un autre Péretois". _"_Clairement, il faut la voiture pour sortir d'ici", s'amuse Agnès. Pour Alex, la question des transports en commun se résume à un cercle vicieux : "il n'y a pas vraiment de demande, les cars sont quasiment vides, parce que l'offre n'est pas adaptée. Et moins l'offre est adaptée, moins les gens ont tendance à prendre les transports en commun".

Quelles solutions alors ? "Le développement du transport à la demande" suggère Alex. Agnès elle, pense que les habitants de Péret "peuvent s'en sortir avec le covoiturage". Bien qu'aucune aire de covoiturage officielle n'existe sur la commune. Mais pour le maire de Péret, Christian Bilhac, même cette solution a ses limites : "il faut que les horaires et les trajets coïncident ! Une personne qui embauche à 5h30 dans un supermarché ne peut pas faire de covoiturage !"

Les transports en commun ne sont pas adaptés au monde rural - Christian Bilhac, maire de Péret

L'élu, également président de l'association des maires de l'Hérault, estime qu'il faut en finir avec les solutions conçues par des urbains, pour les urbains. "Il y a une méconnaissance profonde du milieu rural de la part des hauts dirigeants. Ils ne raisonnent qu'à partir d'une conscience urbaine. On ne va pas faire circuler des bus de cinquante personnes pour transporter une personne. On serait dans l'absurdité la plus complète, de faire circuler un véhicule qui pollue plus pour transporter le même nombre de personnes qu'un véhicule qui pollue moins. " 

Christian Bilhac appelle à prendre en compte les spécificités du monde rural, un monde dans lequel on ne peut pas se passer de la voiture individuelle pour aller travailler.