Climat – Environnement

Transition énergétique : l'île de Sein bientôt alimentée par des énergies 100% renouvelables?

Par Typhaine Morin et Jean Saint-Marc, France Bleu Breizh Izel mercredi 30 juillet 2014 à 17:38 Mis à jour le mercredi 30 juillet 2014 à 18:11

L'île de Sein, au large du Finistère
L'île de Sein, au large du Finistère © MaxPPP/Philippe Cherel

Des habitants de l'île de Sein, au large de la pointe du Raz dans le Finistère, comptent bien profiter du projet de loi sur la transition énergétique pour avancer leurs pions. Depuis 2008, un collectif bataille pour abandonner le fioul au profit des énergies renouvelables. Et devenir autosuffisants.

Aujourd'hui, sur un réseau électrique, la part de l'énergie renouvelable ne peut pas dépasser les 30%. C'est la règle. Mais avec la nouvelle version du projet de loi de transition énergétique présenté ce mercredi en conseil des ministres et le débat qui aura lieu en octobre à l'Assemblée nationale, la société de l'île de Sein énergie (IDSE) compte bien faire avancer sa cause. Et faire passer un amendement qui créera une exception à la règle : permettre des expérimentations dans les îles de moins de 100.000 habitants non connectés au réseau, et devenir ainsi un laboratoire des énergies renouvelables.

Car aujourd'hui, le réseau électrique de l'île de Sein est complètement alimenté par du fioul. Ce qui représente une consommation de 420.000 litres par an . Et un coût pour le contribuable, puisque cette électricité coûte neuf fois plus cher à produire que sur le reste du territoire. Ce surcoût est financé par la Contribution au service public de l'électricité (CSPE), une taxe payée par tous les consommateurs de France pour aider les territoires dans lesquels l'énergie est plus chère. Pour l'île de Sein, cela représente 450.000 euros par an .

Localisation de l'île de Sein, dans le Finistère - Aucun(e)
Localisation de l'île de Sein, dans le Finistère

Dans une île qui compte 330 maisons et 140 habitants l'hiver , où le vent, les courants marins et le soleil ne manquent pas, deux projets s'affrontent pour l'avenir énergétique de Sein.

Le gardien du phare contre la municipalité

D'un côté celui du gardien du phare, Serge Coatmeur, soutenu par 40 actionnaires locaux, qui a monté IDSE et souhaite passer à une énergie 100% verte. Avec ce projet de loi, il souhaite faire passer un amendement pour permettre à l'île d'expérimenter l'éolien, l'hydrolien et le solaire . Pour financer ce plan, il espère recevoir une partie de la CSPE - aujourd'hui perçue par EDF - et l'investir dans le développement d'éoliennes ou d'hydroliennes.

De l'autre, le projet du maire actuel, Dominique Salvert, en partenariat avec EDF. Pour l'édile, sa priorité est d'abord de réduire la consommation d'électricité de l'île , mais il ne souhaite pas passer au 100% renouvelable. Son objectif est, à moyen terme, d'installer une à deux éoliennes sur l'île, ce qui représenterait 15 à 30% de la consommation. Le projet de loi de transition énergétique pourrait permettre de rendre plus accessible l'installation d'éoliennes dans un territoire appartenant au réseau Natura 2000 et protégé par la loi Littoral

Et ces deux projets divisent profondément l'île , au point que certains amis très proches ne s'adressent plus la parole. Mais les deux camps en sauront plus sur la faisabilité de leurs plans à l'automne. Les députés examineront le projet de loi de transition énergétique à partir du 1er octobre à l'Assemblée nationale.