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Climat – Environnement

Il est trop tard pour éliminer le frelon asiatique en Ile de France

mardi 5 mars 2019 à 0:41 Par Nathalie Doménégo, France Bleu Paris

Le frelon asiatique est arrivé en France en 2004. Dix ans plus tard, il gagnait l'Ile de France. S'il est désormais trop tard pour éradiquer ce tueur d'abeilles, les apiculteurs tentent comme ils le peuvent d'en limiter son développement exponentiel.

© Maxppp -

Vert-Saint-Denis, Île-de-France, France

D'ici quelques jours, le frelon asiatique va sortir de son hibernation. A cette époque de l'année, il ne s'agit que de femelles. Elles sont appelées les mères fondatrices et vont donner naissance tout au long de l'année à 1.500 à 2.000 frelons. Au final, elle engendreront en moyenne cent autres mères fondatrices  qui à leur tour sortiront de leur hibernation l'an prochain. Ce qui explique la croissance exponentielle de l'espèce, puisqu'elles se multiplient par cent d'année en année. 

Les apiculteurs le savent : le frelon asiatique ne pourra jamais être éradiquer en France. Il est trop tard. Aucune politique sanitaire, aucune stratégie n'a été mise en place par le gouvernement, et plus précisément le ministère de tutelle qui est l'Agriculture, regrette l'Unaf, l'Union national de l'Apiculture en France. 

Le frelon asiatique est arrivé sur le sol Français en 2004, au port de Bordeaux : caché dans des poteries chinoises, stocké dans des containers. La marchandise a été acheminée dans le Lot et Garonne.  Lors du déballage des pots, la reine frelon s'est échappée pour fabriquer son premier nid et y élever ses larves.

Quinze plus tard, l'espèce couvrait tout le territoire ainsi que les pays frontaliers. Le frelon asiatique est arrivé en Ile de France en 2014.

Gérard Bernheim est apiculteur à Vert Saint Denis (77) et secrétaire du Groupement de Défense Sanitaire Apicole en Seine et Marne. Il a constaté l'an dernier la perte de 200 de ses abeilles, tuées par le frelon asiatique. Il les a même vues se faire "kidnapper" : le frelon se tient en vol stationnaire, devant la ruche, dos à la ruche explique t-il. Il attend l'abeille qui rentre à la ruche. Il se précipite sur elle, l'emporte, lui coupe la tête et le thorax pour ne conserver que l'abdomen, riche en protéines. Nourriture qu'il donne à manger aux larves de son nid.

 Gérard Bernheim, apiculteur à Vert Saint Denis (77), référent frelon, et secrétaire du groupement de défense sanitaire apicole en Seine et Marne.  - Radio France
Gérard Bernheim, apiculteur à Vert Saint Denis (77), référent frelon, et secrétaire du groupement de défense sanitaire apicole en Seine et Marne. © Radio France - Nathalie Doménégo

Gérard Bernheim installe des pièges à frelons près de ses ruchers. Il fabrique un cocktail de sirop, bière, de vin blanc et de banane, qu'il place dans un gobelet ou une bouteille en plastique, suspendu à un arbre ou à une palissade. Et il ne faut surtout pas les enlever, une fois qu'ils sont à l'intérieur : un frelon attrapé attire les autres, confie cet apiculteur de Vert Saint Denis, également "référent frelon".

Gérard Berhneim est référent frelon : il a suivi une formation, dispensée par la Fredon (fédération régionale de défense contre les organismes nuisibles). Il sait comment anéantir un nid de frelon et peut être appelé par des municipalités ou des particuliers pour détruire les nids de frelons asiatiques. 

 Gérard Bernheim, apiculteur à Vert Saint Denis (77), référent frelon, et secrétaire du groupement de défense sanitaire apicole en Seine et Marne.  - Radio France
Gérard Bernheim, apiculteur à Vert Saint Denis (77), référent frelon, et secrétaire du groupement de défense sanitaire apicole en Seine et Marne. © Radio France - Nathalie Doménégo
Intérieur d'un nid de frelon asiatique - Radio France
Intérieur d'un nid de frelon asiatique © Radio France - Nathalie Doménégo

Après avoir constaté les dégâts causés par le frelon sur ses ruches, les étés précédents, Gérard Bernheim a fabriqué une "muselière" : une cage qu'il place à l'entrée de la ruche, qui permet aux abeilles d'entrer et sortir de l'habitacle sans être inquiété par le frelon qui lui n'ose pas franchir les grilles. Pour cet apiculteur de Seine et Marne, il a constaté la différence de comportement de ses abeilles, grâce à cette muselière : elles ne sont plus stressées.

La Fredon (fédération régionale de défense contre les organismes nuisibles) tient à alerter les particuliers sur les méthodes employées dans la destruction des nids. De plus en plus d'entrepreneurs du secteur 3D (dératisation, désinfection, désinsectisation) ont compris le potentiel que représentait le frelon asiatique et proposent leurs services, parfois à des prix exorbitants, estime Gerard Bernheim, sans utiliser les bonnes méthodes. Ces bonnes méthodes sont enseignées notamment par Céline Magen, de la Fredon. Elle explique qu'il vaut mieux faire appel à un professionnel reconnu, un référencé département par département, sur leur site internet ou sur celui de l'Unaf.

Méfiez vous des entreprises qui interviennent de jour pour détruire un nid, explique Céline Magen : les frelons n'y sont jamais en journée. C'est la nuit qu'il faut agir, lorsque le nid héberge et les larves et les fondatrices, et les ouvrières. 

Céline Magen, phytopathologiste à la Fredon (Fédération régionale de défense contre les organismes nuisibles) - Radio France
Céline Magen, phytopathologiste à la Fredon (Fédération régionale de défense contre les organismes nuisibles) © Radio France - Nathalie Doménégo

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