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Climat – Environnement

Un animal en voie d'extinction découvert à Bayonne

mardi 12 mars 2019 à 20:26 Par Thibault Vincent, France Bleu Pays Basque, France Bleu et France Bleu Béarn

Un vison d'Europe a été capturé, puis relâché, le 6 mars dans la zone des Barthes de la Nive à Bayonne par une technicienne de la Plaine d'Ansot. Cette espèce, en voie critique d'extinction, n'a plus été observée dans les Pyrénées-Atlantiques depuis 2005. La France ne compte plus que 250 individus.

Le vison d'Europe capturé puis relâché le 6 mars 2019 à Bayonne est reconnaissable à sa tâche blanche au dessus de la lèvre supérieure
Le vison d'Europe capturé puis relâché le 6 mars 2019 à Bayonne est reconnaissable à sa tâche blanche au dessus de la lèvre supérieure - Ville de Bayonne

Bayonne, France

C'est une découverte tout aussi inattendue qu'importante qui a été faite le 6 mars à Bayonne. Un vison d'Europe, espèce réputée disparue dans les Pyrénées-Atlantiques, a été capturé, puis relâché, par l'équipe du pole gestion des espaces naturels de la Plaine d'Ansot, qui dépend de la municipalité. Une source d'espoir pour les techniciens et cet animal en voie critique d'extinction.

«La première fois que j'en voyais»

Rien ou presque ne différencie visuellement le vison d'Europe, espèce qui ne compte plus que 250 individus en France, l'un des 5 pays où elle est encore présente, de son cousin d'Amérique, espèce invasive introduit par les tanneries, qui lui prolifère. Seule une petite tâche blanche au-dessus de la lèvre supérieure permet de faire la différence.

La technicienne du service gestion des espaces naturels de la Plaine d'Ansot ne s'est d'ailleurs pas aperçue tout de suite de sa découverte. "Sur l'instant, je ne me suis pas posé la question, je ne pensais pas.... C'est la première fois que j'en voyais un en plus", explique Gaëlle, incrédule. "On a pas osé se dire que ça pouvait être cela", renchérit Silviana, sa chef de service.

Victime de la destruction de son habitat

L'animal a été pris au piège lors d'une campagne de capture de visons d'Amérique, menée périodiquement par la Ville de Bayonne et la Communauté d'Agglomération avec le concours du Département. Ce cousin venu d'outre-atlantique, introduit en Europe pour sa peau, s'est mieux adapté aux conditions et prolifère désormais sur les anciennes zones d'habitat du vison d'Europe dont il prend la place.

En voie de disparition, en raison de la destruction et du fractionnement de son habitat du fait de l'urbanisation, mais aussi de la construction de routes - le dernier spécimen découvert au pays basque en 2005 avait été percuté par un véhicule sur la deux fois deux voies entre Bayonne et Cambo - et donc de l'invasion du cousin d'Amérique, le vison d'Europe fait l'objet d'un Plan National d'Action mené par l'Office National de la Chasse et de la Faune Sauvage (ONCFS).

«C'est plutôt bon signe»

La découverte à Bayonne est donc inattendue pour Silviana : "Au début (après la découverte de 2005, ndlr), on fantasme d'avoir cette espèce dans nos cages. Et puis à force d'années, de travail, on finit tous par se dire que c'est une espèce qui a totalement disparu du coin. On ne peut pas s'imaginer pouvoir attraper un jour une espèce comme celle-là"

Ce retour du vison d'Europe, un mâle en l'occurence - ils sont capables de parcourir jusqu'à 80 kilomètres pour trouver une femelle - est donc une très bonne nouvelle. "Cela veut dire qu'il y a une augmentation de son territoire", se réjouit Silviana. Mais elle mesure tout de même son enthousiasme : "Ca ne veut pas dire, parce qu'on a découvert un sujet, qu'une espèce est à nouveau viable. Mais le fait d'avoir une aire de répartition qui augmente, c'est plutôt bon signe pour une espèce."

Une récompense pour le travail accompli

Une découverte qui devrait entrainer une attention, et peut-être des études, plus poussée sur les zones des Barthes de la Nive maritime de la part des services spécialisés, à l'instar de l'ONCFS. 

Pour le pole de gestion des espaces naturels de Bayonne, c'est surtout une source d'espoir et une récompense du travail accompli notamment pour la restauration des zones humides. A la plaine d'Ansot on avait jamais vu autant d'espèces, devenues rares dans la zone (oies sauvages, grues, piafs...) que ces derniers mois.