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Climat – Environnement

Un capitaine de l'Azura jugé à Marseille : son navire rejetait trop de souffre

dimanche 8 juillet 2018 à 20:34 Par Sarah Nedjar, France Bleu Provence

Contrôlé en mars dernier dans le port de Marseille, le paquebot "l'Azura" rejetait bien plus de soufre dans l'air que la réglementation ne l'autorise. Le capitaine du navire encourt une peine d'un an d'emprisonnement et 200.000 euros d'amende.

L'Azura est un navire de croisière géant, de 300 mètres de long, et plus de 3.000 places à bord.
L'Azura est un navire de croisière géant, de 300 mètres de long, et plus de 3.000 places à bord. © Maxppp -

Marseille, France

Un capitaine de navire de croisière doit être jugé lundi devant le tribunal correctionnel de Marseille pour avoir enfreint les normes anti-pollution. La comparution du capitaine de L'Azura, un géant des mers de 300 mètres de long et qui peut accueillir jusqu'à 3.000 passagers, est sans précédent sur le littoral méditerranéen et probablement en France.  L'homme, qui n'est pas Français mais dont la nationalité n'a pas été précisée avant le procès, risque en théorie un an de prison et 200.000 euros d'amende

Un taux de soufre rejeté dans l'air bien supérieur à la norme européenne

Le fioul bon marché brûlé par le paquebot avait été contrôlé le 29 mars dans le port de Marseille, dépassant les valeurs limites en souffre des normes européennes anti-pollution.  La teneur en soufre relevée atteignait 1,68%, au-dessus de la limite de 1,50% inscrite dans la loi fin 2015 pour les navires transportant des passagers en Méditerranée. 

Pour les autres bateaux, la limite est à 3,5%.  Le capitaine avait été auditionné quelques jours plus tard lors d'une escale dans le Var, et il avait reconnu les faits. L'emploi de fioul ne respectant pas les normes en vigueur permet en général aux compagnies de limiter leurs coûts.

Une première judiciaire en France

En annonçant en avril engager des poursuites à l'encontre de ce capitaine de navire, le procureur de la République Marseille Xavier Tarabeux avait frappé un coup en matière de lutte contre la pollution atmosphérique. 

La pollution générée par les navires, de plus en plus gros, qui brûlent un fioul lourd et très néfaste, est un point noir dans la cité phocéenne, premier port de France et qui mise gros sur le développement des croisières.  D'une manière générale, les normes de pollution des navires seront nettement durcies à partir du 1er janvier 2020, pour tous les types de navires, avec une teneur en souffre abaissée à 0,5% pour tous.