Climat – Environnement

Un "escalier" à poissons sur l'Allier

Par Juliette Micheneau, France Bleu Pays d'Auvergne jeudi 3 novembre 2016 à 6:00

Vue de drône, l'aménagement de passes à poissons sur l'Allier à hauteur de Beauregard-l'Evêque
Vue de drône, l'aménagement de passes à poissons sur l'Allier à hauteur de Beauregard-l'Evêque

Pour "effacer" un obstacle devenu infranchissable pour les poissons qui remontent l'Allier, deux passes à poisson viennent d'être aménagées à hauteur de Beauregard-l'Evêque. Elles ont été mises en eau ce vendredi. On vous explique le fonctionnement.

Une fois remises en eau, on distingue à peine ces deux passes à poissons aménagées sur l'Allier à hauteur de Beauregard-l'Evêque. Un chantier impressionnant puisqu'il a fallu mettre une partie de la rivière à sec. On découvre alors le fond du problème : à cet endroit appelé le "seuil des Madeleines", le lit de l'Allier s'est tellement creusé qu'on atteint la roche. De grandes dalles blanches de marne qui s'arrêtent net. Voilà nos poissons face à un obstacle naturel de 3 mètres de haut dans un bras, 1,50 mètres dans l'autre.

La roche qui forme le lit de l'Allier a été creusée pour "effacer" l'obstacle naturel du seuil des Madeleines. - Aucun(e)
La roche qui forme le lit de l'Allier a été creusée pour "effacer" l'obstacle naturel du seuil des Madeleines.

Didier Borrel, directeur adjoint de la direction départementale des territoires du Puy-de-Dôme explique le principe de la passe à poissons.

Ce seuil des Madeleines était devenu quasi-infranchissable pour le saumon, alors imaginez pour des poissons beaucoup moins sportifs comme l'anguille ou le brochet... La solution a donc été de creuser directement la roche pour former des petits bassins de 10 à 12 mètres de diamètres et qui vont s'enchaîner par palier de 30 centimètres, une hauteur beaucoup plus accessibles.

La première passe s'étale ainsi sur une centaine de mètres, la deuxième deux fois moins. Le tout contrôlé par des verrous qui permettent de cibler le débit d'eau dans l'ouvrage et qu'il faudra vérifier chaque année. Les kayakistes expérimentés pourront, si le niveau de la rivière le permet, traverser à cet endroit. La berge a également été aménagée pour débarquer à cet endroit et contourner à pied.

Saumon, brochets et autres gardons circulent désormais sans entrave et contribuent ainsi à l'équilibre écologique de l'Allier. Ce chantier, identifié dans le cadre des objectifs du Grenelle de l'environnement a coûté 400 000 euros.