Climat – Environnement

Un froid loin des records historiques en Creuse

Par Maxime Tellier, France Bleu Creuse mercredi 18 janvier 2017 à 18:09

Une sortie de canalisation prise par le gel à Royère-de-Vassivière le 18 janvier 2017
Une sortie de canalisation prise par le gel à Royère-de-Vassivière le 18 janvier 2017 © Radio France - Maxime Tellier

Les températures sont 5 à 10 degrés en dessous des normales saisonnières en cette mi-janvier 2017. Une vague de froid loin d'être inédite en Creuse : dans le passé, le mercure est descendu bien plus bas.

A Guéret, le record le plus récent date du 5 février 2012, -17° enregistré par Météo France. Pour le record absolu, il faut remonter au mois de février 1956 : le thermomètre avait atteint les -26° sous abri. Un épisode dont les Creusois se souviennent encore, "j'avais 21 ans à l'époque, étudiant à l'école normale de Guéret (actuel IUFM) et je pratiquais le cross-country", raconte Guy Marchadier, l'historien maison de France Bleu Creuse, "nous faisions un championnat pas loin du cimetière et je me rappelle qu'à l'arrivée, mon entraîneur m'a dit "Guy, ta main !", elle était toute blanche à cause du froid. Il a fallu faire de nombreux bains chauds pour la rétablir et je n'ai pas pu m'en servir pendant longtemps".

Patrick Léger, président de la société des sciences de la Creuse, se souvient aussi de cet hiver 1956 : "j'étais tout petit, j'avais quatre ans, mon grand-père m'avait emmené dehors pour une promenade, on s'était approché d'un buisson où il y avait des petits oiseaux mais en m'approchant, aucun ne s'était envolé ! Mon grand-père a voulu en prendre un mais les pattes ont cassé... Elles avaient gelé sur le buisson et se sont brisées comme du verre. Et je sais qu'en 57, l'année suivante, mon grand-père m'a dit 'on ne mangera pas d'escargot, il n'y avait plus d'escargot dans la Creuse."

Les hivers les plus rudes sont mentionnés dans les registres paroissiaux

Plus loin dans le temps, il n'y a plus de témoin vivant pour raconter les épisodes les plus froids. Patrick Léger enfile alors son costume d'historien et se plonge dans les registres paroissiaux de l'Ancien Régime. Au XVIIe siècle, la Creuse n'existe pas encore mais "le curé de la Celle-Dunoise note que le 15 décembre 1659, les neiges et les glaces couvrent les terres trois mois ou plus. La glace est si épaisse que les charrettes lourdement chargées passent aisément sur la Creuse gelée. Le jour du mardi gras, 10 février 1660, les habitants de la Celle jouent à la boule sous le pont où le curé compte 19 personnes sur la glace en même temps."

"En décembre 1676, la terre est trop gelée pour pouvoir inhumer les défunts", registre paroissial de la Celle-Dunoise

Le 16 décembre 1676, un curé raconte aussi "le sol est tellement gelé qu'il est parfois impossible de creuser la terre, ce qui contraint les curés d'ensevelir les défunts dans les églises. En janvier 1709, même les rivières les plus larges gèlent complètement et la glace atteint 12 pouces d'épaisseur (30 cm). 70 ans ans plus tard, au début du mois de janvier 1779, le froid est si intense qu'à Limoges, la Vienne est entièrement prise par la glace."*

Si les histoires sur le climat vous intéresse, Météo France met en ligne des ressources sur le sujet : sur les vagues de froid et sur l'évolution du climat. On y apprend que les températures moyennes ont augmenté d'1,5 degré en 50 ans en Limousin.

Ci-dessous, vos souvenirs des hivers les plus froids en Creuse ;-)