Climat – Environnement

Un manque de pluie mais pour l'instant, officiellement, pas de "sécheresse" en Bourgogne-Franche-Comté

Par Thomas Nougaillon, France Bleu Bourgogne vendredi 14 avril 2017 à 15:44

Gilles Lambert est exploitant agricole il exploite 90 hectares de terres en "bio" sur les communes de Dijon, Chevigny et Quétigny certaines de ses productions manquent d'eau
Gilles Lambert est exploitant agricole il exploite 90 hectares de terres en "bio" sur les communes de Dijon, Chevigny et Quétigny certaines de ses productions manquent d'eau © Radio France - Thomas Nougaillon

C'est vrai que les mois de décembre et janvier ont été particulièrement secs. Par endroit, il n'a pas plu du tout depuis deux mois. Mais contrairement aux apparences la Bourgogne-Franche-Comté n'est pas en période de sécheresse pour le moment.

Météo France Dijon confirme d'ailleurs que l'on a depuis plusieurs semaines un déficit de précipitations par rapport à la moyenne des trente dernières années. Mais pour l'instant nous sommes loin de connaître une situation exceptionnelle... Même si certaines nappes phréatiques sont un peu basses. Selon les statistiques qui sont réalisées sur ce que l'on appelle "des périodes de recharge" (des périodes qui vont de septembre à mars) les déficits constatés sur certaines de ces nappes sont de 20 à 30%.

Situation normale ou presque dans le Châtillonnais et l'Auxois

Avec de grosses disparités selon les endroits. Dans certaines régions la situation est presque tout à fait normale comme dans le Châtillonnais et l'Auxois par exemple... Alors que dans d'autres -comme le Nord de l'Yonne- le déficit en eau est proche des 40%. Cela va même jusqu'à 47% du côte de Vesoul en Haute-Saône si l'on considère la partie la plus touchée de notre Région.

Le cas d'un maraicher de l'agglomération dijonnaise

Gilles Lambert est exploitant agricole à Quétigny. Il possède 90 hectares de terres qu'il exploite en "bio" sur les communes de Dijon, Chevigny et Quétigny. Surtout céréalier, il fait aussi un peu de maraîchage. Et certaines de ses cultures manquent d'eau. C'est le cas notamment de ses asperges. "Chez nous il y a le vent du Nord qui tire beaucoup l'humidité et qui assèche les sols, quand on fouille dans la butte on voit qu'il y a 5 centimètres de sec ensuite un peu plus profond la terre devient un peu plus humide". Cette sécheresse lui parait-elle normale? "Non, ça devrait être un peu plus humide sur la butte, ça c'est sûr. Il ne va pas falloir beaucoup plus de temps pour que ça devienne beaucoup plus sec. Le problème c'est qu'on a jamais arrosé des asperges nous!"

Dans un champ à Quétigny chez Gilles Lambert au milieu des asperges enfouies sous une butte

Les asperges de Gilles Lambert victime du manque d'eau - Radio France
Les asperges de Gilles Lambert victime du manque d'eau © Radio France - Thomas Nougaillon

"Nous ne sommes pas sur des niveaux qui appellent la vigilance ou l'alerte"

Marc Philippe est chef du département hydrométrie à la Direction régionale de l'environnement (DREAL) Bourgogne-Franche-Comté. C'est son organisme que consulte la préfecture avant d'émettre un bulletin de vigilance à la sécheresse. Marc Philippe attend la pluie sans inquiétude. "Si on prend les débits actuels des rivières on voit que l'année qui fut particulièrement basse en avril pour les rivières de Côte-d'Or c'est avril 96, on avait eu également la même situation de déficit printanier en 2011 et ensuite à partir du 15 juillet 2011 il avait plu beaucoup, voire un peu trop pour ceux qui attendaient le soleil". Selon lui il est urgent d'attendre "on voit que la situation est basse pour un mois d'avril mais derrière est ce que cela va continuer ou pas? Pour l'instant on ne sait pas. Mais pour l'heure d'aujourd'hui nous ne sommes pas sur des niveaux qui appellent la vigilance ou l'alerte".

Marc Philippe de la DREAL

Heureusement pour lui Gilles Lambert fait partie du syndicat des irrigants de sa commune, il a le droit de puiser dans la Norges pour arroser certaines de ses cultures - Radio France
Heureusement pour lui Gilles Lambert fait partie du syndicat des irrigants de sa commune, il a le droit de puiser dans la Norges pour arroser certaines de ses cultures © Radio France - Thomas Nougaillon

Le mois de mars un peu plus arrosé a permis de limiter les dégâts, mais Météo France ne prévoit pas de pluie pour les jours à venir

Heureusement le début du mois de mars, un peu plus arrosé, a permis de limiter ces déficits sur cette période de recharge. Cela dit c'est insuffisant pour retrouver les moyennes mensuelles normales pour un mois d'avril d'autant qu'il ne pleut toujours pas et Météo France ne prévoit que de faibles pluies ou pas de pluies du tout pour les 12 jours à venir! Mais pour l'instant rien de très inquiétant. En effet nous ne sommes pas -pour l'instant- dans une situation de stress hydrique.