Climat – Environnement

Un nouveau projet d'éoliennes dans le Médoc

Par Florence Pérusin, France Bleu Gironde et France Bleu mercredi 10 août 2016 à 18:58

Le projet porte sur 10 à 12 mâts sur la commune de Lesparre
Le projet porte sur 10 à 12 mâts sur la commune de Lesparre © Maxppp -

Le premier parc éolien de Gironde va-t-il finir par voir le jour ? Après le rejet du projet de Naujac-sur-mer l'été dernier, un nouveau projet est à l'étude actuellement, cette fois du côté de Lesparre, toujours dans le Médoc. La mairie a déjà donné son feu vert mais les chasseurs sont vent debout.

Ce n'est pas la première fois qu'un projet d'éoliennes tente de s'implanter dans le Médoc, mais pour la première fois les citoyens ont été associés au projet par le biais d'un financement participatif. La société Valorem, qui l'a mis en place avant l'été parle d'un prêt bonifié de 5 à 7% selon les cas, et remboursable quelle que soit l'issue du projet.

55 000 euros récoltés en quelques semaines

Le succès de la formule a été immédiat, mais Mathieu Bernard, qui est chargé de ce projet chez Valorem, précise que l'aspect financier n'était pas le premier argument pour lancer ce financement.

On est sur un projet global de 35 millions, donc 55 000 euros ce n'est qu'une part infime, mais le but est surtout d'associer les gens aux projets de transition énergétique qui les concernent.

Dans la foulée de cette initiative, la mairie de Lesparre qui avait été approchée par Valorem, a donné un avis favorable à ce parc à une large majorité de son conseil municipal. Par conviction, explique-t-on à la mairie, mais aussi par nécessité en cette période de crise. Près de 60 000 euros pourraient ainsi tomber chaque année dans la besace de la mairie médocaine si ce parc voit le jour.

Les chasseurs vent debout

Mais ce projet de parc a toutefois des opposants tenaces dans le Médoc, à commencer par Henri Sabarot, le président de Pays Médoc, conseiller régional proche des chasseurs. Il avance trois arguments : le paysage qui serait "défiguré" selon lui au niveau de la presqu’île médocaine avec des mâts à 220 mètres de haut, la difficulté pour les canadairs d'intervenir dans cette zone en cas d'incendie et le couloir de migration des oiseaux qui passe précisément par Lesparre.

Henri Sabarot: "des éoliennes dans la Beauce oui, dans le Médoc, non!

De son côté, la société Valorem s'est procurée une étude portant sur les couloirs de migration en Gironde, qui émane justement de la Fédération de Chasse, et qui affirme que Lesparre ne se trouve absolument pas sur un couloir de migration.

Mathieu Bernard: "Lesparre n'est pas sur un couloir de migration principal"

La société Valorem s'apprête à lancer ses études d'impact. Elle prévoit si tout va bien un dépôt de son dossier en préfecture courant 2017, pour une mise en service au plus tôt en 2020.