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Climat – Environnement

Un nouveau projet polémique autour de l'usine de frites congelées Clarebout à la frontière belge

lundi 27 août 2018 à 3:05 Par Stéphane Barbereau, France Bleu Nord

Clarebout emploie 1 200 salariés sur ses sites de Neuve-Eglise et Warneton (Belgique). Des usines pointées du doigt pour leurs nuisances (pollution, bruit, mauvaises odeurs). Un quai de déchargement fluvial est en projet sur la Lys. Les communes françaises s'y opposent craignent des inondations.

L'usine Clarebout a ouvert son site de Warneton (Belgique) en 2009
L'usine Clarebout a ouvert son site de Warneton (Belgique) en 2009 © Radio France - Stéphane Barbereau

Warneton, France

Certains la voit commune une usine hors-la-loi. Clarebout et son congélateur géant installé à Warneton, en bord de Lys,  causent beaucoup de soucis au voisinage. Il y a d'abord les 800 camions qui alimentent chaque jour l'usine en pommes de terre notamment, selon un comptage de la police belge. Cela génère beaucoup de bruit et de pollution explique Patrick Maton, le président (franco-belge) de l'association de défense de l'environnement "les amis de Warneton" : 

Comines-Warneton a vu sa qualité de l'air se dégrader entre 2010-2012 et 2012-2014. C'est la première commune du Hainaut à observer une telle dégradation

Patrick Maton, président de l'association"les amis de Warneton" - Radio France
Patrick Maton, président de l'association"les amis de Warneton" © Radio France - Stéphane Barbereau

Ce militant cite des chiffres donnés par l'agence wallone de l'air et du climat. Autre nuisance et celle-là se ressent jusqu'en France, à 500 mètres à vol d'oiseau, les odeurs. Marie-France habite Warneton, côté français, depuis 30 ans. Elle qui a connu la vie avant Clarebout voit clairement la différence avec aujourd'hui : 

Si on met son linge dehors, ça sent les frites. Les gens viennent, ils me disent, tu fais des frites ? Non, c'est l'usine !

Marie-France qui appréciait le calme de la campagne ne rêve que d'une chose désormais : partir loin d'ici.

Un quai de déchargement fluvial qui fait polémique

Nouvelle polémique aujourd'hui avec un projet de construction d'un quai de déchargement sur la Lys. Des péniches viendraient approvisionner l'usine en pommes de terre et repartiraient ensuite avec les frites congelés vers les ports de Rotterdam ou Dunkerque pour emmener la marchandise vers les clients de Clarebout aux Etats-Unis ou en Arabie Saoudite. Sauf que ce quai serait très dangereux pour la commune de Deulêmont, situé juste en face explique le maire Christophe Liénart : 

ce sont des zones inondées tous les hivers. On a 20 hectares de zones inondables qui seraient bétonnées. Le canal ne penche pas que d'un côté

Christophe Liénart, le maire de Deûlémont - Radio France
Christophe Liénart, le maire de Deûlémont © Radio France - Stéphane Barbereau

L'eau s'écoulerait alors vers le centre de Deulêmont, augmentant le risque inondations. Une hypothèse écrite noire sur blanc dans le dossier soumis à enquête publique. Elle vient de s'achever côté belge, elle débute ce lundi 27 août, côté français. Mais l'avis ne sera que consultatif, ce sont les autorités wallonnes qui auront le dernier mot.

On défait d'un côté ce qui a été construit de l'autre

Autre aberration du projet, à entendre les opposants : il existe déjà des quais de déchargement en amont (port de Lille) et en aval (port de Comines). Enfin, ce nouveau port fluvial, financé par l'Union Européenne en totalité (3,4 millions d'euros) annulerait tous les autres programmes de lutte contre le risque d'inondations eux-mêmes financés par des fonds européens

Deux morts en deux ans

Clarebout a régulièrement occupé le devant de l'actualité ces dernières à cause d'accidents du travail à répétition. 80% des 1 200 salariés travaillant sur les sites de Neuve-Eglise et Warneton sont français. En 2016, une femme de 29 ans habitant Hazebrouck était morte, emportée sur un tapis roulant. La justice belge a infligé une amende de 25 200€ à la direction de Clarebout, estimant qu'il y avait eu des manquements en terme de sécurité au travail. Autre accident mortel, en octobre 2017, un ouvrier français originaire de Wattrelos meurt écrasé par un monte-charge. Cela n'est que la partie immergée de l'iceberg explique Patrick Maton : 

Il y a des règles de sécurité qui ne sont pas appliquées, il y a 4 à 5 accidents du travail par semaine mais ces chiffres ne sont pas repris dans les statistiques officielles

Ce militant affirme que la direction demande aux agents de sécurité d'emmener dans leur véhicule de service tout ouvrier blessé vers un hôpital français de ne manière à ne pas déclarer l'accident aux autorités. Contactée par France Bleu Nord, la direction de Clarebout n'a pas souhaité réagir.