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Environnement

Un projet de parc photovoltaïque fait des vagues dans le nord de l'Hérault

- Mis à jour le -
Par , France Bleu Hérault

L'entreprise héraultaise Arkolia Énergies souhaite implanter un parc photovoltaïque de près de 400 hectares sur un terrain privé, sur la commune du Cros, dans le nord de l'Hérault. Les opposants s'inquiètent de son impact environnemental dans ce secteur inscrit à l'Unesco.

Image d'illustration
Image d'illustration © Maxppp - Christophe Petit Tesson

Le Cros, Hérault, France

Il n'est encore qu'au stade de projet, mais ce parc photovoltaïque fait déjà beaucoup parler de lui dans le Larzac, au nord de l'Hérault : un projet de panneaux installés sur près de 400 hectares, dans une chasse privée qui en fait plus de 900 sur la commune du Cros. Des voix commencent à se faire entendre pour dénoncer l'impact environnemental et paysager d'un équipement de cette taille.

Des revenus pour le Lodévois

"C'est un projet très écologique, innovant, de production d'électricité verte et de méthane par méthanation", explique le maire du Cros, Alain Viala, favorable à ce parc photovoltaïque. Son conseil municipal a voté à la majorité, en mars 2018, l'autorisation pour le porteur de projet de mener les études de faisabilité sur le terrain visé, une chasse privée. 

L'élu y voit beaucoup d'avantages pour sa commune : ce projet "ne consomme pas de terres agricoles, les panneaux peuvent être implantés de manière à ne pas être visibles de l'extérieur du domaine, il crée des emplois, une trentaine au moins, et des retombées fiscales, pour la communauté de communes du Lodévois et Larzac, surtout". Le tout sur un territoire qui manque cruellement d'opportunités économiques, selon Alain Viala.

Le classement à l'Unesco menacé ?

La communauté de communes du Lodévois et Larzac a voté contre lors de sa réunion de jeudi 21 février. Parmi les raisons avancées,  le projet se trouve dans le périmètre Unesco et du label Grand Site de Navacelles. Pour les élus, une telle installation est "incompatible avec ces labels et amènerait un très fort risque de perte de ceux-ci". Un projet également trop gros consommateur d’une ressource rare, l’eau.

Ces arguments ne suffisent pas à convaincre les opposants au projet. Bernard Ricau en fait partie. Il a lancé mi-décembre une pétition intitulée "La biodiversité du Causse du Larzac a besoin de vous". Elle a déjà recueilli près de 1.400 signatures

"Je ne suis pas un opposant aux énergies renouvelables, bien au contraire, commence-t-il par préciser. Le problème c'est qu'il s'agit d'un parc photovoltaïque de très grande surface situé en terrain naturel, dans une zone couverte par des tas de protections : sites Natura 2000 pour les oiseaux et les végétaux et dans le périmètre de l'inscription à la liste du patrimoine mondial de l'Unesco. Ces sites ont une très grande valeur patrimoniale."

Ce à quoi le maire du Cros rétorque qu'au contraire, "ce territoire est prédestiné pour ce genre d'opération. Pour le moment, c'est un lieu hostile à toute écologie. C'est un secteur de chasse où au moins trois fois par semaine, on tire 2.000 cartouches par jour !" Alain Viala estime en revanche que le parc photovoltaïque est de nature à ramener une forme de "calme" dans le secteur, dont la faune pourrait bénéficier.

Un parc peut en cacher d'autres

Autre inquiétude des opposants : et si ce parc, le premier du genre dans le secteur, était une porte ouverte à la multiplication des installations dévastatrices pour le paysage du Larzac ? "Il s'agit d'une première étape, craint Bernard Ricau. Les investisseurs cherchent d'autres terrains à acheter en vue d'établir d'autres parcs photovoltaïques de grande surface sur le Larzac. D'autant que la France est en retard sur ses engagements en terme d'énergies renouvelables vis-à-vis de l'Europe. Comme ni l'État ni les collectivités locales n'ont d'argent pour financer ces équipements, le gouvernement cherche à combler ce retard en laissant faire les investisseurs privés." 

Là encore, Alain Viala, le maire du Cros, n'est pas du tout d'accord. "Un projet de cet ampleur, c'est un bel engagement dans la transition écologique voulue par le gouvernement", déclare-t-il. Et il y voit un moyen de pression à l'avenir, une preuve d'engagement, pour pouvoir rejeter d'autres projets, éoliens notamment, qui pourraient être envisagés dans la région.

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