Climat – Environnement

Une partie des sacs plastiques disparaît le 1er juillet

Par Marion Fersing, France Bleu Loire Océan jeudi 30 juin 2016 à 16:58

Les sacs plastiques sont encore autorisés pour mettre directement les fruits et légumes
Les sacs plastiques sont encore autorisés pour mettre directement les fruits et légumes © Radio France - Marion Fersing

Cette fois, on y est. Repoussée il y a quelques mois, l'interdiction des sacs plastiques fins entre en vigueur aujourd'hui. Sauf qu'il y a encore des dérogations dans certains cas. On essaie de vous aider à vous y retrouver.

Les sacs plastiques fins, ceux que les commerçants nous donnent à la boucherie, à la pharmacie, sur le marché... sont interdits à partir du 1er juillet. Sauf qu'on va continuer à les voir parce qu'il y a des dérogations jusqu'au 1er janvier 2017 dans plusieurs cas.

Sac d'emballage ou sac de caisse ?

C'est un peu compliqué. A tel point que Xavier et Hakim, deux commerçants du marché Zola, à Nantes ont du mal à s'y retrouver. "Je vais demander à mon vendeur de sacs, pour avoir l'information exacte !", explique Hakim, portable à la main. "Pour mes tomates et mes radis, j'ai encore le droit d'utiliser des sacs plastiques jusqu'au 1er janvier", assure Xavier. Après quelques recherches, il s'avère que si lui a encore le doit d'utiliser des sacs plastiques, c'est que, dans son cas, ils sont considérés comme des "sacs d'emballage" : "je mets directement les légumes dedans". C'est la même chose pour les sacs transparents qu'on trouve dans les rayons fruits et légumes des supermarchés.

Le papier, c'est pas génial pour les fromages frais, qui sont humides

En revanche, juste à côté, Raphaël, le fromager, est déjà passé aux sacs en papier, parce que lui, comme les bouchers par exemple, emballe d'abord ses produits dans une feuille de papier avant de les mettre dans un sac pour les clients. Dans ces cas-là, le sac est considéré comme un "sac de caisse", comme à la pharmacie pour les boites de médicaments par exemple, il est donc interdit. "Le problème du papier, c'est pour les fromages frais qui sont humides. Le sac résiste moins bien. En plus, ça nous coûte plus cher", voilà ce qui ne plait pas au fromager. Mais il reconnait que c'était nécessaire d'interdire le plastique : "surtout qu'on nous en demande trop souvent ! Parfois, un client nous demandait un sac plastique pour une boite d’œufs, alors qu'on aurait très bien pu la mettre directement dans un cabas".

Pour mes poulets, je ne peux pas me passer du plastique

Pour Bruno, qui vend des poulets rôtis, impossible de passer au papier : "il y a toujours du jus qui coule du poulet où qui peut s'échapper de la barquette de pommes de terre. Donc, je suis obligé de continuer à utiliser des sacs plastiques". Deux options s'offrent à lui : soit utiliser des sacs biodégradables, soit des sacs plus épais, réutilisables. "Le problème, c'est que ceux qui sont biodégradables coûtent vraiment trop cher ! Les sacs plastiques fins, c'est 1 centime. Le biodégradable, 6 ou 7 ! Pour compenser, je serais obligé d'augmenter le prix de mes poulets, et ça, ce n'est pas possible". Il a donc opté pour les sacs plus épais, à 4 centimes. "Mais eux, le soucis, c'est qu'ils mettent plus de temps à disparaître... Alors finalement, ce n'est pas très écologique" . Et il n'est pas sûr que tous ses clients conservent et pensent à rapporter à chaque fois le sac dans lequel a coulé le jus du poulet rôti. "Et d'après moi, les clients ne sont pas prêts à payer pour un sac sur le marché comme ils le font au supermarché".