Retour
Provence-Alpes-Côte d'Azur Corse Auvergne-Rhône-Alpes Grand Est Bourgogne-Franche-Comté Occitanie Nouvelle-Aquitaine Centre-Val de Loire Île-de-France Hauts-de-France Normandie Pays de la Loire Bretagne
  • Toute la France
  • Auvergne-Rhône-Alpes
  • Bourgogne Franche-Comté
  • Bretagne
  • Centre-Val de Loire
  • Corse
  • Grand Est
  • Hauts-de-France
  • Île-de-France
  • Normandie
  • Nouvelle-Aquitaine
  • Occitanie
  • Pays de la Loire
  • Provence-Alpes-Côte d'Azur
Changer de région
Centre-Val de Loire
Changer de région
Corse
Changer de région
Hauts-de-France
Changer de région
Normandie
Retour
Climat – Environnement

Une trentaine d'élus des vallées béarnaises signent un manifeste contre le retour de l'ours

jeudi 17 mai 2018 à 21:24 Par Axelle Labbé et Marie-Line Napias, France Bleu Béarn

Un nouvel accroc à la concertation engagée par le préfet à propos de la réintroduction d'ours. Ce mercredi après-midi une réunion était organisée à la sous-préfecture d'Oloron, avec des élus déclarés hostiles au projet. Ils ont décidé de boycotter la réunion, et dénoncent le mépris de l'État.

Une partie des élus signataires du "manifeste pour les vallées pyrénéennes"
Une partie des élus signataires du "manifeste pour les vallées pyrénéennes" © Radio France - Axelle Labbé

Les 33 élus signataires du "manifeste des vallées pyrénéennes", maires ou adjoints de communes de Soule et des vallées de Barétous, d'Ossau et d'Aspe, reprochent à Nicolas Hulot d'avoir validé le 9 mai le plan d'actions ours brun, avant même qu'ils aient pu donner leur avis. Ce plan prévoit la réintroduction dans l'idéal de 15 ours, ou au minimum 4 femelles dans les Pyrénées occidentales. Ils estiment que cela rend donc inutile la rencontre avec les représentants de l'État. 

Les élus ont sorti leur calculette, en 21 ans, il y a eu 8 réintroductions d'ours dans les Pyrénées centrales, la population a été multipliée par 5 pour atteindre 41 ours en 2017. Donc, d'ici 2040, on devrait selon le manifeste monter à 150 ours, l'effectif en 1900. 

Des arrêtés municipaux pour interdire le lâcher sur leurs communes

Les signataires annoncent qu'ils utiliseront tous les moyens légaux qui leur permettront de défendre les intérêts de leur vallée, qu'ils jugent aujourd'hui bafoués. Patrick Maunas, le maire de Lées-Athas, en vallée d'Aspe, prévient : "un maire qui est garant de son territoire devra déjà voir avec son conseil municipal comment donner suite à cette affaire. Je pense que tous les maires présents ce soir seront d'accord là dessus, nous délibérerons et prendrons un arrêté pour interdire le lâcher sur notre commune, ça va de soi. Ensuite, on verra avec les hommes quels sont les recours qu'on pourra intenter ou déposer. S'il le faut, cela pourra aller jusqu'à attaquer l'Etat. Nous sommes suffisamment à être déterminés. Il y aura une concertation entre nous, mais cela pourra aller jusque là." 

Cet éventuel recours en justice pourrait s'appuyer sur un article du code rural qui stipule que "le gouvernement s'attache à assurer la pérennité des exploitations agricoles et le maintien du pastoralisme, en particulier en protégeant les troupeaux des attaques de loup et de l'ours dans les territoires exposés à ce risque".

Certains élus, comme le maire de Sarrance, ont regretté de ne pas avoir été conviés à la réunion publique, organisée à Sauvagnon, en présence de la ministre chargée des affaires européennes. Nathalie Loiseau est venue défendre l'action du gouvernement, elle a insisté auprès des représentants syndicaux, qu'ils acceptent de se mettre autour de la table, "de prendre part à la concertation", pour parler des mesures d'accompagnements.

Ce vendredi matin, Etienne Serna, maire d'Aramits, lui aussi signataire du manifeste sera notre invité à 8 heures. Une interview à écouter ici.