Retour
Provence-Alpes-Côte d'Azur Corse Auvergne-Rhône-Alpes Grand Est Bourgogne-Franche-Comté Occitanie Nouvelle-Aquitaine Centre-Val de Loire Île-de-France Hauts-de-France Normandie Pays de la Loire Bretagne
  • Toute la France
  • Auvergne-Rhône-Alpes
  • Bourgogne Franche-Comté
  • Bretagne
  • Centre-Val de Loire
  • Corse
  • Grand Est
  • Hauts-de-France
  • Île-de-France
  • Normandie
  • Nouvelle-Aquitaine
  • Occitanie
  • Pays de la Loire
  • Provence-Alpes-Côte d'Azur
Changer de région
Centre-Val de Loire
Changer de région
Corse
Changer de région
Hauts-de-France
Changer de région
Normandie
Retour
Climat – Environnement

Une unité de méthanisation à Charchigné, pour produire de l'électricité grâce au fumier de 110 exploitations agricoles

dimanche 4 mars 2018 à 6:33 Par Charlotte Coutard, France Bleu Mayenne

Les travaux de l'unité de méthanisation de Charchigné ont commencé. D'ici un an et demi, le fumier collecté dans 110 exploitations agricoles du Nord Mayenne va permettre de produire de l'électricité, l'équivalent de la consommation annuelle de 6000 foyers, hors chauffage. Explications.

L'unité de méthanisation de Charchigné doit entrer en service en juillet 2019, pleine production en janvier 2020.
L'unité de méthanisation de Charchigné doit entrer en service en juillet 2019, pleine production en janvier 2020. © Radio France - Patrick Foret

Charchigné, France

Une unité de méthanisation va voir le jour d'ici un an et demi à Charchigné, dans le Nord Mayenne, à côté de la fromagerie de la commune. Le site va s'étendre sur trois hectares, avec un bâtiment de 5000 m². Ce projet est porté depuis presque neuf ans par deux agriculteurs.

Valoriser les effluents d'élevage

"On produit des effluents, qui ne sont jusqu'à aujourd'hui valorisés que par l'aspect fertilisation des terres. L'objectif, c'était qu'en plus de fertiliser des terres, on peut aussi produire de l'énergie, d'être acteurs de la transition énergétique, et de produire des énergies renouvelables", raconte Laurent Taupin, producteur de lait à Javron-les-Chapelles, à l'origine du projet. 

La future unité de méthanisation de Charchigné. - Radio France
La future unité de méthanisation de Charchigné. © Radio France - Patrick Foret

Les travaux de l'unité de méthanisation ont commencé ce lundi 26 février, elle devrait être opérationnelle en juillet 2019, avec pleine puissance de production en janvier 2020. Le fumier collecté dans les 110 exploitations partenaires sera mis en fermentation pendant 50 jours à 55 degrès dans deux grands digesteurs, deux grands méthaniseurs, de 48 mètres de diamètre. 

_"C'est un processus naturel, qui fait que la matière se transforme en gaz". _

"C'est un processus naturel, qui fait que la matière se transforme en gaz. Ce méthane sera brûlé dans un moteur, et le moteur entraîne une génératrice, qui elle produit de l'électricité, injecté sur le réseau. Le moteur produit aussi de la chaleur, et on récupère cette chaleur pour la vendre à la fromagerie de Charchigné", explique Laurent Taupin.

Grâce à ce chauffage plus vert, la fromagerie va consommer 1000 tonnes de fioul en moins par an, ce qui correspond à un tiers de ses besoins.

Moins de méthane rejeté dans l'air

Mais ce n'est pas tout, le fumier collecté dans les exploitations ne va plus fermenter à l'air libre, et entraîner moins de pollution. 

"Le fait de capter ce méthane, qui est un gaz extrêmement réchauffant, _un gaz à effet de serre_, non seulement on ne l'envoie pas dans la nature, on le capte et on en fait une énergie verte produite par des exploitations du secteur", déclare Patrick Foret, producteur de lait à Ambrières-les-Vallées.

L'unité de méthanisation va produire chaque année l'équivalent de la consommation électrique de 6000 foyers, hors chauffage. 

Patrick Foret et Laurent Taupin. - Radio France
Patrick Foret et Laurent Taupin. © Radio France - Charlotte Coutard

Des sols mieux fertilisés

De plus, les agriculteurs vont récupérer les restes du fumier après la méthanisation, un fumier plus facilement assimilable par les plantes. Les agriculteurs vont ainsi diminuer leur consommation d'engrais. 

"Le fait de digérer les fumiers, _ça rend les matières fertilisantes plus valorisables par la plante_. Souvent on compense le manque d'apports fertilisants par des engrais. Là, par la digestion, on diminuera d'autant notre consommation d'engrais chaque année",explique Laurent Laupin. "Il y aura toujours des engrais minéraux achetés par les agriculteurs, mais l'enjeu c'est qu'ils en achètent moins, et fertiliser plus d'hectares avec leurs effluents d'élevage", ajoute Patrick Forêt.

Les agriculteurs devraient ainsi économiser entre 3000 et 4000 euros par an. Les 110 exploitants agricoles ont investi au total trois millions d'euros, ils sont actionnaires et toucheront de l'argent quand l'unité fera des bénéfices. Un investisseur privé (Méridiam) a ajouté 25 millions d'euros, pour coût total du projet de 28 millions d'euros.

L'équivalent de 9000 voitures en moins sur les routes

Au global, avec l'ensemble du projet, on estime qu'il y aura 15 000 tonnes de CO² en moins rejeté dans l'air, comme s'il y avait 9000 voitures en moins sur les routes. 

Il existe une autre unité de méthanisation à Château-Gontier, les travaux se terminent. La mise en service est prévue dans les prochaines semaines.