Climat – Environnement

Une vingtaine de communes de l'Hermitage-Tournonais s'engagent pour le "zéro pesticide"

Par Marie Rouarch, France Bleu Drôme-Ardèche dimanche 18 décembre 2016 à 3:13

Les représentants de 22 communes ont signé la charte régionale d'entretien des espaces publics.
Les représentants de 22 communes ont signé la charte régionale d'entretien des espaces publics. © Radio France - Marie Rouarch

La communauté de communes Hermitage-Tournonais et 22 de ses communes s'engagent à réduire puis éliminer tous les pesticides sur leur territoire. Elles viennent de signer la charte régionale d'entretien des espaces publics.

Une vingtaine de communes de l'Hermitage-Tournonais communauté de communes disent "non" aux pesticides. Elles viennent de signer une charte régionale qui leur garantit un accompagnement technique et financier pour atteindre cet objectif.

En théorie, les communes devraient bannir tout pesticide dès le 1er janvier 2017 et l'entrée en vigueur d'une loi qui en interdit l'usage aux collectivités. Dans la pratique, via cette charte, elles s'engagent à les réduire puis les supprimer le plus vite possible.

La plupart des communes avaient déjà commencé à réduire l'usage des pesticides. À Mercurol-Veaunes, par exemple, la municipalité a déjà fait l'acquisition d'une balayeuse-désherbeuse. "Le désherbage se fait avec des brosses métalliques, et plus avec des produits phytosanitaires", explique le maire et président de la communauté de communes Hermitage-Tournonais, Michel Brunet.

Un effort collectif vers le "moins de pesticides" puis le "zéro pesticide"

Maintenant que la charte est signée, "un plan communal de désherbage va être mis en place avec un zonage dans les communes, en disant, 'cet espace public est prioritaire, on peut ne plus utiliser de pesticides. Celui-là, on pourra le faire dans deux ans parce que l'adaptation est plus compliquée'. C'est donc une cartographie et une mise en avant de nouvelles pratiques", décrit Sandrine Gard, une des deux chargées de mission de la communauté de communes, qui accompagnent les élus dans leurs démarches vers le "zéro pesticide".

Concrètement, dans ces communes : adieu la vaporisation de pesticides, bonjour le désherbage mécanique ou manuel, et forcément, un résultat un peu moins "net" parfois. "On ne peut pas voir un même rendu quand on n'utilise plus de pesticides", déclare Delphine Bancel, adjointe au maire de Tournon-sur-Rhône.

D'où le besoin de faire preuve de pédagogie, auprès des agents des services techniques et des administrés : "les agents sont souvent attaqués comme si c'était eux qui faisaient mal le travail". Il faudra "indiquer aux gens que, certes on n'utilisera plus de produits phytosanitaires, il y aura moins de résidus, dans l'eau notamment. En revanche, il pourra y avoir quelques herbes folles et plantes fleuries dans nos villages", lance Jacques Pradelles, conseiller municipal de Chanos-Curson, dans un sourire. Apprendre, en somme, à tolérer quelques herbes, tellement moins néfastes que les pesticides.