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Climat – Environnement

Vendanges : vers une récolte "historiquement basse" après les gels du printemps

mardi 25 juillet 2017 à 9:52 Par Mooréa Lahalle, France Bleu

Le volume des vendanges devrait être historiquement bas en 2017 en France en raison des périodes de gel au printemps dernier, avec une récolte inférieure de 17% à celle de l'année dernière, selon les chiffres du ministère de l'Agriculture.

Le volume des vendanges devrait être historiquement bas en 2017 en France en raison des périodes de gel au printemps dernier.
Le volume des vendanges devrait être historiquement bas en 2017 en France en raison des périodes de gel au printemps dernier. © AFP - Philippe Roy

Bordelais, mais aussi Charentes, Alsace et Jura : les vendanges devraient être lourdement pénalisées cette année par les gels du printemps et les volumes de vin attendus pourraient être "historiquement bas", selon le ministère de l'Agriculture.

Les bassins du Sud-Ouest, l'Alsace et le Jura sont les plus affectés

"À 37,6 millions d'hectolitres, la récolte 2017 devrait être inférieure de 17% à celle de 2016 et de 16% à la moyenne des cinq dernières années", indique Agreste, le bureau des statistiques du ministère, dans sa dernière parution. Cette récolte serait alors "historiquement basse et inférieure à celle de 1991, concernée elle aussi par un gel sévère", souligne Agreste.

Tous les bassins viticoles ont été touchés par un gel sévère au printemps. Mais les bassins du Sud-Ouest, notamment du Bordelais et des Charentes, mais aussi ceux d'Alsace et du Jura seraient les plus affectés. Des pertes dues à la grêle sont aussi à prévoir en Bourgogne-Beaujolais, Sud-Ouest, Languedoc et Sud-Est.

Et les vignobles du pourtour méditerranéen sont affectés par un autre phénomène, également lié à un aléa météo, la "coulure", c'est-à-dire la chute des fleurs ou des jeunes baies, due en général à un incident au moment de la floraison et de la fécondation. Ce phénomène touche particulièrement les cépages grenache de la vallée du Rhône. Pour les vins AOP (appellation d'origine protégée), le recul devrait atteindre 12%. La récolte des vins IGP (indication géographique protégée) devrait baisser quant à elle de 15%.

Seuls 25% des viticulteurs assurés contre le gel

Pour tenter de dédramatiser, le sommelier Philippe Faure-Brac, qui a remporté le concours de meilleur sommelier du monde en 1992, a rappelé à l'AFP ce dicton de vigneron: "Août fait le raisin, septembre fait le vin." "Il est encore trop tôt pour tirer une conclusion sur la qualité du vin de cette année qui dépendra du climat jusqu'aux vendanges, et des conditions de récolte. Pour l'instant, les conditions climatiques ne sont pas mauvaises du tout, mais sur la quantité, ce sera économiquement très tendu, c'est sûr", a-t-il dit à l'AFP.

Principal espoir de rééquilibrage, les systèmes de "réserves" pratiqués par certains vignobles (par exemple, le chablis ou le champagne), où une partie du vin est gardée d'une année sur l'autre sans être commercialisée, comme assurance. Cela permet de lisser l'incidence des aléas climatiques.

"Comme 2016 était un grand millésime, cela permettra dans certaines régions de réguler les volumes et la qualité", a estimé Philippe Faure-Brac. Mais toutes les régions ne pratiquent pas ce système. Et les viticulteurs français sont loin d'être tous assurés contre le gel ou la grêle: seuls 25% d'entre eux le sont.