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Vendée : la ville des Sables d'Olonne saisit la justice pour faire annuler son PPRL

Par Emmanuel Sérazin, France Bleu Loire Océan mardi 6 septembre 2016 à 18:07

Geoffroy de Baynast est l'élu en charge de l'urbanisme aux Sables d'Olonne
Geoffroy de Baynast est l'élu en charge de l'urbanisme aux Sables d'Olonne © Radio France - Emmanuel Sérazin

La ville des Sables d'Olonne a annoncé ce mardi qu'elle va déposer un recours auprès du tribunal administratif pour faire annuler le Plan de Prévention des Risques Littoraux adopté par la Préfecture de la Vendée. Motif ? L'Etat n'a pas prouvé le risque de submersion.

L'annonce a été faite ce mardi matin par l'adjoint chargé de l'urbanisme au sein de la municipalité sablaise : la ville va déposer un recours auprès du tribunal administratif pour faire annuler le PPRL (Plan de Prévention des Risques Littoraux) adopté par le Préfet de Vendée en début d'année. Les élus estiment que les services de l'Etat n'ont pas prouvé la réalité des risques d'inondations ou de submersion servant de base à ce document. En clair, les élus sablais estiment que ces risques ont été très largement surévalués. Résultat, le Plan de Prévention prévoit de classer tout le remblai en zone rouge, sur une profondeur de 50 m !

La totalité du remblai des Sables est classé en zone rouge, sur 50 m de profondeur - Aucun(e)
La totalité du remblai des Sables est classé en zone rouge, sur 50 m de profondeur - Ville des Sables d'Olonne

Des travaux pharaoniques

Si ce PPRL reste en l'état, les conséquences seront très lourdes pour la station balnéaire, ses commerçants et ses propriétaires. Le classement en zone rouge interdit toute nouvelle construction, ainsi que toute extension ou réaménagement des commerces. De plus, chaque immeuble du front de mer devra faire l'objet d'un diagnostic de vulnérabilité face aux risques d'inondations ou de submersion. Une fois établis, ces diagnostics imposeront aux propriétaires de réaliser des travaux pouvant atteindre 10% de la valeur vénale de l'immeuble. Il s'agira notamment de construire une pièce de survie sur le toit de chaque bâtiment, capable d'accueillir simultanément tous les occupants de l'immeuble en question. A cela, s'ajoutent toutes les questions concernant la perte de valeur de ces biens immobiliers et l'inquiétude de voir flamber les primes d'assurance.

Tous les immeubles devront être équipés d'une pièce de survie au dernier étage - Radio France
Tous les immeubles devront être équipés d'une pièce de survie au dernier étage © Radio France - Emmanuel Sérazin

Des commerçants dans l'incertitude

Ce Plan de Prévention plonge aussi les commerçants dans une grande incertitude. Le propriétaire de l'hôtel Best Western du remblai se dit très inquiet pour l'avenir de son établissement. Lui aussi devrait construire une pièce de survie capable d'accueillir ses 80 clients.

La loi m'interdit de rajouter un étage à mon hôtel. Il faudrait donc que j'achète une maison à proximité pour y aménager cette pièce de survie, or le PPRL interdit toute nouvelle construction : c'est donc le chien qui se mord la queue ! Jean-Etienne Blanchard, propriétaire de l'hôtel des Terres Noires

Pendant la tempête Xynthia, le sous-sol de son établissement avait été inondé. Si cela devait se reproduire demain, l'hôtelier devrait demander une autorisation aux services de l'Etat pour avoir le droit d'effectuer des réparations, comme installer une nouvelle chaudière ou refaire l'électricité. Sans aucune garantie de l'obtenir. Cela commence à faire beaucoup d'incertitudes pour l'employeur.

La justice, seule voie de recours

Lors de cette conférence de presse, l'élu en charge l'urbanisme a rappelé que la ville des Sables d'Olonne a d'abord cherché un compromis à l'amiable avec les services de l'Etat. Elle a notamment envoyé toute une série de contre-propositions, avec des dossiers techniques très complets. Mais Geoffroy de Baynast assure que la mairie n'a jamais reçu la moindre réponse à ses multiples courriers. Elle passe donc à la vitesse supérieure, en déposant un recours au tribunal administratif, pour démontrer que l'Etat n'a pas prouvé la réalité des risques d'inondations ou de submersion...

Le recours de la ville des Sables d'Olonne sera déposé auprès du tribunal administratif avant la fin de la semaine.

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