Climat – Environnement

A Vendel, un maraîcher utilise les bons insectes contre les mauvais

Par Théo Hetsch, France Bleu Armorique lundi 27 mars 2017 à 18:25

Thomas Jagu est installé depuis six ans à Vendel et fonctionne depuis le début en lutte biologique
Thomas Jagu est installé depuis six ans à Vendel et fonctionne depuis le début en lutte biologique © Radio France - Théo Hetsch

C'est la semaine des alternatives aux pesticides jusqu'au 30 mars 2017. L'occasion, en ce début de printemps, de saluer les agriculteurs qui refusent les produits chimiques. Près de Fougères, Thomas Jagu s'appuie sur les bons insectes pour chasser les mauvais. C'est la "lutte biologique".

Chez Thomas Jagu, à Carottes et Feijoa, les huit hectares de terrains sont quadrillées de haies. Ce n'est pas juste pour faire joli : "ça va héberger les insectes et les oiseaux qui vont m'aider, soit à polliniser mes cultures ou chasser les nuisibles, comme les pucerons".

Les serres de Thomas Jagu sont ouvertes des deux côtés, pour favoriser l'aération et éviter les champignons - Radio France
Les serres de Thomas Jagu sont ouvertes des deux côtés, pour favoriser l'aération et éviter les champignons © Radio France - Théo Hetsch

Autour des grandes serres, les oiseaux chantent, les insectes virevoltent. Le printemps a de l'avance. Et les insectes aussi. Thomas Jagu le constate en se penchant sur ses semis de plants de tomate : "là on voit un gros puceron vert, qui se régale de sève". Il va devoir les traiter - avec des produits naturels bien sûr, en l’occurrence du savon noir - et va introduire des coccinelles dans ses serres. "La coccinelle ne va pas tarder à se réveiller et va chercher un endroit pour se nourrir et se multiplier, explique l'agriculteur, elle va choisir les feuilles contaminées pour pondre ses œufs et les larves ensuite vont se nourrir des pucerons, elles sont très voraces".

Nos amis les bêtes... Un gros puceron sur une feuille d'épinard. Thomas Jagu en connaît un rayon sur les insectes. - Radio France
Nos amis les bêtes... Un gros puceron sur une feuille d'épinard. Thomas Jagu en connaît un rayon sur les insectes. © Radio France - Théo Hertsch

L'objectif alors est d'attirer ces bons insectes en créant un écosystème favorable : "J'ai planté des "Alice", ce sont des petites fleurs assez insignifiantes mais très mellifères, raconte le maraîcher, c'est-à-dire qu'elles produisent beaucoup de nectar et vont attirer de nombreux insectes". Et puis c'est une alternative aux pesticides bien plus sympa...

Thomas Jagu n'utilise aucun pesticide. Si besoin, il pulvérise du savon noir, mais se repose surtout sur ces insectes auxiliaires pour mener la lutte biologique. - Radio France
Thomas Jagu n'utilise aucun pesticide. Si besoin, il pulvérise du savon noir, mais se repose surtout sur ces insectes auxiliaires pour mener la lutte biologique. © Radio France - Théo Hetsch

A boire et à manger pour les bons insectes, c'est l'objectif. Thomas s'est installé là il y a 6 ans. Dès le départ, il a donc planté 2 000 arbres pour attirer ces insectes auxiliaires. Et sans la moindre goutte de pesticides.