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Climat – Environnement

Verra-t-on encore des dauphins à Planète sauvage dans quelques années ?

vendredi 12 janvier 2018 à 3:01 Par Marion Fersing, France Bleu Loire Océan

Le Conseil d'État examine ce vendredi un recours contre un arrêté pris par Ségolène Royale quand elle était ministre de l'environnement. Le texte pourrait, à terme, entraîner la disparition des delphinariums en France, dont celui de Port-Saint-Père.

Il y a actuellement huit dauphins à Planète sauvage à Port-Saint-Père
Il y a actuellement huit dauphins à Planète sauvage à Port-Saint-Père © Maxppp -

Port-Saint-Père, France

Est-ce qu'il y aura encore des dauphins, dans quelques années, à Planète sauvage à Port-Saint-Père ? Le Conseil d'Etat se penche sur la question ce vendredi. Il examine le recours déposé contre un arrêté pris par Ségolène Royale lorsqu'elle encore ministre de l'environnement. Un texte qui interdit, notamment, la reproduction des dauphins et des orques dans les parcs animaliers et les échanges de cétacés avec d'autres parcs.  Autrement dit, si cet arrêté est confirmé, ce serait le début de la fin des delphinariums en France.

Des bassins plus grands, plus de chlore dans l'eau et donc l'interdiction de la reproduction

Au départ, il vise à améliorer la qualité de vie des cétacés dans les parcs via plusieurs mesures : l'agrandissement des bassins, l'ajout de vagues, de courant, de cascades... pour éviter que les animaux s'ennuient, l'interdiction des spectacles nocturnes, l'interdiction des contacts directs avec le public, l'interdiction du chlore pour traiter l'eau des bassins et donc l'interdiction de la reproduction.

C'est donc ce dernier point qui pose problème aux trois parcs français qui ont des dauphins et/ou des orques : le Marineland d'Antibes, le parc Atérix et Planète sauvage. Si les animaux ne peuvent plus se reproduire et si d'autres ne peuvent plus venir d'ailleurs, une fois que tous les cétacés de ces sites auront disparu, les bassins resteront vides. Et avec eux, c'est un des principaux attraits pour le public de ces parcs qui disparaîtrait.

À Planète sauvage, tous les dauphins sont nés en bassin. C'est leur univers, c'est là qu'ils se sentent en sécurité

Philippe Vignaud, le directeur de Planète sauvage s'oppose donc à cet arrêté. Surtout qu'il estime que ses huit dauphins vivent heureux dans leur bassin : "chez nous, tous les dauphins sont nés en bassin. C'est leur univers, c'est là qu'ils se sentent en sécurité. Mesurer le bien-être, ça ne se fait pas en levant le petit doigt et en regardant deux secondes les animaux. Il y a des spécialistes. Nous avons collaboré avec le parc Astérix là-dessus. Des spécialistes sont venus évaluer le bien-être des animaux et, même si en sciences on n'a jamais de réponse absolue, au niveau physiologique, au niveau comportement, au niveau vie de groupe, ce sont des animaux qui vivent très bien dans nos structures".

C'est pas parce qu'on naît en prison qu'on supporte mieux la prison

Christine Grandjean, la présidente de l'association "C'est à assez" qui milite contre la captivité des dauphins et des orques n'est pas du tout de cet avis. "Il ne faut quand même pas oublier que ce sont des animaux qui ont des millions d'années d'évolution. Ce sont des animaux qui restent des animaux sauvages, des prédateurs, des nomades, et c'est pas parce qu'on a une génération dans un bassin que l'animal perd son instinct. L'instinct de l'animal, il est toujours de nager 100 kilomètres en ligne droite, de plonger, de sociabiliser... On prétend qu'on va en faire des animaux domestiques en une génération, mais c'est impossible. C'est pas parce qu'on naît en prison qu'on supporte mieux la prison".

Nouma et Amani derniers bébés dauphins de Planète sauvage ?

En tous cas, en attendant l'examen du recours et la décision du Conseil d'Etat, Planète sauvage a du prendre des mesures pour empêcher de nouvelles naissances. Nouma et Amani, qui sont nés en 2016, pourraient donc être les derniers bébés dauphins du parc. "Depuis novembre, nous avons du mettre les femelles sous contraceptif", explique Philippe Vignaud. "Ce qui pose quelques petits problèmes puisque la contraception, chez les dauphins, c'est quelque chose qui n'est pas très bien maîtrisé. Il faut le faire de façon temporaire pour éviter des problèmes de santé chez ces animaux. Donc, pour l'instant, elles sont sous contraceptif, mais on devra s'arrêter à un moment ou un autre et séparer les mâles des femelles". Et empêcher les dauphins de se reproduire, c'est aller contre leur nature, voilà l'argument principal des parcs animaliers contre cet arrêté.

Ne pas pouvoir se reproduire, ce n'est pas pire pour une femelle que de mettre au monde un bébé qui va mourir ou dont elle va être séparée

Encore une fois, Christine Grandjean de "C'est assez", balaie l'argument. "Ils les séparent déjà dans des bassins différents quand ça les arrange, donc ils savent faire. Ils savent aussi leur donner la contraception. Et, surtout, il faut savoir qu'il y a beaucoup de mortalité infantile. Donc l'argument 'c'est mauvais pour eux psychologiquement et autre', c'est certainement pas pire pour une femelle de mettre au monde un bébé qui va mourir ou qu'on lui enlèvera quand il aura quatre ou cinq ans parce qu'on estimera qu'il a l'âge voulu pour l'envoyer se reproduire dans un autre parc et éviter les incestes. D'autant plus que ce sont des animaux qui vivent en famille quand ils sont dans la nature", conclut la présidente de C'est assez.  

Le Conseil d'Etat devrait rendre sa décision dans les deux à trois semaines.