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Environnement

Bientôt des serres chauffées bio en Indre-et-Loire ?

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Par , France Bleu Touraine

Cultiver des légumes bio grâce à des serres chauffées, c'est le dossier sur lequel doit se prononcer le Comité National d'Agriculture Biologique de l'INAO (Institut National de la Qualité et de l'Origine) ce jeudi 11 juillet.

Des plants de tomates bio sous serres non chauffées à La-Ville-aux-Dames, à l'est de Tours
Des plants de tomates bio sous serres non chauffées à La-Ville-aux-Dames, à l'est de Tours © Radio France - Julien Penot

La Ville-aux-Dames, France

Des tomates et des fraises bio en hiver ? C'est encore possible aujourd'hui. Et cela grâce à ces serres chauffées qui permettent de passer outre les saisons. Mais les règles pourraient changer ce jeudi 11 juillet avec la décision du Comité National d'Agriculture Biologique de l'INAO (Institut National de la Qualité et de l'Origine).  Il doit se prononcer sur la possibilité, ou non, de chauffer les serres dans des exploitations bio.  r

Un bilan carbone multiplié par huit pour les tomates sous serres chauffées

Sous sa serre en verre implantée à La-Ville-aux-Dames, Philippe Riffard, co-président du Grab de Bio Centre, en est convaincu : un agriculteur biologique ne doit pas utiliser de chauffage sur sa production. "Les concombres en serres chauffées ont une capacité de conservation qui est deux fois moins longue qu'en serre froide. Ensuite, sur un plan agronomique, on épuise les sols, et on va vers des problèmes d'insectes et de champignons." 

Le maraîcher craint également que l'autorisation des serres chauffées vienne décrédibiliser le label "Agriculture Biologique". "Si on est de moins en moins exigeant, on aura une perte de confiance du consommateur", prévient Philippe Riffard. Car si les tomates sous serres chauffées ne reçoivent pas de traitement chimique, elles ont un bilan carbone huit fois supérieur à celui d'une tomate en serre non chauffée. 

Réapprendre la notion de saisonnalité aux consommateurs

Pour convaincre le Comité National d'Agriculture Biologique, une pétition a été lancée pour soutenir l'interdiction des serres chauffées. L'objectif est de sensibiliser les consommateurs.  C'est ce que tente de faire au quotidien Vincent Chableaux, chef cuisinier à Tours : "C'est un peu une lutte de tous les jours de dire : "non on est en mars, on va pas proposer des fraises, même si on en voit déjà sur les étales". Il y voit même une philosophie de vie : "Outre tous les arguments gustatifs, c'est de se dire qu'on a plus aucun plaisir à retrouver ces ingrédients là, vu qu'on les a tout le temps". 

La serre de Philippe Riffard, maraîcher en bio à La-Ville-aux-Dames, à l'est de Tours - Radio France
La serre de Philippe Riffard, maraîcher en bio à La-Ville-aux-Dames, à l'est de Tours © Radio France - Julien Penot

Les serres chauffées peuvent avoir une réel conséquence sur le choix des consommateurs décrit Christophe Fertré. "Si on fait une serre, juste pour augmenter la saisonnalité et augmenter la production, il n'y aura pas d'adhésion des clients et des nouvelles générations". Ce gérant d'un magasin Biocoop à Tours veut même aller plus loin en précisant sur les étalages que ses légumes ne sont pas issus d'une culture sous serres chauffées. 

Les serres chauffées : une solution pour réduire la pollution des transports ? 

C'est l'un des contre-arguments des défenseurs de ces serres chauffées bio. Car si elles polluent plus qu'une serre froide, ces installations permettent de réduire la part des importations en France. Pour exemple : plus de 75% des tomates bio viennent de l'étranger. "Si on prend les importations de tomates, il y a des pays comme le Portugal ou l'Espagne, quel sera le bilan sur l'étal du maraîcher ?", avance Sébastien Prouteau, Président de l'Union Départementale Syndicale Exploitants Agricoles à Tours. 

Autre argument : la compétitivité et l'indépendance agricole de la France à l'égard de ses voisins. Les serres chauffées bio ne sont présentes que sur 60 hectares dans l’Hexagone, soit 0.2% des surfaces en légumes bio en 2017."Il y a la volonté de développer cette filière, de faire de la production locale, on va quand pas même scier la petite brindille qui est en train de pousser sur une production qui essaye de se développer", rajoute Sébastien Prouteau. Dans la région du Val de Loire, une dizaine de projet sont annoncés, sans date précise.