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Climat – Environnement DOSSIER : Inondations de Nîmes le 3 octobre 1988

VIDÉO - Inondations de 1988 à Nîmes : chronologie d'une catastrophe

mardi 2 octobre 2018 à 16:40 Par Anne Jocteur Monrozier, France Bleu Gard Lozère et France Bleu

Il y a 30 ans, Nîmes connaissait les pires inondations de son histoire. En huit heures, plus de 400 litres d'eau au mètre carré sont tombés sur la ville, partiellement engloutie. Bilan : 11 morts, 45.000 sinistrés et plus de 600 millions d'euros de dégâts. Retour sur une journée de cauchemar.

Les arènes de Nîmes transformées en bassin en octobre 1988
Les arènes de Nîmes transformées en bassin en octobre 1988 © Getty - William STEVENS / Gamma-Rapho

Nîmes, France

Automne 1988. Depuis la fin du mois de septembre, de fortes pluies s'abattent sur Nîmes et ses alentours. La terre est saturée en eau. Plus de 50 mm de précipitations sont déjà tombés sur la zone et les sols n'assurent plus leur fonction d'éponge. Un phénomène météorologique d'une ampleur exceptionnelle se dessine : dans la nuit du 2 au 3 octobre, un nuage de 30 kilomètres de long stationne au-dessus de la ville. C’est un système orageux de type rétrograde : il se régénère constamment. Les intensités pluviométriques seront diluviennes.

Le 3 octobre, il pleut déjà très fort au lever du jour et les orages se renforcent. L'eau coule abondamment dans les rues vers 6h du matin, mais les Nîmois ne sont pas inquiets : ils ont l'habitude des gros orages saisonniers. Les pluies sont immédiatement collectées par les cadereaux, un réseau de petits canaux évacuant les eaux pluviales. À Nîmes, certains cadereaux ont été remplacés au fil du temps par de simples tuyaux, le réseau est mal entretenu et plusieurs collecteurs sont bouchés. Leur efficacité va vite montrer ses limites.

Vision d'apocalypse

Trois heures plus tard, un véritable déluge s'est abattu sur la ville et une soixantaine d'autres communes. Les cadereaux se sont transformés en torrents qui emportent tout sur leur passage. Des vagues d'eau et de boue déferlent dans les rues, les voitures sont retournées par le courant, des arbres, poteaux, trottoirs et canalisations sont arrachés, les caves et rez-de-chaussée sont engloutis, la Maison Carrée semble posée au milieu d'un fleuve, les arènes et l'autoroute A9 sont inondées et la campagne alentour se transforme en marécage. 

En l'espace de huit heures, quelque 14 millions de mètres cubes de flots ont traversé la ville et le niveau de l'eau a atteint jusqu'à trois mètres dans le quartier Richelieu. Les précipitations sont de 420 mm au Mas de Ponge, sur les hauteurs de Nîmes, soit plus de la moitié de la pluviométrie moyenne annuelle.

"Cette ville a eu un malheur." François Mitterrand

À la mi-journée, alors que les orages se calment et que la décrue s'amorce, les Nîmois découvrent un paysage cauchemardesque : la cité gardoise est dévastée. Le président François Mitterrand se rend sur place dans l'après-midi et vient apporter son soutien aux habitants et à leur député-maire, Jean Bousquet. "Cette ville a eu un malheur", déclare le chef de l'État en pataugeant dans les rues boueuses du centre-ville chaussé de bottes. Il faudra des semaines pour rendre à la région son visage d'avant la catastrophe. 

Le bilan est lourd : 11 morts, dont deux secouristes décédés dans un accident d'hélicoptère, 45.000 sinistrés, 70 communes touchées, 6.000 véhicules engloutis, 3.000 logements et 450 entreprises endommagés, 30 kilomètres de canalisations détruits. Les dégâts sont estimés à quelque 610 millions d'euros, mais le traumatisme des Nîmois est inquantifiable : le souvenir de cette journée apocalyptique les hante toujours, trente ans après.

Véhicules emportés par des torrents de boue le 3 octobre 1988 à Nîmes - Getty
Véhicules emportés par des torrents de boue le 3 octobre 1988 à Nîmes © Getty - William STEVENS / Gamma-Rapho