Climat – Environnement

Volkswagen : les contrôles antipollution sont-ils bidons ?

Par Marina Cabiten, France Bleu mercredi 23 septembre 2015 à 10:46 Mis à jour le mercredi 23 septembre 2015 à 11:17

Test antipollution - illustration
Test antipollution - illustration © Max PPP

Le scandale Volkswagen sur le trucage des contrôles antipollution des voitures, révélé mardi, soulève la question de la fiabilité de ces tests. Des constructeurs français ont-ils pu eux aussi contourner la législation ? Sans aucun doute, affirment les associations de défense de l'environnement.

Les automobilistes peuvent-ils faire confiance aux tests antipollution ? L'énorme tricherie avouée mardi par Volkswagen, qui a utilisé un logiciel caché pour réussir les tests sur ces véhicules diesel, pose la question de l'attitude des autres constructeurs, dont les français. Pour les associations de défense de l'environnement, le précédent Volkswagen pourrait mettre un terme à une grande hypocrisie. 

Des laboratoires extérieurs, mais indépendants ? 

Pour qu'un véhicule soit homologué en France, son constructeur doit le faire évaluer par un laboratoire extérieur. Au nombre de 28 en Europe, ces centres qui vérifient si les voitures sont bien aux normes antipollution sont théoriquement indépendants. 

Mais plusieurs associations dénoncent des dysfonctionnements dans ce système : d'une part selon elles, ces laboratoires sont indirectement payés par les constructeurs, ce qui va à l'encontre de leur indépendance. Par ailleurs, les tests menés sont irréalistes d'après les ONG. "Quand vous et moi prenons notre véhicule, plusieurs fois par jour, il y a des arrêts, des redémarrages, des accélérations, des ralentissements" a expliqué sur France 2 Benoît Hartmann, porte-parole de France Nature Environnement. "Là, les voitures sont sur des tapis roulants à vitesse constante, avec des véhicules qui ne sont pas les mêmes que ceux qui roulent. Les constructeurs les allègent pour avoir de meilleures performances aux tests."

Entre tests inadaptés et tricherie organisée

Selon une étude publiée la semaine dernière par l'association Transports et environnement, une voiture sur dix à peine respecterait réellement les normes européennes antipollution. Les émissions réelles seraient en moyenne cinq fois supérieures aux plafonds fixés par l'U.E, sur les 23 modèles neufs de six constructeurs étudiés. 

Comme France Nature Environnement, Transport et Environnement explique cet écart par les conditions dans lesquelles sont menés les tests, qui ne refléteraient pas les émissions réelles de l'utilisation quotidienne d'une voiture. Mais elle affirme également que les constructeurs profitent de cette standardisation des examens pour tricher en paramétrant les véhicules : un gonflage des pneus particulier, la déconnexion de l'alternateur, ou encore l'utilisation de lubrifiants

Pour François Cuenot, chargé de mission pour l'ONG, on ne peut pas non plus exclure que d'autres constructeurs aient tout simplement eu recours au même type de logiciel espion que Volkswagen. 

Suspicion sur les contructeurs français

"On ne peut s'empêcher d'imaginer que si Volkswagen l'a fait, d'autres ont pu le faire" estimait mardi soir sur France Bleu un journaliste d'AutoPlus, François Tarin. Des constructeurs français ? Sur France Bleu Belfort Montbéliard, un syndicaliste de PSA a défendu son groupe : "Chez PSA, une commission de l'Assemblée nationale s'est même déplacée pour visiter nos usines, et a constaté que nous, nous sommes propres". 

Mardi, la ministre de l'Ecologie Ségolène Royal a annoncé le lancement d'une enquête suite aux révélations de Volkswagen, et demandé aux constructeurs français de "s'assurer que de tels agissements n'ont pas eu cours en France."