Yvelines : les habitants de Brueil-en-Vexin se mobilisent contre le projet de Calcia d'étendre sa carrière
Une centaine d'habitants étaient réunis ce samedi matin devant la mairie de Brueil-en-Vexin dans les Yvelines pour protester contre le projet de l'entreprise Calcia (cimentier) d'étendre sa carrière. Un projet jugé par les riverains comme dangereux pour l'environnement.

Une centaine de personnes étaient rassemblée ce samedi matin devant la mairie de Brueil-en-Vexin (Yvelines). Les habitants sont venus manifester leur colère contre le projet d'extension de carrière de l'entreprise Calcia. Le cimentier exploite en effet les carrières du site de Guitrancourt dans le parc du Vexin. Problème, il arrive bientôt à épuisement. Calcia souhaite donc étendre la zone à d'autres communes proches dont Brueil-en-Vexin (elle aussi située dans le parc du Vexin et proche de Guitrancourt). C'était sans compter sur le refus des habitants et du maire qui voient dans ce projet une catastrophe écologique et une menace pour plusieurs emplois. Ce samedi matin, ils ont donc empêché les commissaires enquêteurs de tenir leur permanence.

Le cimentier Calcia pourrait bientôt exploiter 74 hectares à Brueil-en-Vexin. Une catastrophe pour Jean-Christophe Mantoy, membre de l'association AVL3C qui se bat depuis de nombreuses années contre ce projet : "_La colère des habitants est très justifiée_. Calcia s'apprête à faire un dégât qui sera irrémédiable." En tout, trois enquêtes publiques ont eu lieu (la dernière est toujours en cours), mais malgré les réticences des riverains, les commissaires ont donné un avis favorable avec des réserves. Bruno Caffin, le maire de la commune : "Nous n'avons pas été du tout entendus. C'est le pire endroit pour faire une carrière."
En 1995, la zone 109 est créée
La commune est en plein PLUI (Plan local d'urbanisme intercommunal). Un plan qui regroupe 73 communes du département des Yvelines. C'est le premier PLUI qui est organisé depuis que ces communes sont regroupés sous la communauté de communes GPSO (Grand Paris Seine Oise). De nombreux sujets sont donc traités au cours des différentes enquêtes publiques et parmi eux, celui des carrières dans le Vexin. Car l'entreprise Calcia - qui existe depuis les années 20 - a son usine implantée à Gargenville (Yvelines). Mais depuis 1995 et la création du parc, elle exploite une carrière située à Guitrancourt, plus précisément dans la zone 109 du parc du Vexin. Ces réserves étant bientôt épuisées, l'entreprise souhaite donc exploiter les autres parties de cette zone 109 qui s'étendent sur les communes de Brueil-en-Vexin et de Guitrancourt donc mais aussi de Sailly et de Fontenay-Saint-Père.

Ce projet ne plaît pas du tout aux habitants des communes concernées qui craignent pour l'environnement local. Dominique Pelegrin, présidente d'AVL3C est très claire, ils iront jusqu'au bout : "Nous irons très loin, on ira devant la Cour européenne s'il le faut et on ira occuper des terrains s'il le faut. C'est ridicule mais on le fera parce que c'est _un déni du bon sens_. Nous avons énormément étudié le dossier et nous avons trouvé des failles partout et scandaleuses du point de vue de la santé notamment."
L'Etat n'a aucun motif pour refuser l'autorisation d'exploitation
Les ministres de l'Economie et de l'Ecologie ont tous les deux signés les arrêtés nécessaires à Calcia pour étendre sa carrière. Le préfet pourrait donner le feu vert final à la fin du mois. Le 27 juin, plusieurs élus dont le maire de Brueil-en-Vexin vont se rendre au ministère de la Transition écologique et solidaire pour déposer les délibérations des conseils municipaux et les pétitions.
Du côté du ministère de l'Ecologie, contacté par France Bleu Paris, on affirme que l'Etat n'a aucun motif pour refuser l'autorisation d'exploitation. Selon cette même source, Calcia a apporté plusieurs garanties nécessaires notamment concernant la restitution de 80% des terres exploitées, la protection des nappes phréatiques, la mise en place d'un convoyeur entre la carrière et la cimenterie mais aussi un investissement de 10 millions d'euros pour limiter les émissions de poussière. Des garanties nécessaires à l'Etat qui affirme qu'aucune des alternatives étudiées n'apporte un meilleur bilan écologique global.