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Dossier : France Bleu Montagne

Déconfinement le 11 mai : le retour à la montagne, mais dans quelles conditions ?

Dans une semaine, il sera de nouveaux possible de se promener sans attestation. Le milieu de la montagne table sur une reprise progressive des activités.

Massif des Cerces
Massif des Cerces © Radio France - Lionel Cariou

Dans Premier de Cordée, Georges à la Clarisse et Pierre Servettaz, privés d’altitude durant de longs mois - l’un sur blessure, l’autre en raison de vertiges - retrouvent goût à la vie en se frottant de nouveau aux éléments naturels. Ce retour à la montagne, raconté par Roger Frison-Roche, c’est un peu ce qu’attendent de nombreux confinés. Beaucoup ont coché la date du 11 mai dans leur agenda. "Est-ce qu’on pourra aller en montagne le 11 mai ?" : la question revient sur le fil Twitter du PGHM. 

Mais aller faire quoi, où, et avec qui ? "Il faudra s’adapter au contexte" avance prudemment le lieutenant-colonel Jean-Baptiste Estachy, référent montagne de la gendarmerie nationale. 

Dix mètres entre chaque pratiquant

Chamechaude, un jour d'affluence
Chamechaude, un jour d'affluence © Radio France - Lionel Cariou

Roxanna Maracineanu, la ministre des Sports, a donné quelques éléments généraux ce jeudi : les sports individuels de plein air pourront reprendre sans limitation de durée, mais en respectant une certaine distance, dix mètres entre les joggeurs ou les cyclistes par exemple.

On peut donc raisonnablement penser que le trail, le VTT et la randonnée seront possibles. Il faudra aussi tenir compte sans doute, selon les activités, de la couleur du département sur la « carte de déconfinement »… Et pas question, au moins dans un premier temps, de s’évader dans un massif situé à plus de 100 km de son domicile. 

Escalade en Oisans
Escalade en Oisans © Radio France - Lionel Cariou

Qu’en sera-t-il par exemple de l’escalade ? "En grande voie, au relais, il est difficile de tenir les distances" fait remarquer Jean-Baptiste Estachy. Et pour l’escalade en falaise ? Certes, la distanciation physique y est plus simple mais les grimpeurs utilisent le même matériel... Cette question, comme d’autres, n’a pas encore de réponse et ce sera aussi sans doute aux préfets de préciser les choses.

30% de revenus en moins pour les guides

En attendant, beaucoup plaident pour un retour en douceur à la montagne. "Tout le monde a besoin de respirer, admet Christian Jacquier, président du syndicat national des guides de haute-montagne, mais en même temps si on veut sortit définitivement de ce confinement, il va falloir sortir de manière progressive". La profession a d’abord dû écourter la saison d’hiver, puis faire une croix sur le ski de randonnée. "Économiquement c’est très dur, insiste le président du SNGM : le ski de printemps représente plus du tiers du revenu annuel des guides. Donc on a perdu au moins 30% des revenus de 2020". Sans compter qu’il faudra sans doute se passer encore cet été de la clientèle internationale. Mais Christian Jacquier table sur un assouplissement rapide de la règle des 100 km et l’envie "d’authenticité et d’air pur" des Français pour compenser, en partie, la baisse de la demande venant de l’étranger.

Ski de randonnée dans les Aiguilles Rouges - archive
Ski de randonnée dans les Aiguilles Rouges - archive © Radio France - Lionel Cariou

Vers une reprise progressive

Le SNGM a travaillé sur un plan de reprise de l’activité professionnelle en plusieurs temps. D’abord les entraînements et les sorties de repérages dès le 11 mai, mais sans clients. Puis début juin, si le contexte sanitaire et épidémiologique le permet, la reprise des courses encadrées mais avec un maximum de 4 clients par professionnel. "Tout ça c’est encore à discuter, précise Christian Jacquier. Il y aura peut-être une certaine progressivité mais je pense qu’assez rapidement on va pouvoir proposer de la haute-montagne". Tout en insistant sur la sécurité : "il faudra avoir une pratique très responsable pour éviter tout accident". Nicolas Raynaud, président de la FFCAM (Fédération française des clubs alpins et de montagne) insiste : "il faut tous qu’on soit tous responsables et qu’on aille faire des choses qui soient progressives, qui ne nous mettent pas en danger, et qui ne mettent pas en danger les autres. C’est parce qu’on aura bien repris au mois de mai qu’on pourra aller encore plus haut cet été".

Sur le fil, à 4.000...
Sur le fil, à 4.000... © Radio France - Lionel Cariou

En clair, il s'agit d'éviter une ruée vers les sommets. Car derrière il y a cette question : la reprise de l’activité des centres de secours sera-t-elle soudaine et brutale dès le 11 mai? Si certains le craignent, rien ne permet de dire que ce sera le cas. Mais les pelotons de gendarmerie de haute-montagne s’y préparent, explique Jean-Baptiste Estachy. Les exercices techniques de treuillage ont pu reprendre ce week-end. "L’idée c’est de ne pas se retrouver sur une intervention compliquée après deux mois d’inactivité" justifie le référent montagne de la Gendarmerie. Les PGHM vont donc progressivement retrouver leur mission de secours après avoir été affectés aux contrôles du confinement - plus de 3.000 contrôles pour un peu moins de 250 verbalisations depuis le 17 mars. 

Un hélicoptère de la section aérienne de la gendarmerie dédié au secours en montagne ; ici dans le massif du Mont-Blanc
Un hélicoptère de la section aérienne de la gendarmerie dédié au secours en montagne ; ici dans le massif du Mont-Blanc © Radio France - Lionel Cariou

Les réunions vont continuer à se succéder dans les jours qui viennent dans les ministères, les préfectures, les fédérations… alors que beaucoup d’inconnues demeurent. Quid des remontées mécaniques par exemple ? Rouvriront-elle en mai ? À Chamonix, la Compagnie du Mont-Blanc a l'intention de remettre en route le train du Montenvers et le téléphérique de l'Aiguille du Midi dès le 16 mai. Et les refuges ? Pour eux c’est sûr, ne sera pas le 11 mai comme en Suisse. "On ne pourra pas rouvrir les refuges tant que les restaurants seront fermés" fait remarquer Nicolas Raynaud, dont la fédération gère le plus grand parc (120 bâtiments dans les différents massifs). Et si dans un premier temps les activités devront se faire à la journée, tôt au tard les refuges rouvriront… Mais le président de la FFCAM se garde bien d’avancer une date. 

Pas de date encore pour les refuges

"On a mis en place plusieurs scénarios indique Nicolas Raynaud : on verra au cas par cas en fonction de chaque bâtiment". Et il détaille les pistes à l’étude : capacité d'hébergement revue à la baisse, plusieurs services de repas le soir, des heures de départs davantage étalées le matin, port du masque pour tout le monde à l’intérieur, aménagement d’une pièce pour accueillir et isoler d’éventuels randonneurs qui présenteraient des symptômes... Quant aux dortoirs, Nicolas Raynaud balaie d’un revers de main une formule du type « une couchette sur deux » : "ça ne règle en rien la question sanitaire", tranche-t-il. En revanche, on pourrait "cloisonner les couchettes et créer des petits boxes pour séparer les gens".

Le symbole du mont Blanc

Le mont Blanc versant italien photographié en octobre 2018
Le mont Blanc versant italien photographié en octobre 2018 © Radio France - Lionel Cariou

Enfin, la question - complexe et symbolique - du mont Blanc fait l’objet de réunions spécifiques entre les acteurs, FFCAM, guides, communes de Saint-Gervais et Chamonix, gardiens de refuge, préfecture... Pourra-t-on gravir le toit de l’Europe occidentale d’ici la fin de l’été ? "Ce n’est pas du tout exclu" pour le guide Christian Jacquier. "On prendra la décision ensemble (avec les autres acteurs de la montagne et les autorités, ndlr) avance Nicolas Raynaud. Si tout se passe correctement, je ne vois pas pourquoi on ne pourrait pas faire le mont Blanc" Une ascension qui, quand elle sera possible, marquera aussi de façon symbolique la fin des restrictions en montagne.  

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