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25 ans après, "La Haine" toujours d'actualité dans les Hauts de Rouen

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Par , France Bleu Normandie (Seine-Maritime - Eure)

25 ans après, le premier film sur les rapports entre jeunes de banlieue et policiers est ressorti au cinéma ce mercredi 5 août, mais reste d'actualité dans les Hauts de Rouen, l'un des quartiers qui l'a inspiré.

"La Haine" débute par une archive d'émeutes à Rouen en 1994, après la mort d'un jeune tué par un gendarme (photo de la manifestation de l'époque)
"La Haine" débute par une archive d'émeutes à Rouen en 1994, après la mort d'un jeune tué par un gendarme (photo de la manifestation de l'époque) © AFP - Mehdi Fedouach

"Tout le monde connaît 'La Haine', c'est LE gros classique, même aux États-Unis, ils connaissent !" Pour ses 25 ans, "La Haine", premier film de Mathieu Kassovitz, est ressorti au cinéma ce mercredi 5 août. En 1995, c'est le premier long-métrage à dépeindre les rapports difficiles entre jeunes de banlieue et policiers, en suivant les destins de Vinz, Saïd et Hubert, respectivement interprétés par Vincent Cassel, Saïd Taghmaoui et Hubert Koundé.

Le tournage a lieu de septembre à novembre 1994, principalement à Chanteloup-les-Vignes, près de Paris. La première image du film pourtant, c'est une archive d'émeutes à Rouen, après la mort d'un jeune tué par un gendarme dans la nuit du 26 au 27 janvier 1994. Une image gravée dans les mémoires des jeunes des Hauts de Rouen, dans le quartier des sapins, là où ont eu lieu ces émeutes.

"Une réalité qui n'a pas beaucoup changé"

"Y'a rien ici, la MJC (Maison des jeunes et de la culture), ils l'ont fermée !" Attablés à la terrasse d'un café perdu au milieux de barres d'immeubles et de rues désertes, un petit groupe de jeunes hommes discutent. Amin, presque trentenaire, chauffeur de bus et cinéphile, confie avoir vu le film plusieurs fois : "Déjà, la première image se passe ici, c'est un film qui me parle parce que c'est le premier qui montre la réalité du quartier ! Une réalité qui n'a pas beaucoup changé aujourd'hui. Mais au-delà de ça, il y a tout l'aspect artistique, le film tourné en noir et blanc, la break dance, le hip hop !"

Amin a été marqué par "la Haine" : "Il y a tout l'aspect artistique mais la réalité n'a pas beaucoup changé !"

De nombreuses répliques cultes fusent quand on évoque "La Haine". Place Alfred de Musset, où survivent quelques commerces et qui fait un peu office de place du village, un jeune récite de mémoire la première réplique du film, celle prononcée à Rouen : "Vous êtes des assassins, c'est facile, vous nous tirez dessus alors que nous on n'a que des cailloux !" Le jeune rigole quand on lui demande si les choses ont changé. 

Derrière lui, Rachid, qui a vu le film à sa sortie quand il avait 12 ans, ne cache pas sa colère. Certes, les médias parlent de plus en plus des violences policières mais c'est très récent, selon lui : "Les flics nous insultent, ça a chauffé ici pendant le confinement, mais il ne faut pas s'étonner. Depuis 'La Haine', rien n'a changé, ça a même empiré ! Venez voir avec votre micro, le soir, comment ils nous parlent !"

Le film est sorti quand ils n'étaient pas nés

Le film est si culte que même ces trois jeunes de 14, 15 et 11 ans voient de quoi il s'agit. Par réflexe, ils regardent la bande-annonce sur l'un des portables. "C'est l'histoire d'un mec qui tombe ?" On leur pitche le scénario et on leur demande si, à leur âge, ils ont déjà été contrôlés. Le plus jeune répond : "Oui, depuis mes 10 ans, 4 ou 5 fois !" Et quand on lui demande comment ça se passe : "Il y a des flics sympas... et d'autres moins sympas !" 

Puis, on leur demande la solution pour que ça change. Celui de 15 ans répond, sans le moindre doute : "Rien ne va changer, ça restera comme ça !"

À lire en + : "La Haine" en 25 infos, 25 ans ans après, une foule d'anecdotes sur le film

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