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Culture – Loisirs

50 ans de La Grande-Motte : Jean Teissonnier, bâtisseur de pyramides

mercredi 27 juin 2018 à 15:28 Par Guillaume Roulland, France Bleu Gard Lozère et France Bleu Hérault

Un "inconditionnel" de La Grande-Motte, c'est ainsi qu'il se définit. Jean Teissonnier, 81 ans, a consacré 20 années de sa vie à construire de nombreux bâtiments qui font aujourd'hui la fierté de la ville, mais aussi la sienne. Et pourtant, à l'origine, le projet paraissait quand même un peu fou.

Jean Teissonnier a construit 4 pyramides et des milliers de logements à la Grand Motte
Jean Teissonnier a construit 4 pyramides et des milliers de logements à la Grand Motte © Radio France - Guillaume Roulland

La Grande-Motte, France

Il feuillette et feuillette encore ce bel album qui résume une des passions de sa vie. Il tourne les pages avec délicatesse. Il les a déjà tournées mille fois, mais ne s'en lasse décidément pas. À l'intérieur, des centaines de photos d'immeubles et bâtiments publics, au Grau-du-Roi, Nîmes ou au Cap d'Agde. Il les a tous construits, avec "ses gars". Avec son entreprise de bâtiment basée à Saint-Gilles et qui rayonnait sur tout le territoire languedocien.

Le tout premier chapitre de ce livre d'images est entièrement consacré à ce qui fait sans doute sa plus grande fierté professionnelle : les quatre pyramides qu'il a érigées à La Grande-Motte ainsi que de nombreux autres logements, 4.000 au total. C'est un de ses plus proches collaborateurs qui lui a fabriqué et offert ce livre, il y a 10 ans, quand Jean Teissonnier, alors âgé de 71 ans, a fini par raccrocher, sans doute à contre-cœur.

"Au début, il n'y avait que du sable."

Dans le courant de l'année 1967, l'entreprise Teissonnier, ses 50 ouvriers, ses 30 camions et ses huit centrales à béton, débarquent donc dans des marécages inhospitaliers à la demande de Jean Balladur, le grand architecte en chef de la future station balnéraire. 

"Ça filait un peu la trouille, tous ces bétons qu'il fallait moulurer. Valait mieux bien calculer notre coup", explique Jean Teissonier. Et puis ce sable, qui par la force du mistral, s'engouffrait partout. Jusque dans les serrures des premiers logements à peine livrés à leurs heureux propriétaires. Un enfer ! "On y voyait comme en plein brouillard", se souvient-il.

Le béton de Monsieur Balladur

Le "Languedoc" est la toute première pyramide construite par l'entreprise saint-gilloise. Il y en aura trois autres par la suite, dont le "Poséidon" (voir photo ci-dessous), une drôle de pyramide de forme arrondie, qui n'était pas sans poser quelques soucis pour son constructeur : "Monsieur Balladur nous expliquait que le béton étant un produit qui coule, il tenait absolument à ce que certains bâtiments prenne une forme un peu liquide."

À partir du début des années 70, les chantiers s'accélèrent et cela ne va plus s'arrêter pendant 20 ans. "Pendant un moment, j'avais en permanence entre 30 et 40 ouvriers sur place. J'en avais 25 autres qui préparaient de gros éléments dans l'atelier de pré-fabrication à Saint-Gilles. On travaillait pendant six ou sept mois et on s'arrêtait juste avant que les touristes arrivent." 

"C'est quelque chose qui vous prenait aux tripes !"

Jean Teissonnier, qui se souvient avoir compté dans son équipe d'ouvriers l'oncle d'un certain Zinedine Zidane, a beau avoir mené des centaines de chantiers à travers tout le Languedoc-Roussillon, c'est bien ceux de La Grande-Motte qui conservent une place particulière dans son cœur et sa mémoire : "C'est quelque chose qui vous prenait aux tripes ! Parce que c'était nouveau dans notre métier de maçon, d'artisan, de bâtisseur. On avait envie d'en être."

Aujourd'hui encore, l'ancien chef d'entreprise affirme rester un "inconditionnel" de la station héraultaise. Il y retourne en moyenne deux à trois fois par an. Et forcément, il adore faire découvrir à ceux qui l'accompagnent ses principales réalisations.

"Je reconnais volontiers que tout le monde n'aime pas La Grande-Motte, mais pour moi, ça reste une œuvre architecturale formidable. Ces bâtiments, c'est presque de la sculpture. Et Jean Balladur avait l'amour de la sculpture. Il m'a transmis son virus."

Au moment de refermer son beau livre d'images, Jean Teissonnier accepte, un peu à contre-cœur au début, mais finalement avec patience et modestie, de poser pour une rapide petite séance photo. "Vous pensez vraiment que c'est important ?" questionne t-il. N'est-ce pas finalement le propre des grands bâtisseurs, cette volonté de toujours vouloir s'effacer derrière leurs œuvres ?

Rencontre avec Jean Teissonnier, un des bâtisseurs de la Grande Motte

Jean Teissonnier, debout au centre, au milieu d'une partie de son équipe au début des années 70 - Radio France
Jean Teissonnier, debout au centre, au milieu d'une partie de son équipe au début des années 70 © Radio France - Guillaume Roulland
Vue aérienne d'un des chantiers de l'entreprise Teissonnier - Radio France
Vue aérienne d'un des chantiers de l'entreprise Teissonnier © Radio France - Guillaume Roulland
Le Poséidon, une des quatre pyramides grand-mottoises construites par l'entreprise st-gilloise. - Radio France
Le Poséidon, une des quatre pyramides grand-mottoises construites par l'entreprise st-gilloise. © Radio France - Guillaume Roulland
Jean Teissonnier feuillette l'album qui recense une grande partie de ses réalisations. - Radio France
Jean Teissonnier feuillette l'album qui recense une grande partie de ses réalisations. © Radio France - Guillaume Roulland