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Culture – Loisirs

75e anniversaire du Débarquement : Henri-Jean Renaud raconte les cimetières provisoires de Sainte-Mère

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Par , France Bleu Cotentin

Mardi soir à Sainte-Mère-Eglise, France Bleu Cotentin, La Presse de la Manche et Ouest France vous convient à une soirée consacrée aux cimetières militaires provisoires. Henri-Jean Renaud avait dix ans à l'époque, il raconte.

Henri-Jean Renaud en 2012. Il avait dix ans en 1944.
Henri-Jean Renaud en 2012. Il avait dix ans en 1944. © Maxppp - Michèle YOCCOZ

Sainte-Mère-Église, France

Les cimetières militaires provisoires ont accueilli les corps de soldats après le Débarquement. Près de 13 000 soldats américains furent inhumés, en attendant d'être rapatriés ou déplacés vers le cimetière de Colleville-sur-Mer (Calvados). 

Henri-Jean Renaud, vous étiez très jeune à l'époque. Comment un petit garçon de dix ans met-il les pieds dans un cimetière provisoire ?

Vous savez, ce n’était pas un lieu de balade ouvert au public tant qu’on enterrait des morts. Tant que des victimes arrivaient dans des ambulances ou des camions, les civils n’avaient pas accès au cimetière. Ce n’est qu’une fois que le cimetière a été terminé que les civils ont eu la possibilité de se recueillir sur les tombes. 

Mais moi, j’ai eu ce privilège d’accompagner ma mère qui parlait bien anglais et qui était la femme du maire de Sainte Mère Eglise. Elle recevait des lettres de familles américaines, demandant à ce que quelqu’un aille sur la tombe de leur enfant. Comme elle avait cette lettre, elle allait voir l’intendant qui lui laissait en quelque sorte un libre accès à la tombe qu’elle allait fleurir. 

Donc il m’est souvent arrivé d’accompagner ma mère sur les tombes toutes fraîches. Ce n’était pas des belles pelouses, pas des beaux cimetières comme on les imagine maintenant. Mais c’était extrêmement émouvant parce que sur les croix de bois était cloué le numéro matricule, la plaque d’identification du soldat.

Gardez-vous d’autres images marquantes de cette époque ?

Souvent les gens me disent, mais comment se fait-il que vous vous en souveniez ? Mais moi je ne me souviens pas parce que je n’ai jamais oublié. C’est complètement différent : ce ne sont pas des souvenirs qui me reviennent 75 ans après. C’est quelque chose que j’ai constamment évoqué avec mes parents, mes frères, avec les vétérans quand ils revenaient... donc c’est vraiment quelque chose d’extrêmement présent

On sait que le général Roosevelt, le fils du président américain Théodore Roosevelt a été enterré à Sainte Mère. Pouvez-vous nous raconter cet épisode ? 

Il se trouve qu’un journaliste de Life Magazine est venu au mois de juillet 1944 en mairie à Sainte-Mère-Eglise. Il a rencontré mon père, et il a demandé à être accompagné par une femme pour faire un reportage sur Roosevelt, qui était un nom prestigieux. 

Il y a eu une photo qui a été publiée le 7 août 1944 dans Life Magazine, le Paris Match de l’époque. Cette photo est très belle, très émouvante. Il était dit « la femme du maire de Sainte-Mère-Eglise prend soin de la tombe du général Roosevelt » et à partir de là, dans les mois après, beaucoup de lettres sont arrivées en mairie, adressées à Monsieur le maire de Sainte-Mère-Eglise, et disant, votre femme prend soin de la tombe du général Roosevelt, nous aussi nous avons un enfant ou un mari enterré ici.