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À Guédelon, on pourrait former des charpentiers pour la reconstruction de la « forêt » de Notre-Dame de Paris

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Par , France Bleu Auxerre

Le week-end dernier, des charpentiers de Guédelon (Yonne), associés à Charpentiers sans frontières, ont reconstitué une des 25 fermes de la « forêt » de Notre-Dame de Paris. L'occasion d'évoquer avec Maryline Martin, la co-fondatrice du site médiéval, leur implication dans ce chantier titanesque.

Le chantier médiéval de Guédelon a vingt ans !
Le chantier médiéval de Guédelon a vingt ans ! © Radio France - Kevin Dufrêche

Plus d'un an après l'incendie qui a ravagé la cathédrale Notre-Dame de Paris, la date de début de reconstruction de la charpente médiévale ou de la flèche du XIXe siècle ne se pose pas encore. Mais des études sont en cours. Faut-il les reconstruire à l'identique ? Oui, a assuré l'Elysée jeudi concernant la flèche. Pour ce qui est de la charpente du XIIIe siècle, cela devrait être le cas aussi. Le week-end dernier, des charpentiers du chantier de Guédelon dans l'Yonne ont reconstitué avec l'association Charpentiers sans frontières une des 25 fermes de la « forêt » de Notre-Dame. Une réalisation opérée en moins d'une semaine, grâce aux méthodes médiévales. 

Maryline Martin, co-fondatrice du site situé à Treigny, l'assure : Guédelon participera à cette entreprise titanesque mais peut-être pas en envoyant ses charpentiers à la capitale, mais plutôt par la formation d'artisans qui sauront se rendre disponible une fois les dates de début de chantier connues. 

Lucas Archassal : « Dans quelle mesure avez-vous été sollicités pour participer au chantier de la charpente médiévale de la cathédrale de Notre-Dame de Paris ? »

Maryline Martin : « Le jour de l'incendie au mois d'avril 2019, nous avons été appelés par les médias pour savoir ce que l'on en pensait. Que ce soient les gens de notre comité scientifique comme Frédéric Epaud, spécialiste des charpentes médiévales ou Florian Renucci, maître d'oeuvre à Guédelon, nous avons expliqué que l'on souhaitait de tout cœur que les charpentes de Notre Dame soient reconstruites à l'identique d'autant plus qu'on les connaît bien, on les a visitées. À Guédelon, c'est un métier qui nous passionne depuis une vingtaine d'années. Et c'est vrai qu'on est peut-être les seuls à construire des charpentes comme on a construit celle de Notre-Dame. Et nous formons, depuis vingt ans, des charpentiers qui ont appris à équarrir. »

L.A. : « À quoi ressemble une charpente du Moyen-Age ? »

M.M. : « Elle est faite dans des bois de petites sections, des bois longs. On équarrit, c'est-à-dire qu'on abat le bois et on fait les quatre faces à la main. Ensuite, on les taille, on les assemble dans la foulée quand le bois est encore vert. C'est un travail que l'on fait depuis plus de vingt ans à Guédelon. Ce n'est pas un travail extraordinaire mais on ne sait plus le faire. Pour nous qui savons toujours, ce n'est pas un travail onéreux car ces bois, on les a dans toutes les forêts de France. C'est un travail qui va assez vite aussi. Pour le moment, nous en sommes à l'état d'étude, le groupe "charpente" de Notre-Dame travaille. On est loin de pouvoir commencer à reconstruire les charpentes mais ça peut se faire assez vite et assez facilement. »

On est tous convaincus qu'il faut la reconstruire comme au Moyen-Age. - Marilyne Martin, co-fondatrice du site médiéval Guédelon.

L.A. : « Pourquoi faudrait-il reconstruire la charpente de Notre-Dame à l'identique ? »

M.M. : « Quand elle a brûlé, c'était comme une poignée d'allumettes qui brûlaient. Pour autant, la charpente a bien fait son boulot et a protégé le reste de la cathédrale. Ce qui a fait des dégâts dans les voûtes, c'est la chute de la flèche. Cette charpente, elle a vocation à maintenir, à mailler l'ensemble du bâtiment pour permettre à la cathédrale de résister aux mouvements climatiques. On est tous convaincus qu'il faut la reconstruire comme au Moyen-Age. » 

L.A. : « Pour quelles raisons cette reconstitution de la première ferme de la charpente de Notre-Dame a eu lieu la semaine dernière en Normandie ? »

M.M. : « C'était une façon de dire que ce n'est pas si compliqué de réaliser ce genre de charpentes à la médiévale en si peu de temps. En quelques jours, cette première ferme était assemblée et montée. Quand nous avons des ouvriers qui maîtrisent l’équarrissage, ça va assez vite. Ils ont pu apporter la preuve que c'était facile. »

L.A. : « Comment voulez-vous participer à la reconstruction de la charpente de Notre-Dame ? »

M.M. : « À Guédelon, nous ne sommes pas si nombreux que ça. Et on n'a pas trop le temps ni la disposition ou peut-être même que mes charpentiers n'ont pas forcément envie de travailler à Paris alors qu'on a la chance de travailler sur un site assez génial. Par contre, nous avons proposé de former des jeunes charpentiers, compagnons du tour de France ou compagnons du devoir. C'était le projet avant la crise sanitaire du Covid-19. On ne veut pas aller reconstruire mais transmettre ce que nous avons appris au bout de vingt ans de chantier, ces gestes, à de jeunes charpentiers. »

L..A. : « Vous êtes nombreux en France à pouvoir transmettre ce savoir-faire artisanal ? »

M.M. : « Je ne crois pas. Il y a deux structures qui le peuvent. L'association "Charpentiers sans frontières" formée de charpentiers qui ont la passion du bois. Et il y a nous avec pignon sur rue. Mais nous sommes déjà centre de formation. C'est très satisfaisant pour les équipes d'artisans de savoir qu'on vient leur demander de former des jeunes pour préparer l'avenir. Ça donne son sens à Guédelon. Car il y a vingt ans, tout le monde se demandait "pourquoi ils construisent ça ?". On commence à comprendre pourquoi. C'est une approche différente pour le patrimoine alors qu'il y a plein de lieux que l'on pourrait restaurer de cette façon-là. »

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